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Atelier n°8 : Les potentialités pédagogiques du livre numérique
[vendredi 11 janvier 2013 - 09:00]

A l'heure où une enquête internationale confirme la régression de la France sur le plan de la lecture, le 8e atelier de la journée sur le livre numérique organisé au CNL a permis d'aborder la place du numérique à l'école.

Antoine Bonfait, éditeur chez Armand Colin, a évoqué les expérimentations en cours pour enrichir les manuels scolaires grâce au Web. Selon lui, il ne faut pas oublier que les élèves ont pour le moment des manuels papiers dans leurs cartables. Si les sources d'apprentissages se renouvellent avec le numérique, les manuels papiers restent prédominants. On s'orienterait vers une répartition entre un support papier qui contiendrait a minima un mémo des bases que l'élève doit apprendre, et des supports numériques qui contiendraient un ensemble de documents, images et cartes complémentaires. Sachant que les professeurs les plus anciens sont dépassés par l'introduction de nouveaux usages, il faut se demander qui doit tenter de les intégrer aux manuels scolaires. Est-ce à l'éditeur scolaire ou à une équipe pédagogique de faire ce travail ?

Pour Mireille Lamouroux, du Centre régional de documentation pédagogique de l'académie de Versailles, cette question a du sens dès lors que l'on constate que les expérimentations avec des livres numériques sont marginales pour l'instant. L'Education nationale a par exemple mis en place un système de mallettes numériques permettant de fournir des contenus aux ordinateurs de certains collèges du Val-de-Marne ou aux terminaux mobiles de certains enseignants du Val-d'Oise. Il y a donc des évolutions qui confirment que le livre pédagogique numérique peut apporter beaucoup plus qu'un simple manuel, même si nous sommes loin d'avoir acquis une culture de l'éducation numérique. Une volonté politique de se saisir du sujet commence à émerger, selon elle, puisque le ministre Vincent Peillon devait l'évoquer dans son discours sur le numérique à la la Gaïté Lyrique le 13 décembre et il devrait être explicitement inscrit dans la loi sur la refondation de l'école. A cet égard, un problème fondamental demeure : il n'y a pas de consortium d'acquisition de ressources numériques dans le secondaire mais seulement dans l'enseignement supérieur, alors que le secondaire comprend plus d'usagers - élèves et professeurs confondus.

Plusieurs intervenantes du public ont ensuite insisté sur l'avenir incontournable du numérique à l'école. Une éditrice a rappelé que les enseignants peuvent s'habituer aux ressources numériques comme ils l'ont fait avec les photocopieuses et autres outils informatiques à leur disposition. Certains éditeurs scolaires rechignent peut-être à accompagner ce mouvement car le modèle économique des manuels papier reste solide mais cela ne saurait durer.

Selon une autre intervenante, des professeurs expérimentent des formes d'enseignement en ligne sans l'aide des éditeurs avec succès. Les techniques d'e-learning et d'e-teaching prennent une véritable ampleur. L'enseignant n'est plus le seul détenteur du savoir, il devient plutôt l'animateur d'une communauté d'élèves. Néanmoins, ce type d'enseignement participatif ne peut effectivement fonctionner qu'à partir du moment où le coût des tablettes devient abordable pour tous.

Enfin, Mireille Lamouroux a emprunté à Antoine Compagnon, professeur de littérature au Collège de France, une anecdote édifiante pour conclure cette discussion parfois animée. Dans une conférence à la Bibliothèque nationale de France (BnF), il rappelait qu'il avait demandé à ses élèves de réfléchir à cette phrase énigmatique de Marcel Proust que l'on trouve dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs : "Tous les chemins de Paris à Rome passent par St-Pétersbourg". Là où ses élèves ont pu retrouver en cinq minutes sur Internet une mine d'informations sur les origines de cette sentence, lui, étudiant, avait passé des heures en bibliothèque pour tenter d'en éclairer le sens. Le cheminement intellectuel nécessaire pour assimiler les mots de Proust s'en trouve nécessairement altéré, mais qui de Compagnon ou de ses élèves les a le mieux compris ? L'avenir le dira.

 

* Lire aussi sur nonfiction.fr et livreshebdo.fr :
- Tous les comptes-rendus de cette journée professionnelle
Au CNL, le numérique dans tous ses états 
Journée sur le livre numérique réussie au CNL 

 

Pierre TESTARD

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