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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

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On commencera par emprunter à Arne Naess (1912-2009) une anecdote, un de ces petits faits, presque un conte, qui n’a l’air de rien et qui dit beaucoup .
Jouir de voir s’agiter des pattes de mouche
Dans une véranda, des enfants s’amusent à asperger des moucherons avec un spray insecticide. Ils traquent les insectes et les observent, avec un plaisir manifeste à les voir ainsi s’agiter et mourir. Pourtant, quand on leur dit : "Ces animaux, tout comme vous, préfèrent sans doute vivre que mourir", ils s’identifient alors momentanément au point de vue de l’insecte et regrettent leur acte. Comment comprendre ce changement ? Pourquoi les enfants jouissaient-ils de détruire, et presque de torturer ces insectes ? Arne Naess, sans hésiter, y voit le signe de l’aliénation spirituelle de ces enfants. Les philosophes penseront peut-être au sage Spinoza, observant des combats d’araignées . Que penser ? La question se redouble en effet : que vaut le geste de demander aux enfants de projeter leurs sentiments dans la tête d’un insecte ? Ne fait-on pas preuve ici d’un coupable anthropomorphisme ? Naess évoque d’ailleurs ces "propriétaires de chiens pour qui le bien-être de leur animal est plus important que celui de leur voisin" : il y a là, dit-il, "le signe que l’on peut désirer le bien-être d’un animal ou d’une plante tout aussi naturellement que celui d’une personne" . Certes, un certain anthropomorphisme, après avoir été le péché intellectuel par excellence, semble revenir à la mode . Mais il faut aller plus loin.
D’une certaine manière, se projeter dans la tête du moucheron, c’est rejouer le geste d’Aldo Leopold qui nous demandait de "penser comme une montagne" : c’est donc prendre conscience que nous appartenons à une "communauté biotique", avec laquelle nos rapports ne sont pas seulement de prédation ou de maîtrise. Se mettre à la place de la mouche, c’est retrouver une forme d’empathie, le sentiment d’une communauté d’affection et d’émotion : or ce sentiment est profondément ancré en nous, quoique souvent oublié, recouvert, négligé.
4 commentaires
Erasmus Tharnaby
http://mistergreengenes.over-blog.com
A bientôt.
Pierre
Et oui. Ce qui fait le propre de l'Homme, l'animal, lui, n'éprouvera pas ce sentiment à notre encontre ... Il y a donc asymétrie.
Concrètement : nous avons des responsabilités, ou des devoirs, vis à vis des espèces vivantes, mais celles-ci n'ont pas de droits envers nous.
Le droit des animaux est une fumisterie.
Ereignis
Anselme