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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Arte : ''The War'' de Ken Burns
[mardi 01 avril 2008 - 15:00]
Depuis quelques semaines, Arte diffuse chaque mercredi deux épisodes de la série de documentaires de Ken Burns, The War, qui tente de montrer les États-Unis dans le dernier conflit mondial au travers des témoignages des habitants de quatre villes très différentes, mais également impliquées dans le conflit : Sacramento (Californie), Mobile (Alabama), Luverne (Minnesota), et Waterbury (Connecticut), ce qui lui permet de couvrir un large panorama de la présence américaine dans la guerre.

La série n’est pas sans quelques défauts : ainsi la problématique très complexe de la ségrégation demanderait à être davantage interrogée, ainsi que le drame des Isei et Nisei . Parfois, l’émotion prend trop le pas sur la réflexion historique, et les témoignages n’ont pas tous la même force, ceux des familles, si intéressants qu’ils soient, n’ont pas l’impact de ceux des combattants essayant de dire leur expérience des champs de bataille. Il est vrai, aussi, que ce n’est que l’engagement de l’Amérique, qui, s’il a été absolument capital, a pu néanmoins être fait à un coût relativement moindre, par rapport à celui des autres combattants. Certains trouveront ainsi à redire sur la reconnaissance "due" aux Américains en raison de leur sacrifice pendant cette guerre, se souvenant de ce moindre coût. Une telle série de films aurait sans doute été impossible sur l’URSS, ne serait-ce qu’à cause du carnage que fut cette guerre sur le front de l’est, et qui transformerait le documentaire en une litanie de morts.

Toutefois, malgré ces quelques réserves, les films de Ken Burns restent particulièrement notables, dominant de la tête et des épaules une grande partie de la production documentaire sur cette période. Oui, il ne s’agit que des États-Unis, mais il s’agit de tous les États-Unis, de leur engagement profond dans une guerre totale, et que l’auteur tente de faire saisir à son public, en lui faisant toucher du doigt l’ampleur du conflit en suivant le parcours de ces quelques hommes. Les films qui cherchent, le plus souvent avec succès, à  faire partager le sentiment de ceux qui sont engagés dans le conflit sans négliger la réflexion historique, ne cèdent pas à la facilité. Tous les Etats-Unis sont là, avec leur part d’ombre, mais aussi avec l’héroïsme déployé par leurs troupes. L’image reste au service de la réflexion, et ne tombe pas dans le travers du "jamais vu" ou de l’image en couleur par effet de mode : texte et image font sens l’un par rapport à l’autre et offrent au public une réflexion profonde, achevée, complexe, loin de tout "devoir de mémoire" mal compris, ou d’engagements partisans trop simples. Un travail d’histoire, qui, effectivement, donne à voir, réellement, ce qu’a pu être cette guerre pour tout un pays.

Deux épisodes par semaines sont disponibles, pendant 7 jours, en visionnage libre sur le site www.arte.tv (rubrique vidéos et podcasts). Un coffret DVD complet est aussi vendu sur le site.


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Crédit photo: Flickr.com/ PhotosNormandie
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6 commentaires

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M.S.

06/04/08 22:39
Nous devons aux américains d'être libres. Mais comment Arte peut laisser passer le débarquement "américain" en Provence alors qu'il y avait 50% de soldats français ( dont la 1/2 d'Outre Mer), Cassino sans citer les français qui ont forcé le passage, la libération de Paris & Strasbourg par les américains ...arrivés derrière les français: la compagnie du capitaine Dronne entrée la 1ère dans Paris comportait d'ailleurs pour 1/2 des républicains espagnols. etc ... etc.
Les américains sont comme ça - alors qu'ils n'en ont pas besoin.
Et Arte fait de la désinformation.
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julienllanas

06/04/08 14:44
Je suis un véritable fan de la série... qui est véritablement une série à l'américaine avec un travail sur le suspense, l'émotion afin de rendre le spectateur complètement accro. C'est formidable cette manière de contourner la problématique de l'absence du héros en choisissant ces communautés urbaines de l'Amérique des années 1940 qui rendent parfaitement la puissance dramatique de la diégèse et qui nous permettent de laisser libre cours à nos élans cathartiques et mimétiques. La série présente un véritable potentiel pédagogique et didactique dans la mesure où elle intègre certaines avancées de l'historiographie des vingt dernières années qui a fait la part belle à l'histoire culturelle et à la socio-histoire.
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claudius

03/04/08 20:58
non loin du débarquement le 6 juin 1944 je résidais à Saint André d'Hébertôt (entre pont l'Evêque et beuzeville),nous avions un hopital de campagne sur la commune,d'ou arrivaient les blessés du front,je me souviens que chaque jour ,une ambulance venait nous chercher pour nous promener pendant 2heures ,et ainsi soulager notre maman qui avait charge d'une nombreuse famille,ces chauffeurs Américains étaient trés dévoués avec nous, et nous offraient par ailleurs du chocolat,denrée inconnue pour nous,des officiers étaient logés dans notre maison pendant une période dont je n'ai plus le souvenir,alors ,je serais curieux de savoir si des militaires Américains se souviennent de leur passage dans notre village,en tout cas de ceux qui ont fait déguerpir les Allemands avec beaucoup de casse malheureusement.
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jacqout

03/04/08 20:06
Bonjour, né en Mars 41 je me rappel qu'à la libération ma soeur me cherchait et ma retrouvé rue de Froidveaux le long du cimetière Montparnasse avant l'avenue du maine mangeant des conserves sur le marche pied d'un GMC avec un noir Américain. J'avais donc un peu plus de 3ans
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Thomas Richard

03/04/08 06:23
Lors de la diffusion de ces films, Arte propose aux téléspectateurs de partager leurs expériences avec les troupes américaines via le site de la chaîne, si cela vous intéresse.

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