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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Mémoires d'un militant de l'architecture
[jeudi 13 novembre 2008 - 09:00]
Politique culturelle
Couverture ouvrage
Pour une politique de l'architecture
Max Querrien
Éditeur : Le Moniteur
240 pages / 37,05 € sur
Résumé : Le témoignage captivant d'un acteur majeur de la politique de l'architecture.
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Voilà un livre captivant qu’on dévore d’une traite tant on est plongé au cœur des réflexions et des actions – la plupart du temps très inspirées - d’un acteur majeur de la politique de l’architecture de la Ve République. Il complète et prolonge utilement l’ouvrage Malraux et l’architecture.

Max Querrien est représentatif de ces "grands commis de l’État" qui sont à l’origine de plusieurs des politiques publiques de l’après-guerre, à l’instar de Jeanne Laurent pour le théâtre ou de Paul Delouvrier pour les villes nouvelles. Mus par une vision stratégique et forts d’une connaissance approfondie de l’administration et du secteur dans lequel ils ont œuvré, leur action a durablement marqué.

Né en 1921, Max Querrien commence une carrière universitaire de juriste, puis entre au Conseil d’État comme auditeur. Il intègre ensuite plusieurs cabinets ministériels, et notamment le cabinet d’un sous-secrétaire d’État à l’urbanisme en 1956. Il est ensuite chargé en 1957 d’un rapport sur les liens entre les architectes et les pouvoirs publics qui lui permet d’affiner son expertise dans ce secteur. Un beau-frère, Grand Prix de Rome en architecture, contribue à enrichir sa sensibilité à la question.

 

La création au cœur de la nouvelle politique de l’architecture du ministère Malraux

Malraux le nomme en 1963 directeur de l’architecture au ministère de la culture. Le ministre-écrivain souhaite impulser une politique dans ce domaine, pour éviter qu’elle ne soit uniquement entre les mains du puissant ministère de la Construction dirigé par Pierre Sudreau. Querrien connait son sujet beaucoup mieux que Malraux et s’engage avec passion et conviction dans sa nouvelle mission. Son idée-force est que "la définition architecturale d’un pays est aussi importante que sa définition économique et sociale (…). La dimension architecturale conditionne tout autant les dimensions sociale et psychologique, et même économique et politique, qu’elle n’est en retour conditionnée par elles".

Il souhaite favoriser l’épanouissement de la création architecturale dans un dialogue constant avec l’environnement dans lequel elle s’inscrit, qu’il soit humain, historique, ou patrimonial. Il est également convaincu que pour ce faire les méthodes des maîtres d’ouvrage doivent évoluer et dépasser les simples questions techniques. Il conduit plusieurs projets de réformes, et entreprend de sensibiliser les ministères partenaires et une opinion publique française qu’il considère trop indifférente à la question architecturale. Il participe à plusieurs projet de construction de bâtiments publics, notamment les cinq préfectures d’Ile-de-France liées à la réforme administrative et territoriale de 1964 qui créa cinq nouveaux départements.

Il assouplit la réglementation des abords des monuments historiques pour permettre l’émergence de l’architecture contemporaine dans les centre-ville. Il ne parvient pas à mener à son terme la réforme de l’enseignement de l’architecture, dossier que Malraux lui avait confié à titre personnel. En effet, il démissionne du ministère de la culture à l’automne 1968 - tout comme deux autres directeurs, Pierre Moinot aux Arts et Lettres, et Francis Raison au Théâtre - estimant que les rapports avec le cabinet du ministre nuisent à la sérénité nécessaire à l’accomplissement de sa mission. Malraux lui adressera cette phrase rarissime de la part d’un ministre : "vous ne pourrez toujours pas dire que je vous ai empêché de faire ce que vous vouliez" !

Titre du livre : Pour une politique de l'architecture
Auteur : Max Querrien
Éditeur : Le Moniteur
Collection : Architextes
Date de publication : 01/05/08
N° ISBN : 2281193985
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1 commentaire

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anne querrien

21/11/08 22:28
En tant que fille de l'auteur, et moi-même sociologue-urbaniste, je trouve ce compte-rendu très juste et vous en remercie.

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