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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

“Tout changement important de politique économique est toujours précédé d'une victoire dans le champ intellectuel” : cette remarque, faite à propos de l'histoire de la mondialisation, résume bien l'ambition et la portée du livre très particulier que Pierre-Noël Giraud consacre à la mondialisation. À un moment où la crise économique pose des questions économiques plus pressantes que jamais, cet ouvrage court se présente à la fois comme un bilan et comme un ensemble de propositions politiques. Pédagogique, vulgarisateur dans le meilleur sens du terme, ce petit livre relève clairement de l'économie politique dans ce qu'elle a de plus intéressant : une pensée scientifique de qualité mise au service de la décision politique.
À quel type d'ouvrage a-t-on affaire ? Ce n'est ni vraiment le résultat d'une recherche économique particulière, ni vraiment un manuel présentant les différentes approches de la mondialisation. S'il fallait absolument le classer, sans doute faudrait-il le mettre dans la catégorie des “anti-manuels” : Pierre-Noël Giraud présente de façon très claire différentes théories, recherches et débats portant sur la mondialisation. L'élève de terminale ES ou l'étudiant en économie en apprendra plus dans ces quelques 160 pages que dans bien des manuels beaucoup plus épais. Mais pour autant, l'objectif n'est pas ici l'exhaustivité : s'il s'agit bien d'un résumé de différentes approches, en particuliers des travaux précédents de l'auteur , c'est un résumé raisonné, au service d'un propos précis, d'une véritable thèse. L'élève ou l'étudiant y trouvera donc également un exemple frappant de ce que peut être une bonne réflexion économique.
Cette thèse est assez simple à formuler, bien que légèrement contre-intuitive : alors que libéraux et altermondialistes voient généralement la mondialisation comme un mouvement d'unification du monde (entre les économies, les peuples, les individus, les cultures, etc.) pour le meilleur ou pour le pire, Pierre-Noël Giraud soutient qu'elle produit des fragmentations (entre les économies, les peuples, les individus, etc.). Pour autant, il n'y a pas de raison de réclamer une sortie de la mondialisation ou simplement une transformation radicale du sens de celle-ci – ce qui constitue les deux attitudes de l'altermondialisme. Il est simplement nécessaire que le politique prenne acte de ces transformations et les intègre dans ses décisions. Pour cela, il faut d'abord une transformation dans le champ intellectuel : c'est ce à quoi s'emploie l'ouvrage en dressant le bilan de la mondialisation.
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