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Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale. 
André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.

“Rendre des comptes”, la notion trouve à s’appliquer à une multitude de domaines : aux entreprises, aux hôpitaux, à la recherche, mais aussi, de manière peut-être moins évidente, aux services de renseignement, à la justice ou encore à l’action d’élus politiques. Chacun de ces domaines fait l’objet d’une contribution d’un auteur différent dans cet ouvrage issu d’un travail commandé par l’institut PRESAJE à un groupe de travail du programme AEGIS coordonné par Hervé Dumez .
L’expression incite à se poser des questions quant aux types de mandats confiés à des responsables et à la manière d’évaluer leur action. Celles-ci portent notamment sur le support matériel du rendu, la relation hiérarchique qu’il suppose ou encore sa dimension temporelle. Plus ou moins bien acceptées, plus ou moins judicieuses, les formes que prend l’obligation de rendre des comptes varient selon les domaines et les contextes. Les sciences de gestion nous apprennent que ces formes ont tendance à faire une place trop importante aux indicateurs chiffrés, à minorer les spécificités des activités qu’elles encadrent et à ne pas se préoccuper suffisamment des effets indésirables qu’elles peuvent produire. Un examen plus approfondi apparaît ainsi extrêmement utile. L’exigence de transparence est une très bonne chose, encore faut-il s’assurer qu’elle atteint son objectif. Pour faire évoluer sinon certaines formes de compte-rendu. Ce qui peut, soit dit au passage, les rendre plus complexes et faire qu’elles nécessitent davantage d’explications. D’autres domaines auraient sans doute pu être explorés (on pense en particulier à la RSE ), mais la diversité de ceux qui sont passés en revue permet de faire émerger de nombreuses questions, qui devraient pouvoir alimenter la réflexion en ce qui concerne tant l’évaluation que la conception des dispositifs de rendu des comptes.
Le premier chapitre (en anglais) traite de la notion d’accountability, qui est une notion très ancienne en droit anglais. L’obligation de rendre compte de son action y joue un rôle important lorsqu’il s’agit d’évaluer la responsabilité d’une personne. Mais son application diffère significativement selon les domaines où elle trouve à s’appliquer. Cela dans un système de common law qui rend possible de multiples interprétations.
En entreprise
Le second chapitre s’interroge sur la signification du rendu des comptes dans les entreprises, à la fois du point de vue des théories du management et de la perception qu’en ont les cadres. L’auteure distingue quatre situations-types selon que les comportements de la personne qui rend compte sont transparents ou opaques et les résultats de son action facilement observables et mesurables ou non. Elle passe ensuite en revue les théories managériales qui leur correspondent, pour aboutir à la conclusion que celles-ci n’ont pas donné au rendu des comptes la place centrale à laquelle on aurait pu s’attendre. On peut toutefois se demander si scinder ainsi entre les comportements d’une part et les résultats d’autre part ne contribue pas à dissoudre la question. L’enquête empirique porte quant à elle sur le lien perçu par les cadres entre l’autonomie et le rendu de comptes. Les cadres interrogés insistent sur le caractère variable et peu formalisé du phénomène. L’expression est connotée négativement et le rendu des comptes fait visiblement l’objet d’un refoulement de leur part, quitte à en jouer stratégiquement pour obtenir qu’on leur fiche la paix ou pour se faire valoir. L’entreprise n’est pas le domaine où le rendu des comptes fait l’objet de la réflexion la plus intéressante, peut-être parce qu’il y tourne trop autour de la relation hiérarchique.
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