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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Le prix du livre d’économie relève-t-il de l’économie ?
[lundi 01 décembre 2008 - 12:00]

Ce vendredi 28 novembre, le prix du livre d’économie 2008 a été remis par Christine Lagarde à Jacques Mistral pour son ouvrage La troisième révolution américaine. L’auteur y analyse le reflux des idéologies conservatrices et la montée en puissance des préoccupations écologiques sur fond de questionnement existentiel quant à la vocation mondiale des États-Unis, et de retour de l’État en réaction à la crise financière. La troisième révolution américaine, ouvrage de science politique plus que d’économie, semble pouvoir revendiquer le titre de livre de chevet idéal pour américanophile décomplexé par l’élection d’Obama.

Réciproquement, c’est sûrement son insertion parfaite dans l’actualité politique qui lui vaut cette distinction. La concurrence était pourtant rude sur ce plan, puisque deux des trois autres livres nominés (Les pirates du capitalisme de Solveig Godeluck et Philippe escande, et La crise de Paul Jorion) constituaient des lectures polémiques de la crise financière. À croire qu’au petit jeu de la conformité à l’air du temps, la célébration de la victoire d’Obama rapporte plus que la critique radicale du capitalisme. Le palmarès 2008 fait ainsi deviner, à côté bien sûr de la qualité intrinsèque des ouvrages, les critères implicites du prix : political correctness, succès de librairie, visibilité de l’auteur, voire proximité avec les pouvoirs politiques. La liste n’est pas exhaustive, mais elle fournit une grille de lecture assez féconde de l’historique des lauréats : Jean Pisani-Ferry en 2001, Pascal Bruckner en 2002, Alain Minc en 2004, Erik Orsenna en 2006…Le jury, majoritairement composé de journalistes et de hauts fonctionnaires, ne prétend donc pas dénicher de jeunes talents.

 

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4 commentaires

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MARCEL

30/12/09 14:34
Certaines matières propres à la pratique des métiers sont incompatibles avec un prix nobel. C'est un peu comme si les " otites étaient des best-sellers pour l'ostéopathie"
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Anonyme

30/12/09 14:29
Les sciences politiques et les livres d'économie sont passionants. Mais on imagine pas un tel livre en classe de fin d'études secondaires ni en gestion non plus ET ENCORE MOINS EN FACULTES. Il est donc dangereux comme les médias ne l'imaginent guère de se former à partir de best seller .
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éconoclaste-stéphane

02/12/08 20:48
Citons l'exception de 2007, avec Yann Algan et Pierre Cahuc.
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Mazarin 2.0

01/12/08 13:09
Ce qui va sans dire va toujours mieux en le disant !
Un article impertinent et pertinent... Merci :-)

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