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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Nietzsche n’a cessé de clamer cet aveu déconcertant : "J’aurais voulu être musicien". À son ancien élève et fidèle secrétaire, l’obscur compositeur Peter Gast, il écrit le 22 juin 1887 : "il est hors de doute que dans le tréfonds de mon être, j’aurais voulu pouvoir composer la musique que vous composez, vous, – et ma propre musique (bouquins compris) n’a été faite que faute de mieux …" Mais si l’on n’ignore pas toujours que Nietzsche a énormément composé, notamment dans sa jeunesse, c’est uniquement parce qu’il est en même temps l’auteur génial du Gai savoir ou… du Cas Wagner ; car sa musique dépasse rarement le stade de l’improvisation maladroite ou inachevée.
Et pourtant, il s’agit bien du même homme, lequel revendique en outre la dimension personnelle et musicale de sa pensée : "On pourrait peut-être classer tout le Zarathoustra dans la musique ?" écrit-il dans Ecce homo. D’où les questions que pose Florence Fabre dans l’avant-propos de son livre, Nietzsche musicien : "Quelle est donc exactement la part de la musique dans la pensée de Nietzsche ? Comment se forme sa pensée musicale, sous quelles influences ? Quelle est la part du "vécu" dans sa réflexion esthétique ? Surtout, puisqu’est reconnue l’importance que revêtait la musique aux "yeux" de Nietzsche, ne pourrait-on tenter une lecture de ses œuvres – tant musicales que poétiques et philosophiques – dans le but de déterminer si le rapport de l’homme à la musique a pu jouer un rôle de structuration de sa pensée ? Ce sont les questions auxquelles ce livre tente d’apporter des éléments de réponse."
Nietzsche musicien, c’est d’abord Nietzsche compositeur. Beaucoup plus méconnu que Nietzsche philosophe, mais plus ancien, il fait l’objet des quatre premiers chapitres du livre : Florence Fabre y retrace soigneusement la biographie musicale de Nietzsche à partir des partitions et de la correspondance, en suivant un plan chronologique et une méthode musicologique qui lui permettent de mettre en évidence les évolutions de son langage musical, l’histoire de ses principales compositions, les influences dont elles dérivent .
Un premier coup d’œil sur les nombreuses œuvres et esquisses de jeunesse de Nietzsche ne laisse aucun doute sur l’ascendance définitive que prend sur lui le "démon de la musique" ; l’étude des Lieder est ensuite l’occasion d’un premier traitement de la question du rapport entre la musique et la parole ; suit un résumé détaillé de "l’affaire Manfred", de la genèse de Manfred-Meditation à sa relecture rétrospective par Nietzsche dans Ecce homo, en passant par le jugement assassin de Hans von Bülow dont la lettre est en grande partie traduite dans le livre ; enfin, le quatrième chapitre, s’appuyant sur les travaux de Curt Paul Janz , reprend en détails l’histoire de l’Hymne à la vie édité à compte d’auteur en 1887 (dans une orchestration de Peter Gast) et dont Nietzsche souhaitait dans Ecce homo qu’il soit chanté un jour en sa mémoire. En complément, un disque joint à l’ouvrage permet d’écouter les compositions les plus importantes de Nietzsche : quelques Lieder, Manfred-Meditation, la Prière à la vie de 1882 et l'Hymne à la vie de 1887.
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