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Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale. 
André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.

Le festival d’Avignon est actuellement à l’honneur dans les librairies, comme si l’annulation de l’édition de 2003, triste souvenir du désespoir des intermittents du spectacle, avait amené les chercheurs à s’intéresser à cet événement culturel national devenu aussi solidement ancré dans le mois de juillet que la célèbre course à vélo des cobayes de l'industrie pharmaceutique. Des historiens, Emmanuelle Loyer et Antoine de Baecque, ont tout d’abord proposé, l’an dernier, une Histoire du festival d’Avignon, qui bénéficia d’une réception très favorable, avant que des sociologues (Jean-Louis Fabiani, Emmanuel Ethis et Damien Malinas) ne fassent état de leurs recherches menées sur le terrain, d’abord à travers des portraits de festivaliers parus dans Libération, puis dans un livre collectif, Avignon ou le public participant. Une sociologie du spectateur réinventé (L'Entretemps).
Temporairement échappé de ce trio avec lequel il collabore depuis plus de dix ans, sans pour autant rompre avec la méthode, c’est en qualité d’observateur non participant que Jean-Louis Fabiani s’est rendu, durant l’été 2005, aux débats des Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (Ceméa). Ces centres, créés en 1937, sont une survivance de l’audacieuse politique culturelle qui fit les belles heures du Front populaire : des individus d’horizons divers se réunissent pour voir ensemble des pièces et surtout participer aux débats organisés avec les metteurs en scènes et acteurs, dans un lieu spécialement dédié, le lycée Saint-Joseph, apprécié pour son calme.Cet échantillon de public ne peut être considéré comme représentatif : il est essentiellement féminin (à 70%) avec une forte proportion de célibataires et surtout, il s’agit, comme le rapporte l’une des participantes, de "braves bêtes" : un public avenant, prêt à l’échange, faisant montre de bienveillance et de mansuétude, toujours soucieux de comprendre les intentions des metteurs en scènes même lorsque les pièces ne plaisent pas.
Fabiani est bien conscient des caractéristiques de ce public et le tour de force de sa démonstration – car le livre est très bien argumenté – est de parvenir à tirer de cette étude de cas des enseignements dont la portée dépasse largement le seul cadre du festival d’Avignon. Son propos est original, puisque si les débats au Ceméa avaient déjà été utilisés dans une thèse soutenue en 1991 , la visée était alors essentiellement pédagogique (et pour un public anglophone restreint !).
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Anonyme