La phrase

Il y a d'excellentes raisons de combattre l'Occident, il y a d'excellentes raisons de vouloir la fin de cette société, et qui ne se réduisent en rien au fait de vouloir y répandre la terreur. Cazeneuve et les spin doctors de l'antiterrorisme n'y peuvent rien : ce n'est pas en enfermant toujours plus leurs ennemis dans la figure du monstre, ni en multipliant contre eux les procédures judiciaires les plus démentes, que les démocraties occidentales retrouveront leur honneur perdu.

Collectif de Tarnac, Le Monde, 18 juillet

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Claude Simon, le don fabuleux de l'écriture
[mardi 17 juin 2014 - 09:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Claude Simon, la mémoire du roman. Lettres de son passé (1914-1916)
Éditeur : Les Impressions Nouvelles
176 pages / 18,05 € sur
Résumé : La publication des courriers inédits entre la mère de Claude Simon et sa famille, de 1914 à 1916.
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Le 27 août prochain, il y aura cent ans jour pour jour que le capitaine Louis Simon était tué d’une balle en plein front à Jaulnay, dans la Meuse. Quelques semaines plus tôt, en plein été, aura été commémoré le centenaire de la déclaration de ce qui deviendra la Première Guerre mondiale, la première guerre qui a bouleversé de fond en comble la bonne conscience que jusqu’ici les hommes avaient de leur humanité. La grande histoire a meurtri les destins, s’est incisée en lettres de sang dans l’histoire individuelle de chacun et, ici, au cœur de ce livre, dans la vie de Suzanne Denamiel, l’épouse de Louis Simon. Le 27 août 1914, Claude Simon, qui n’avait alors encore que dix mois, perdait son père. Plus tard, quand il sera devenu l’écrivain mondialement reconnu par le prix Nobel de littérature, la mort de son père n’aura cessé de hanter son imaginaire. Elle aura été l’une des pierres d’angle sur laquelle il aura construit ses romans.

En 2013, la naissance de Claude Simon a été célébrée dans plusieurs événements marquants. Je rappellerai l’exposition au Centre Georges-Pompidou et les Journées culturelles à Arbois (Jura) sur les lieux mêmes de l’enfance et de l’adolescence de Louis Simon, là où, enfant et adolescent, son fils reviendra régulièrement passer ses vacances.

En mars 2014, Les Impressions Nouvelles ont fait paraître un livre unique. En photo, sur la couverture, une scène de campagne ; un jeune homme, regard tourné vers lui-même, est assis par terre dans un champ aux côtés d’une jeune femme souriante. La photo est en noir et blanc. La pose paraît un peu convenue. Il n’en est rien, en fait. Les lecteurs découvrent au fil des pages qu’il s’agit de Claude Simon et de Hiette, l’une de ses cousines assis côte à côte au Mas des Aloès, là où la famille Denamiel passait les mois d’été, non loin de Perpignan (un document précise à sept kilomètres). La photo est à elle seule une entrée dans le livre. À elle seule, elle pique la curiosité du lecteur qui, chemin faisant, ne sera pas déçue.

Cette photo faisait-elle partie du « don fabuleux », selon le mot de Mireille Calle-Gruber, qui a présidé à la naissance de ce nouveau livre sur Claude Simon ? Un jour, Mireille Calle-Gruber, après la publication de sa si riche biographie Claude Simon. Une vie à écrire, a reçu par la Poste les courriers conservés par la famille maternelle de Claude Simon et échangés entre 1914 et 1916 (début de l’année 1914 quand Louis Simon, son épouse et leur fils, le jeune Claude étaient encore à Madagascar) entre Suzanne Denamiel-Simon, la mère de l’écrivain, et quelques membres proches de sa famille.

 Le « fabuleux » expéditeur de ce « don fabuleux » a pour nom François Buffet, petit cousin de Claude Simon, qui cosigne le livre. Sans sa générosité, le miracle de ce livre, comme les lecteurs souvent avides aimeraient qu’il en survienne tous les jours, ne se serait pas produit. C’est grâce à la générosité de François Buffet que Claude Simon, la mémoire du roman est une collection unique, inédite, vivante d’archives, de traces, de mise en écho subtile de ce que Michel Butor appelle dans sa préface la « littérature dormante », et des romans les plus célèbres de Claude Simon, L’Acacia,s La Route des Flandre, ou encore L’Herbe. Collection de documents uniques, le livre ne renonce pas pour autant à l’exigence scientifique.

Agnès COUSIN DE RAVEL
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Titre du livre : Claude Simon, la mémoire du roman. Lettres de son passé (1914-1916)
Auteur : Mireille Calle-Gruber, Michel Butor, François Buffet
Éditeur : Les Impressions Nouvelles
Collection : FOR INTERIEUR
Date de publication : 06/03/14
N° ISBN : 2874491993
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3 commentaires

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Lacombe Saint Michel

19/06/14 19:35
Claude Simon était pupille de la nation et a perdu sa mère à l'âge de
onze ans. Cette absence parentale l'a fortement marqué, mais l'amour
et l'affection de ses tantes à Perpignan et à Arbois aussi. Toute son oeuvre
en témoigne. Je ne peux que recommander la lecture du livre "Claude
Simon, la mémoire du roman" ainsi que le très bon article de Madame
Cousin de Ravel.
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Claude Barcelone

18/06/14 16:08
Ce genre de commentaire (du 18 juin 2014, 8:34) fait l'autoportrait
peu reluisant de son signataire.
Claude Barcelone
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Norpois

18/06/14 08:34
Ce livre accroché au nom de Claude Simon pour des raisons promotionnelles évidentes n'a aucun rapport ni avec lui, ni avec son oeuvre. On s'étonne qu'une telle imposture puisse voir le jour sans susciter la moindre réserve de journalistes ou de critiques spécialisés. Lisent-ils encore ?

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