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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Avec ce livre qu’il consacre à la fin des journaux, Bernard Poulet ne parle pas seulement en connaisseur. À l’aube d’une révolution qui en est seulement à ses balbutiements, il s’alarme de voir décliner, irrésistiblement, des journaux quotidiens et payants qui furent le creuset, au XIXe siècle, de l’information offerte à tous et du journalisme comme métier ou comme vocation. Il ne désespère pourtant ni du journalisme ni de l’information, ouvrant des perspectives à ceux qui considèrent avec lui que le sort de la démocratie est lié à celui de l’information, qu’il soit aujourd’hui nostalgique d’un passé révolu ou bien, à l’inverse, fasciné par les prouesses et les promesses d’Internet et du numérique. Sa recherche obstinée d’un avenir pour l’information et pour le journalisme ne l’empêche pourtant pas d’être attentif à tous les obstacles auxquels se heurtent aujourd’hui ceux qui l’imaginent ou le construisent : ce mélange d’individualisme et de communautarisme, sur fond de "présentéisme" et, pour tout dire, d’indifférence grandissante vis-à-vis des affaires de la cité et du monde.
Pour des publications quotidiennes d’information, ce qu’on appelle les journaux, le diagnostic est sombre et sans appel : la crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Dans tous les pays développés, leur déclin semble irréversible : la publicité déserte les journaux pour aller vers Internet, à l’instant même où ne cesse de grandir la désaffection des jeunes - les digital natives – pour l’information imprimée. Steve Ballmer, le patron de Microsoft, l’annonce : "Tout sera consommé sur Internet". Steve Jobs, l’emblématique dirigeant d’Apple va plus loin : "Bientôt, plus personne ne lira." La mort des quotidiens est annoncée. On hésite seulement sur la date de leur disparition : 2040, si l’on en croit Philip Meyer, dans un livre qui fit grand bruit, l’an passé, aux États-Unis, The Vanishing Newspaper. Dans 20 ans, s’interroge Bernard Poulet ? Ou bien 25 ans ? Pas davantage, peut-être.
Les mauvaises nouvelles, en effet, s’amoncellent pour les quotidiens. Partout dans le monde, les licenciements, économiques ou pas, se multiplient, atteignant surtout les journalistes. Time-Warner et Gannet ont perdu chacun 10 % de leurs effectifs. Hearst a diminué la fréquence de ses publications et Newsweek a réduit son tirage, en même temps qu’il supprimait des postes au sein des rédactions. En Europe, la situation des quotidiens n’est guère plus enviable : les quotidiens à eux seuls ont supprimé près de 2.300 emplois entre juillet et décembre 2008. Les résultats de la presse italienne, exprimés en diffusion, sont presque aussi catastrophiques que ceux de son homologue espagnole, victime d’une contraction brutale de l’activité économique. Le trois quotidiens nationaux français, le Monde, le Figaro et Libération, ont réduit leurs effectifs, respectivement, de 130, de 100 et de 70 postes, en 2007 et 2008. Plus que d’autres, les médias subissent partout le retournement de la conjoncture.
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QL