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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Christine Delphy : principale ennemie d’une pensée majoritaire
[vendredi 06 mars 2009 - 05:00]
Féminisme, Politique sociale
Couverture ouvrage
L'ennemi principal , L'économie politique du patriarcat, tome 1
Christine Delphy
Éditeur : Syllepse
276 pages / 19 € sur
Résumé : Vrai bonheur pour ceux qui souhaitent comprendre les motivations concrètes du féminisme, la publication des articles de Delphy risque d’en agacer plus d’un.  
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Ainsi, l’analyse de Delphy, quant à la prise en compte du travail domestique des femmes, renverse-t-elle celle des marxistes qui ne voyaient l’exploitation des femmes que comme une conséquence de l’exploitation capitaliste. Or l’auteure démontre comment l’exploitation de la femme passe par la non-rémunération d’un travail domestique fourni en famille alors qu’il pourrait être vendu, s’il était accompli à l’extérieur. Contre ses amis marxistes, Delphy prouve ainsi que l’exploitation des femmes ne prendra pas fin avec l’abolition des rapports de production capitalistes, mais avec l’abolition pure et simple du patriarcat, de l’expropriation du travail des femmes au profit des hommes.

Delphy démontre de façon très précise la non-naturalité des choses telles qu’elles s’agencent socialement, l’arbitraire de la distinction public/privé et la possibilité de constamment modifier l’ordre établi. Un état de domination n’est pas inévitable. Si on croit qu’il l’est, c’est qu’il profite encore à trop de monde. Dans ce cadre, l’oppression et les inégalités, une fois décortiquées, ne sont plus que le miroir d’un système de relations qui définit, à une époque donnée, le rapport des sexes au sein de la cellule familiale et au bénéfice d’un seul : le sempiternel padre padrone.

Depuis quelque temps cependant, on nous dit que ce dernier se porterait mal  . Aussi, la monumentalité de la crise économique qui s’abat aujourd’hui sur le monde n’est-elle pas le signe de son ultime vacillement ? Dans ce cas, le livre de Delphy nous offrirait de précieux instruments pour changer le réel. Reste à voir si, même devant les échecs flagrants du système patriarcal et face à son épuisement, les esprits sont prêts à suivre les pas moins d’une authentique “bonne femme” que d’une véritable pensée minoritaire.

Le premier volume de L’ennemi principal se clôture d’ailleurs de manière ouverte : un appel à une révolution de la connaissance qui adviendrait grâce au féminisme matérialiste. Au bout de son analyse de l’”économie politique du patriarcat”, Christine Delphy laisse présager qu’une révolution de la pensée est encore possible, une sortie de la pensée dominante, une fin effective du patriarcat, est envisageable à condition de ne laisser personne indemne : “Cette démarche ne saurait – ne pourrait, même si elle le voulait – se limiter à la seule population, à la seule oppression des femmes. Elle ne laissera intouchée aucune part de la réalité, aucun domaine de la connaissance, aucun aspect du monde”  . Extrémiste de la pensée, Christine Delphy a choisi de mettre sa plume au service de la révolution. Personne ne parviendra à la convaincre de mettre un peu d’eau dans son encre : elle brille du rouge du sang des opprimés.

 

À lire égalment sur nonfiction :

- Notre dossier : "2009, les femmes à la maison?"
 

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4 commentaires

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John Mullen

01/04/09 07:00
J'ai tenté de répondre aux analyses de Christine Delphy d'un point de vue marxiste dans cet article "Vivons-nous dans une société patriarcale"

http://pagesperso-orange.fr/john.mullen/s8patriarcat.html

JM
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pierreeu

25/03/09 12:26
N'oublions pas que, comme disait Lacan, "LA femme n'existe pas"
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La Rédaction

08/03/09 19:48
Vous avez tout à fait raison concernant le pluriel qui devrait être utilisé pour parler de cette journée. Nous n'avons fait que reprendre la terminologie officielle (Unesco, etc.), à tord peut-être.
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grouchenka

07/03/09 10:11
Mon commentaire ne concerne pas - que son auteur veuille bien m'en excuser - cet ouvrage mais la page d'accueil, où on lit la Journée de LA femme! Non, le 8 mars est la journée DES femmes. De ce singulier à ce pluriel, il y avait le refus - essentiel - d'inféoder toutes les femmes à un modèle unique, répondant - même si c'est désormais tu - à la définition que donnait de la femme un médecin du début du XXème siècle: " un appareil génital phonogène et locomobile"...
Cette Journée de la femme, comme on le lit à peu près partout, un troublant retour du refoulé????? Pas dans nonfiction, please!!!

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