On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Ce premier volume frappe en tout cas par sa densité et par la masse documentaire déployée. La prise en compte des usages économiques, sociaux, politiques et culturels du cheval offre au lecteur une variété de sources que l’historien prend vraisemblablement plaisir à croiser et à lier, des traités d’hippologie aux statistiques agricoles, des descriptions et récits de voyages aux décisions du Conseil d’État du roi. Le Cheval moteur, premier volet de La culture équestre de l’Occident, est ainsi une magistrale leçon d’histoire, qui concilie histoire sociale et histoire culturelle, histoire économique et histoire des mentalités ; en somme, une véritable synthèse de l’œuvre de Daniel Roche où l’on retrouve les grandes étapes de son cheminement intellectuel. Culture, références, croisements de sources et de données peuvent sembler un peu vertigineux par moments, mais la lecture n’en demeure pas moins stimulante, voire divertissante. Par exemple, pour faire comprendre, comme autant de constructions historiques et sociales, les usages et les rapports esthétiques de l’homme vis-à-vis du cheval, l’auteur met en regard deux textes, l’un de Buffon et l’autre de Jules Renard, qui ouvrent et clôturent respectivement le livre. Buffon explique, "à la croisée de la science et de l’esthétique", que "la plus noble conquête que l’homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats" ; Jules Renard a, quant à lui, une idée tout autre du cheval et de sa fonction : "C’est surtout quand il me promène en voiture que je l’admire. (…) Il me fait peur, il me fait honte et il me fait pitié (…). À quoi pense-t-il ? Il pète, pète, pète"
Ouvrage publié avec l'aide du Centre national du livre.
2 commentaires
La rédaction
visiteur
finalement l'article est un peu critique.