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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Le public d'Avignon en action
[jeudi 08 janvier 2009 - 16:00]
Sociologie
Couverture ouvrage
L'éducation populaire et le théâtre - Le public d'Avignon en action
Jean-Louis Fabiani
Éditeur : Presses universitaires de Grenoble (PUG)
192 pages / 19 € sur
Résumé : L’édition 2005 du festival d’Avignon, entre théâtre et service public : une observation sociologique des prises de parole concernant les objets culturels.
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Le festival d’Avignon est actuellement à l’honneur dans les librairies, comme si l’annulation de l’édition de 2003, triste souvenir du désespoir des intermittents du spectacle, avait amené les chercheurs à s’intéresser à cet événement culturel national devenu aussi solidement ancré dans le mois de juillet que la célèbre course à vélo des cobayes de l'industrie pharmaceutique. Des historiens, Emmanuelle Loyer et Antoine de Baecque, ont tout d’abord proposé, l’an dernier, une Histoire du festival d’Avignon, qui bénéficia d’une réception très favorable, avant que des sociologues (Jean-Louis Fabiani, Emmanuel Ethis et Damien Malinas) ne fassent état de leurs recherches menées sur le terrain, d’abord à travers des portraits de festivaliers parus dans Libération, puis dans un livre collectif, Avignon ou le public participant. Une sociologie du spectateur réinventé (L'Entretemps).


Temporairement échappé de ce trio avec lequel il collabore depuis plus de dix ans, sans pour autant rompre avec la méthode, c’est en qualité d’observateur non participant  que Jean-Louis Fabiani s’est rendu, durant l’été 2005, aux débats des Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (Ceméa). Ces centres, créés en 1937, sont une survivance de l’audacieuse politique culturelle qui fit les belles heures du Front populaire : des individus d’horizons divers se réunissent pour voir ensemble des pièces et surtout participer aux débats organisés avec les metteurs en scènes et acteurs, dans un lieu spécialement dédié, le lycée Saint-Joseph, apprécié pour son calme.Cet échantillon de public ne peut être considéré comme représentatif : il est essentiellement féminin (à 70%) avec une forte proportion de célibataires  et surtout, il s’agit, comme le rapporte l’une des participantes, de "braves bêtes"  : un public avenant, prêt à l’échange, faisant montre de bienveillance et de mansuétude, toujours soucieux de comprendre les intentions des metteurs en scènes même lorsque les pièces ne plaisent pas.


Fabiani est bien conscient des caractéristiques de ce public et le tour de force de sa démonstration – car le livre est très bien argumenté – est de parvenir à tirer de cette étude de cas des enseignements dont la portée dépasse largement le seul cadre du festival d’Avignon. Son propos est original, puisque si les débats au Ceméa avaient déjà été utilisés dans une thèse soutenue en 1991 , la visée était alors essentiellement pédagogique (et pour un public anglophone restreint !).


Titre du livre : L'éducation populaire et le théâtre - Le public d'Avignon en action
Auteur : Jean-Louis Fabiani
Éditeur : Presses universitaires de Grenoble (PUG)
Date de publication : 19/06/08
N° ISBN : 2706114568
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1 commentaire

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Anonyme

08/01/09 20:33
Voici une recension qui met en appétit le lecteur. La bonne volonté culturelle identifiée par Pierre Bourdieu a-t-elle survécu aux bouleversements millénaristes? On brûle de savoir. Il ne reste plus à celui-ci qu'à commander l'ouvrage aux Presses Universitaires de Grenoble, pour savoir quels enseignements que Fabiani a tiré de l'édition 2005 des ateliers Theâtre du CEMEA. Merci à l'auteur de cette recension d'avoir laisser intact le suspens. Puisse les journalistes de la rubrique cinéma de Télérama qui pourraient en prendre de la graine eux qui ne peuvent jamais s'empêcher de raconter le film au lieu de donner de bonnes raisons d'aller le voir. !

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