On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Cette substantielle publication du Comité d’histoire du ministère de la Culture et des éditions du Moniteur rassemble, sous la direction de Dominique Hervier, plusieurs contributions de spécialistes qui évoquent les rapports que le ministre de la Culture du général de Gaulle a entretenu avec l’architecture et esquisse un bilan de son action. Issu des communications organisées lors de la journée d’étude pour le trentième anniversaire de sa mort, l’ouvrage complète les précédents opus consacrés au ministre par le Comité d’histoire . Il se subdivise en quatre parties : la première examine le rapport personnel de Malraux à l’architecture, la deuxième étudie son action de ministre, la troisième propose des témoignages d’acteurs et de collaborateurs recueillis lors de table-rondes organisées en novembre 2006 (qu’on retrouve dans un CD-Rom sous forme de documents sonores), la quatrième rassemble des discours du ministre sur le sujet.
Cet ouvrage est passionnant, non seulement parce qu’il éclaire un aspect de la personnalité riche et complexe de Malraux, mais également parce qu’il rend compte des prémices d’une politique publique de l’État dans le domaine de l’architecture à une période où la demande sociale de logements donne lieu à des expérimentations multiformes dans la France entière. Le contexte du pays dans ces années fait l’objet d’une introduction remarquable de François Loyer. C’est l’époque des ZUP (Zones à Urbaniser en Priorité), mais c’est aussi un moment "d’éclatement des références" en architecture, conjugué à un empire de la technique qui perturbe quelque peu le ministre-critique d’art.
La première partie nous éclaire sur l’évolution de la sensibilité de Malraux vis-à-vis de l’architecture. Se considérant avant tout comme un spécialiste des "beaux-arts", il aborde la discipline dans ses écrits à partir des grands édifices religieux qui ont marqué les principales civilisations et qu‘il intègre dans l‘histoire des arts. Son intérêt pour l’architecture sacrée ne s’est jamais démenti, comme le montre son admiration pour le Parthénon, les chefs-d’œuvre bouddhistes ou les églises de Le Corbusier. En tant que ministre, c’est à partir de la notion de patrimoine qu’il s’intéresse aux questions architecturales, notamment avec la fameuse "loi Malraux" qui crée les secteurs sauvegardés en 1962 ou avec la création de l’inventaire général en 1964.
1 commentaire
tchoom zass
Toute politique saine devarit s'accompagner d'un architecte.