La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Schnitzler : une réception décortiquée
[mardi 16 octobre 2012 - 09:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Arthur Schnitzler et la France (1894-1938). Enquête sur une réception
Éditeur : Presses universitaires du Septentrion
338 pages / 25,65 € sur
Résumé : Les passionnés de Schnitzler se pencheront avec délices sur les propos tenus à son endroit en France, et les chercheurs en sociologie de la réception se passionneront pour un ouvrage qui fait connaître les voies et moyens de la réception d’une œuvre d’art hors de son contexte de référence.
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Le dossier de la réception des œuvres d’art est loin d’être assez étoffé. Chaque recherche qui participe de cette thématique est donc la bienvenue pour peu qu’elle permette de donner corps à une théorie de la réception de plus en plus raffinée. En l’occurrence, en nous proposant une exploration de la réception des œuvres de l’écrivain autrichien Arthur Schnitzler en France, l’auteur, professeur de littérature comparée à l’université de Valenciennes, met en lumière certains mécanismes et certaines difficultés de l’accueil d’une œuvre littéraire dans un contexte étranger.

On sait que Schnitzler – 1862-1931, médecin de formation, mais qui finit par se consacrer entièrement à la littérature – a fait l’objet d’un travail de réception dans son propre pays et sa langue. Sigmund Freud, par exemple, lit de près ce contemporain, y fait référence et entre en contact avec lui, en lui écrivant d’ailleurs : “J’ai eu l’impression que vous saviez intuitivement [...] tout ce que j’ai découvert à l’aide d’un laborieux travail appliqué.” En substance, alors que l’écrivain ignore les lois de l’inconscient, il les incarne dans son œuvre qui apparaît comme un compromis entre l’inconscient refoulé et sa projection dans l’œuvre. Bonne aubaine, pour Freud, pourrait-on ajouter.

Maintenant, il convient d’expliquer comment et pourquoi Schnitzler est devenu, en France, de nos jours, l’auteur le plus connu de langue allemande, à côté de Hofmannsthal et de Zweig ? Il est certain que son “entrée en fonction” dans l’enseignement y est pour quelque chose. Il est non moins certain que diverses expositions (dont la célèbre Vienne 1880-1938. L’Apocalypse joyeuse, du centre Pompidou) y sont aussi pour quelque chose. Mais cela ne suffit pas. Quoique cela nous place directement à la marge d’un autre problème : quelle image de tel auteur est ainsi diffusée ?

Car c’est aussi le problème. De l’œuvre de Schnitzler, l’analyse des formes de réception donne finalement un portrait contrasté. On la range tantôt du côté de l’Apocalypse viennoise, tantôt aussi du côté du freudisme dramatique, ou de la poésie décadente viennoise, voire d’une sentimentalité scabreuse et d’une certaine cruauté.

Du coup, on constate aussi que l’analyse de la réception d’une œuvre ne peut se départir d’un parti pris du côté du chercheur. Aider aussi à opérer, grâce à ce travail de recherche, un tournant dans l’appréciation d’une œuvre. Comme si les constats auxquels les chercheurs aboutissent doivent non moins motiver un changement de ton, ou plutôt soient construits à partir d’un nouveau point de vue sur l’œuvre. L’auteur de cet ouvrage souligne, d’ailleurs, qu’il s’inspire de l’approche sociologique des problèmes de réception dans la lignée des travaux de Christophe Charle . Ce dernier, il est vrai, met en évidence la relation entre les contextes de production et de réception d’une œuvre. Le “transfert culturel” n’est pas seulement une affaire d’auteurs et d’éditeurs et/ou d’hommes de théâtre. Mais aussi et surtout l’affaire de ces intermédiaires qui mettent en contact les uns et les autres.

Plus précisément, cet ouvrage propose ce que son auteur nomme une “enquête sur un processus de réception”. Il retrace les deux premières périodes de l’accueil réservé à l’œuvre de Schnitzler (avant et après la Première Guerre mondiale), en France, en étudiant les choix opérés par les intermédiaires. Mais il signale aussi ensuite, quoique sans l’étudier, le changement de l’horizon d’attente qui se produit autour de Schnitzler dans les années 1980. Ce qui importe à l’auteur se tient en ceci qu’il s’agit de montrer d’où vient la fixation précoce de son image, en suivant les traces de ses premières relations avec la France, et celles des premières traductions, les initiatives prises par l’écrivain pour faire connaître son œuvre au public français, l’engagement de ceux qui l’y ont aidé, son ambition aussi d’imposer de lui une image plus complète que celle qu’il voit se dessiner.

Christian RUBY
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Titre du livre : Arthur Schnitzler et la France (1894-1938). Enquête sur une réception
Auteur : Karl Zieger
Éditeur : Presses universitaires du Septentrion
Date de publication : 20/09/12
N° ISBN : 2757403958
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