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ENTRETIEN – Philanthropie ou État social? avec Nicolas Duvoux
[lundi 21 décembre 2015 - 15:00]

Nicolas Duvoux revient sur les métamorphoses de l'État-Providence américain, la montée en puissance de la philanthropie et ses relations avec l'organisation des communautés avant d'aborder la question d'une transposition de ces phénomènes dans le contexte français.

 

Nonfiction.fr : Vous considérez que l’importante réforme de l’aide sociale intervenue dans les années 1990 aux États-Unis a conduit à la quasi disparition de l’assistance. Votre constat n’est-il pas unilatéral ? Ne convient-il pas plutôt de parler d’une reconfiguration de l’assistance avec le développement du crédit d’impôt pour les pauvres qui travaillent, l’importance donnée à l’assistance alimentaire ou à l’action philanthropique ?

Nicolas Duvoux : Un des aspects essentiels de mon travail consiste précisément à essayer de dépasser une lecture des transformations récentes de l'État social américain en termes de démantèlement. Il y a bien eu des réformes, drastiques, de l'aide sociale, notamment dans les années 1990 et en particulier sous le second mandat de Bill Clinton. Cette réforme du Welfare a largement conduit les démocrates à s'aligner sur les conservateurs en matière sociale. Georges W. Bush a d'ailleurs prolongé bien des aspects de ces transformations. Ceci étant dit, il y a effectivement une série de transformations qui indiquent plus une recomposition de l'État social que son démantèlement à proprement parler. Ces mutations sont de plusieurs types. Il y a le fait que les prestations monétaires pour les adultes valides qui ne travaillent pas ont été limitées au profit de ceux qui travaillent (avec le crédit d'impôt, Earned Income Tax Credit). Il y a là le retour d'une vieille question de la coupure entre les « bons » et les « mauvais » pauvres, seuls les premiers méritant d'être aidés. De plus, les réformes sont allées dans le sens d'un ancrage plus fort dans l'échelon local, qui n'est pas sans aller de pair avec une nostalgie de la gestion de la pauvreté par les petites communautés locales qui, du point de vue de certains idéologues conservateurs, est censée avoir caractérisé le XIXe siècle. Il y a eu un transfert de compétences vers les États, les municipalités et les comtés. Ensuite, il y a eu un recours croissant aux acteurs associatifs. Ceux-ci sont de plus en plus impliqués dans ce que l'on pourrait appeler une privatisation du social. Les « nonprofits » (associations à but non-lucratif) mais aussi les structures à but lucratif se sont multipliées ces dernières années dans les secteurs de la santé et du social. L'ensemble de ces éléments conduisent à un nouveau « modèle » de traitement de la pauvreté, plus sévère pour les pauvres ; plus localisé, mais aussi plus privatisé. Ce modèle limite les aides apportées, sous la forme de services la plupart du temps, aux pauvres. Les modestes subsides n'en sont que plus indispensables pour des populations marquées par une instabilité généralisée au niveau de l'emploi et de la protection sociale. Pour résumer, aux peut dire que les droits sociaux ayant été rabotés, les quelques aides qui leur viennent des associations leur sont vitales. Mais elles sont aussi plus complexes à obtenir, ce qui créé des phénomènes d'éviction des plus pauvres. Pour résumer, ce nouveau « modèle », fortement marqué par les caractéristiques du néolibéralisme, renforce les inégalités au détriment des plus pauvres et des minorités. 


Nonfiction.fr : Vous reprochez à la philanthropie américaine de priver l’État des ressources nécessaires pour mener une vraie politique sociale. Mais les pauvres qui adhèrent aux actions de l’organisme philanthropique que vous avez étudié, y voient, eux, un moyen d’affirmer leur sens des responsabilités et leur volonté de s’en sortir par eux-mêmes : peut-on leur donner tort ?

Nicolas Duvoux : Il ne s'agit ici – pas plus que dans les autres aspects de la démarche sociologique – de juger que les pauvres ont raison ou tort. L'éclairage fourni par l'enquête se situe sur un autre plan. Tout d'abord, il s'agit bien de faire apparaître la manière dont sont reçues les actions philanthropiques et associatives et de faire ressortir le caractère profondément ambivalent de cette réception. Il y a effectivement une forte appréciation de ces actions de la part des personnes concernées. Ces personnes appartiennent à des strates intermédiaires entre les plus pauvres et les classes moyennes, ce sont des « presque pauvres », ceux qui cumulent souvent deux emplois et sont trop « riches » de quelques dollars parfois seulement pour pouvoir bénéficier des prestations étatiques. Trop riches pour être pauvres, ces populations ont pourtant des emplois trop précaires et mal payés pour pouvoir se payer une assurance maladie, se loger sans risquer l'expulsion, etc.

À ces personnes, la philanthropie offre une image positive d'elles-mêmes et un fort sens de la respectabilité. Par ailleurs, les actions de la fondation étudiée sont appréciées parce qu'elles apportent des remèdes concrets à des situations vécues dans la douleur ou le traumatisme : abus domestiques ou par la police ; agressions ; insécurité économique, sociale et relationnelle généralisée. Pourtant, la mise en avant de cette appréciation ne saurait occulter le fait que la philanthropie valide largement un système inégalitaire ; une représentation assez négative des pauvres qui le seraient du fait de leur « état d'esprit » négatif plus que du sous-emploi chronique ou des discriminations raciales, etc. Elle opère une clôture des répertoires de représentation de soi et de mobilisation collective dont disposent les plus vulnérables et, en cela, son action doit, au minimum être appréciée dans son ambivalence, sans négliger sa force, c'est-à-dire le sentiment d'égalité et de dignité qu'elle renvoie aux pauvres. La gauche, qui raisonne souvent dans les termes d'une opposition entre responsabilité collective de la société et responsabilité individuelle devrait prendre au sérieux cette demande de respect et de respectabilité populaires. Or si l'on prend au sérieux les idéologues néolibéraux qui ont promu la réforme à la baisse de l'intervention de l'État en matière sociale, et je pense qu'il faut le faire, ne serait-ce que pour comprendre la portée sociale du néolibéralisme ou la popularité indéniable d'éléments de l'idéologie néolibérale qui fait de tous les individus des entrepreneurs d'eux-mêmes, il faut reconnaître que c'est pour restaurer une forme d'égalité qu'ils ont milité pour le démantèlement de l'État. Ils ont mis en œuvre ce que Foucault appelait une « raison du moindre État » dans un processus de diminution continue des prérogatives de l'État en matière sociale – appuyé sur des politiques publiques parfois très contraignantes, c'est le grand paradoxe caractéristique du néolibéralisme. Les pauvres ne se retrouvent, en partie, plus dans les identités que l'État leur propose d'adopter pour être aidés et l'on peut ainsi rendre, au moins partiellement, compte d'un autre paradoxe, le fait que les plus pauvres valident ou adhèrent aux éléments d'une idéologie ou d'un système social et politique dont ils sont en grande partie les victimes.

Nonfiction.fr : Vous rappelez la dureté de la politique pénale américaine et ses conséquences ravageuses pour les jeunes noirs américains des quartiers pauvres. Pour autant, considérer que cette politique est un mode de régulation de la pauvreté, n’est-ce pas faire preuve d’angélisme au regard de la criminalité qui frappe en premier lieu les pauvres dans ces quartiers, comme vous le documentez très bien dans vos observations de terrain ?

Nicolas Duvoux : Il ne s'agit pas de dire qu'il n'y a pas de criminalité ni d'insécurité dans ces quartiers mais de souligner que la surincarcération (l'hyperincarcération pour reprendre l'expression de Loïc Wacquant) des hommes noirs les plus pauvres notamment correspond à une spécificité historique de la société étasunienne actuelle. Il faut rappeler que les États-Unis enferment 5 à 10 fois plus que les sociétés européennes, alors qu'elles avaient un taux d'incarcération proche des nôtres dans les années 1970. Les États-Unis enfermement 1% de leurs citoyens, 2 millions de personnes, soit le quart des détenus dans le monde. Pour les hommes Africains Américains sans diplômes, l'incarcération constitue une étape « normale » du parcours de vie. Cela a un lien étroit avec les inégalités et le cumul des difficultés de certaines parties de la population.

Même s'il y a des liens entre délinquance et incarcération, il faut bien comprendre que l'incarcération a augmenté avant la criminalité et qu'elle a accompagné la transformation de l'État social évoquée plus haut. D'autre part, cette surincarcération a contribué, autant qu'elle a répondu, à l'insécurité généralisée qui sévit dans ces quartiers. Comment, par ailleurs, nier le fait que la prison fait sortir du chômage les catégories qui y sont le plus exposées en raison des évolutions sociales générales (augmentation des qualifications demandées) et des discriminations raciales en vigueur ? Il y a aujourd'hui un débat public, certes embryonnaire, mais néanmoins important aux États-Unis sur cette tendance à l'incarcération des strates pauvres des minorités qui a prévalu au cours des trois dernières décennies. Des voix se font entendre pour dénoncer les excès de cette politique, jusque dans les rangs des criminologues conservateurs qui ont appuyé les politiques « tough on crime ».

Nonfiction.fr : Quel jugement portez-vous sur le community organizing aux Etats-Unis ? Est-ce une réalité tangible qui produit des résultats ?

Nicolas Duvoux : Le community organizing est un ensemble de pratiques et de modes d'intervention sociale qui insistent sur la dimension de contestation radicale de l'ordre social à partir de l'auto-organisation des communautés locales. Le dimension collective de la démarche et l'importance des « organizers », qui peuvent être extérieurs à la communauté, ont été théorisés au début du siècle par une importante figure de la réforme sociale, Saül Alinsky. C'est une réalité tangible qui se caractérise par des modes d'action stabilisés, des formations, des pratiques de la mobilisation, de la participation des quartiers populaires à la vie civique et politique avec l'idée qu'elles reprennent un contrôle sur les décisions qui les concernent (d'où l'idée d'empowerment). Ces modes d'action produisent des effets indéniablement positifs en ce qu'ils permettent une réappropriation et une collectivisation des problèmes. La participation des habitants rencontre une aspiration à être un membre actif de la communauté politique. Il ne faut donc pas faire le procès de la dépolitisation à ces formes participatives – il faut d'abord s'interroger sur les critères de la politisation. Par contre, il ne faut pas non plus déconnecter les éléments d'auto-organisation que l'on peut observer des logiques sociales d'ensemble dans lesquelles ils se déploient. Ainsi, le community organizing est aujourd'hui largement inséré dans des financements philanthropiques qui émoussent fortement sa radicalité d'une part et des programmes d'action publique qui les insèrent dans une gestion des problèmes sociaux à la marge des grands équilibres sociaux de l'autre. On peut notamment penser à la distribution des revenus, dont de nombreux travaux (au premier rang ceux de Thomas Piketty et d'Emmanuel Saez) ont montré le caractère très inégalitaire aux États-Unis. Par ailleurs, la responsabilisation des communautés à laquelle le community organizing peut donner lieu n'est pas sans ambiguïtés puisqu'il entérine une forme de responsabilisation ou d'autoresponsabilisation des pauvres et, à l'intérieur des populations défavorisées, des formes de mise à distance envers les plus marginalisés, accusés de tous les maux comme les pauvres le sont à l'échelle de la société.

Nonfiction.fr : Dans le contexte américain marqué par son anti-étatisme, l’articulation philantropie/community organizing ne correspond-t-elle pas finalement à ce qui peut se faire de mieux en matière de lutte contre la pauvreté ?

Nicolas Duvoux : Il ne faut justement pas essentialiser l'anti-étatisme aux États-Unis. Les États-Unis ont lancé, pendant les années 1960 et 1970, sous les mandats présidentiels de Kennedy et de Johnson, une guerre inconditionnelle à la pauvreté ; ils ont connu des taux d'imposition très élevés ; ils ont mis en œuvre des politiques d'accès à l'éducation (le G.I. Bill notamment) ou de lutte contre les discriminations qui prouvent que la situation actuelle n'a pas prévalu, de toute éternité, aux États-Unis. De manière générale, je suis très sceptique par rapport aux analyses qui prêtent des traits culturels à certaines sociétés, ce qui n'empêche pas d'identifier des régularités et des manières particulières de faire société. Dans le contexte actuel, le moins que l'on puisse dire est que l'on pourrait faire beaucoup mieux que ce qui est fait aujourd'hui aux États-Unis en matière de pauvreté. S'il y a un consensus sur le bien-fondé du crédit d'impôt pour les travailleurs pauvres, les ambitions de la réforme sur la santé d'Obama ont été très réduites par le processus politique qui a conduit à son adoption et les bons alimentaires (food stamps) qui pallient le manque de ressources de très nombreux américains depuis l'entrée dans la crise de 2008 sont très insuffisants. Les niveaux de pauvreté aux États-Unis sont très supérieurs à ceux que l'on connaît en Europe par exemple. La philanthropie a cette vertu de véhiculer une image de modernité, de compétence et d'innovation sans avoir recours à l'État mais il faut mettre en relation les moyens qu'elle peut déployer avec l'érosion de la base fiscale qui rend des fortunes aussi importantes disponibles pour le don philanthropique. De manière générale, le système éducatif américain, les minima sociaux ; l'accès au système de soins sont très dégradés. Une pauvreté absolue ou extrême a été redécouverte ces dernières années dans ce pays .

Nonfiction.fr : Que pensez-vous de l’accent mis depuis quelque temps en France sur l’empowerment dans le domaine des politiques sociales ?  

Nicolas Duvoux : En France, l'intervention sociale repose, en très grande partie, sur des statuts administratifs et sur une logique bureaucratique. Par ailleurs, les formes de relations instaurées entre travailleurs ou intervenants sociaux et les personnes en difficulté sociale sont individualisées et portent sur les déficiences de ces dernières, en vue de les identifier et, éventuellement, d'y remédier. Il y a donc un très fort et légitime intérêt pour des formes d'action plus collectives, qui vont s'appuyer sur les ressources des groupes, pour construire des réponses aux problèmes sociaux. L'engouement pour l'empowerment ne dit rien d'autre que la perception des limites des formes d'action à l'oeuvre en France dans les différents domaines de l'intervention sociale. Elle dit aussi la demande de participation de certains habitants et de prise en main de leur destin collectif par certains groupes. En même temps, le débat sur l'empowerment croise d'autres questions sans vraiment les aborder : la participation politique et la question du droit de vote des étrangers aux élections locales ; la question religieuse avec la crainte du « communautarisme » qui est une manière de disqualifier des formes d'auto-organisation existantes dans les quartiers, etc.

Nonfiction.fr : En France la philanthropie est naine par rapport à la philanthropie américaine. Mais elle est en croissance. Pensez-vous qu’elle devrait être davantage encouragée ? Ou doit-on craindre que sa croissance aille de pair avec un retrait de l’État social ?

Nicolas Duvoux : La tradition politique française, issue notamment du moment de la Révolution, se caractérise par une méfiance envers les fondations qui va de pair avec celle envers les corporations. De ce fait, la philanthropie n'a pas, dans notre pays, la même légitimité que dans d'autres espaces, les États-Unis notamment. L'importance de l'État comme instituteur du social a empêché le développement d'un secteur philanthropique aussi structuré qu'aux États-Unis ou en Angleterre. Pourtant, si cette tradition continue de produire des effets, perceptibles dans une perspective comparative notamment, elle n'a pas empêché la société française de connaître des évolutions rapides au cours des quinze dernières années.


Or dans un double contexte d'augmentation des inégalités de revenus en faveur des strates supérieures d'un côté et d'une crise multiforme de l'État social de l'autre, la philanthropie joue un rôle croissant dans l'organisation de ce dernier, au niveau territorial notamment et dans la fourniture de services aux populations vulnérables (pauvres, malades, handicapés) en particulier. Des dispositions d'exemption fiscale structurent le champ. Et la montée du philanthropique, soutenu par les dépenses socio-fiscales, contribue à faire évoluer le système social français. Par le biais du mécénat, des fondations territoriales mais aussi d'une présence de plus en plus importante dans le champ de l'expertise, les acteurs philanthropiques ont élargi leur champ d'implication. Leur présence est particulièrement nette dans le secteur sanitaire et social. La philanthropie pèse 3 milliards d'euros ; elle s'appuie sur un système d'incitation fiscal important en France même si ces sommes sont très limitées par rapport aux États-Unis.


Évidemment, la substitution des acteurs privés à l'État est possible. En même temps, je pense que le débat des années 1980-1990, plus d'État/moins d'État, est dépassé. La question aujourd'hui est de savoir comment l'État interagit avec la société. Aux États-Unis, la philanthropie s'efforce d'associer réussite individuelle et souci du collectif, démontrant la puissance matérielle et symbolique de l'élite économique et en excluant l'État. En France, il y aurait un bon usage de la philanthropie qui consisterait à permettre l'expression de tous, à savoir à contribuer à aménager un pluralisme dans la société, sans abandonner la construction collective du bien public.

Nonfiction.fr : Repérez-vous dans le contexte français les prémisses d’un changement culturel qui favoriserait l’émergence d’un couple associant ici aussi la  philanthropie et le community organizing ?


Nicolas Duvoux : Il y a, dans le contexte français, plusieurs signaux qui indiquent que les principes du community organizing pourraient gagner de l'importance. D'abord, la perception, de plus en plus nette, des limites des formes d'intervention traditionnelles. Ensuite, le rejet, de plus en plus clair, des identités liées aux statuts administratifs de l'État. Enfin, et c'est aussi très important, l'importance des questions raciales et urbaines qui peuvent conduire à des mobilisations d'un nouveau type, en phase avec le community organizing. En même temps, la société française reste marquée par une forte inertie, liée notamment au poids de la démocratie représentative et à l'importance de l'administration dans l'organisation du pays et de ses villes. Les espaces libres pour l'auto-organisation sont, de fait, fortement bridés.

 

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Christophe FOUREL, Pascal NOBLET
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