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Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale. 
André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.

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On commencera par emprunter à Arne Naess (1912-2009) une anecdote, un de ces petits faits, presque un conte, qui n’a l’air de rien et qui dit beaucoup .
Jouir de voir s’agiter des pattes de mouche
Dans une véranda, des enfants s’amusent à asperger des moucherons avec un spray insecticide. Ils traquent les insectes et les observent, avec un plaisir manifeste à les voir ainsi s’agiter et mourir. Pourtant, quand on leur dit : "Ces animaux, tout comme vous, préfèrent sans doute vivre que mourir", ils s’identifient alors momentanément au point de vue de l’insecte et regrettent leur acte. Comment comprendre ce changement ? Pourquoi les enfants jouissaient-ils de détruire, et presque de torturer ces insectes ? Arne Naess, sans hésiter, y voit le signe de l’aliénation spirituelle de ces enfants. Les philosophes penseront peut-être au sage Spinoza, observant des combats d’araignées . Que penser ? La question se redouble en effet : que vaut le geste de demander aux enfants de projeter leurs sentiments dans la tête d’un insecte ? Ne fait-on pas preuve ici d’un coupable anthropomorphisme ? Naess évoque d’ailleurs ces "propriétaires de chiens pour qui le bien-être de leur animal est plus important que celui de leur voisin" : il y a là, dit-il, "le signe que l’on peut désirer le bien-être d’un animal ou d’une plante tout aussi naturellement que celui d’une personne" . Certes, un certain anthropomorphisme, après avoir été le péché intellectuel par excellence, semble revenir à la mode . Mais il faut aller plus loin.
D’une certaine manière, se projeter dans la tête du moucheron, c’est rejouer le geste d’Aldo Leopold qui nous demandait de "penser comme une montagne" : c’est donc prendre conscience que nous appartenons à une "communauté biotique", avec laquelle nos rapports ne sont pas seulement de prédation ou de maîtrise. Se mettre à la place de la mouche, c’est retrouver une forme d’empathie, le sentiment d’une communauté d’affection et d’émotion : or ce sentiment est profondément ancré en nous, quoique souvent oublié, recouvert, négligé.
6 commentaires
Casse toi pov con
Ca sent le basique
lalige
Erasmus Tharnaby
http://mistergreengenes.over-blog.com
A bientôt.
Pierre
Et oui. Ce qui fait le propre de l'Homme, l'animal, lui, n'éprouvera pas ce sentiment à notre encontre ... Il y a donc asymétrie.
Concrètement : nous avons des responsabilités, ou des devoirs, vis à vis des espèces vivantes, mais celles-ci n'ont pas de droits envers nous.
Le droit des animaux est une fumisterie.
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