On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
"Mon Dieu, j'espère qu'ils ne sont pas tous comme ça", s'inquiète le fonctionnaire européen de la caricature publiée par le Prague Post. Sur le dessin réalisé par Brian Adcock, le fonctionnaire s'apprête à passer une écharpe "présidence de l'Union européenne" à Václav Klaus, président de la République tchèque, vêtu d'un T-shirt "EU sucks", portant un sac "héritage historique", et s'admirant dans une glace en pensant "Je suis génial".
"Nous ne sommes pas tous comme ça" est, en substance, l'idée défendue par Martin Jan Stránský dans la tribune "Prelude to the present" publiée par le Prague Post . Dans une lettre ouverte adressée au reste de l'Europe, Martin Jan Stránský, physicien, éditeur et homme politique tchèque essaie de donner "une explication à l'attitude et à l'approche déconcertantes" de la République tchèque vis-à-vis de l'Union européenne.
À quelques semaines de la présidence tchèque du Conseil des ministres de l'Union, le climat est en effet tendu. La République tchèque n'a pas encore ratifié le Traité de Lisbonne. Si la Cour constitutionnelle a jugé le traité conforme à la constitution tchèque le 26 novembre, le président Václav Klaus a menacé de ne pas le signer, en avançant que le traité menaçait la souveraineté tchèque. Le parlement doit, néanmoins, le ratifier en session extraordinaire le 9 décembre. La politique nationale est marquée par d'importantes dissensions entre Václav Klaus, président de la République eurosceptique (il avait, par exemple, refusé de faire flotter le drapeau européen sur la château de Prague avant de se déclarer "dissident de l'Union européenne" au mois de novembre), et Mirek Topolánek, premier ministre pro-européen, pourtant tous deux issus de l'ODS ("Občanská demokratická strana", le Parti démocratique civique), parti libéral-conservateur.
Le vice premier ministre en charge des Affaires européennes, Alexander Vondra, avait également interpellé Nicolas Sarkozy sur ses déclarations à propos du bouclier antimissile dans une tribune intitulée "Un peu de respect, M. le président", publiée dans Le Monde (19.11.2008).
Et, dernier épisode en date, le magazine tchèque Reflex a publié la semaine dernière une conversation "confidentielle" entre Nicolas Sarkozy et Mirek Topolánek, à propos de la future présidence de l'Union européenne .
Dans un tel contexte, Martin Jan Stránský essaie de rassurer les partenaires européens en s'exprimant au nom des Tchèques. Ainsi essaie-t-il d'expliquer les ambiguïtés de la République tchèque et sa méfiance vis-à-vis de l'Union européenne en se référant à l'histoire tchèque.
Martin Jan Stránský revient sur les "contradictions" qu'il explique par l'histoire de la République tchèque, marquée par de "grandes étapes" plutôt que par des "pas réguliers". Parmi ces étapes, il cite notamment les Accords de Munich de 1938 quand, "préparés à sacrifier leurs vies face au fascisme d'Hilter, [les Tchèques] ont été vendus pour une fausse paix par les grandes puissances" ; ou encore le Printemps de Prague en 1968, quand, "alors que les tchèques cherchaient de nouveau la liberté et appelaient l'Ouest à l'aide, rien n'est venu". Il rappelle que "les empires n'ont jamais rien signifié de bon" et explique la méfiance vis-à-vis de l'Union européenne : "pour beaucoup de Tchèques, Bruxelles et l'Union européenne réveillent cette sensibilité : un autre souverain distant et des lois que personne ne se donne vraiment la peine d'expliquer". Il revient plus loin sur "les politiques schizophrènes" pour la politique étrangère : soutien à l'OTAN mais opposition aux projets de bases radar américaines ; pour l'appartenance à l'Union Européenne, mais contre l'euro...
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