La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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De la politique avant toute chose, et pour cela préfère Latour
[mercredi 10 octobre 2012 - 13:00]
Ecologie
Couverture ouvrage
Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux.
Emilie Hache (dir.)
Éditeur : Amsterdam
406 pages / 20 € sur
Résumé : Une anthologie de textes d'écologie politique trop marquée par les partis pris théoriques du maître d'oeuvre de l'ouvrage.
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En vérité, il nous semble que le tort principal de l’éthique environnementale aux yeux d’Emilie Hache ne tient pas au prétendu oubli de la chose politique, ni même au geste de séparation des différentes dimensions des problèmes posés par la crise écologique (en particulier sociaux et environnementaux), qu’à l’organisation même du discours qu’élaborent certains théoriciens d’éthique environnementale, pour lesquels les problèmes de politique et de justice environnementales apparaissent subordonnés à d’autres problèmes (d’ordre axiologique, métaphysique, etc.) – non pas en ce sens où ils seraient secondaires ou accessoires, mais en ce sens où ils ne sont susceptibles de recevoir de signification précise et de solution qu’en vertu de la relation qu’ils soutiennent avec les autres composantes et les autres décisions théoriques d’une philosophie de l’environnement. Autrement dit, pour un certain nombre de théoriciens d’éthique environnementale, l’écologie politique est et doit demeurer une subdivision ou un secteur de la philosophie de l’environnement, et non pas son foyer. L’écologie politique n’a aucun titre à prétendre définir le centre d’une réflexion se donnant pour objet la crise environnementale et, plus largement, la relation de l’homme à la nature.

En ce sens, la critique qu’Emilie Hache adresse au courant d’éthique environnementale considérée dans son ensemble nous fait irrésistiblement songer au passage désopilant que nul lecteur du Gorgias de Platon n’aura oublié, dans lequel Calliclès, à bout d’arguments, finit par tancer vertement Socrate en lui reprochant de s’adonner encore à son âge, tel un vieillard libidineux, à ce vice impuni qu’est la philosophie plutôt que d’aborder de plus grandes questions –entendez, les questions politiques. La philosophie, oui, bien sûr, c’est une chose charmante, concède Calliclès, à condition toutefois de s’y attacher modérément, quand on est jeune ; mais si on passe plus de temps qu’il ne faut à philosopher, alors elle est "une ruine pour l’homme". Le philosophe qui philosophaille à perte de vue, sans réussir à se débarrasser de cette vilaine manie une fois parvenu à l’âge d’homme, "ne mérite que des coups". Cet homme, aussi doué soit-il, ne pourra jamais être autre chose qu’un "sous-homme", qui cherche à fuir le centre de la cité, la place des débats publics ; il passera sa vie à chuchoter dans son coin avec trois ou quatre jeunes gens, sans jamais proférer la moindre parole libre, décisive, efficace   Sous couvert de dénoncer le peu d’intérêt pour la chose politique, c’est en fait la spécificité même d’un certaine pratique de la philosophie qui est dénoncée.

De la politique avant tout chose, et pour cela préfère Latour

En y regardant de plus près, il apparaît assez vite que la charge politique menée contre l’éthique environnementale est en fait entièrement commandée par un parti pris théorique dont Emilie Hache ne fait d’ailleurs pas mystère (et dont les lecteurs de son précédent ouvrage   sont déjà bien informés) : à savoir l’adoption d’une perspective inspirée par les idées de Bruno Latour. Aussi est-ce sans grande surprise que l’on peut lire, dès l’introduction du premier chapitre, que l’ouvrage de ce dernier intitulé Politiques de la nature  , est censé être considéré aujourd’hui "comme l’un des grands textes de philosophie politique du XXe siècle"   – au nom d’on ne sait quel consensus introuvable. Il est, de ce point de vue, hautement significatif que l’anthologie s’ouvre par un texte de Bruno Latour, initialement paru en anglais en 2004 et traduit en français en 2007 : c’est bel et bien en référence aux problématiques développées par Latour, et aux thèses qu’il défend, que bon nombre de textes recueillis dans le volume demanderont à être lus.
Hicham-Stéphane AFEISSA
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Titre du livre : Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux.
Auteur : Emilie Hache
Éditeur : Amsterdam
Date de publication : 10/10/12
N° ISBN : 9782354801144
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6 commentaires

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empédocle

10/10/12 20:43
Excellent compte rendu ! Merci infiniment ! Toutes vos critiques touchent juste ! Et critiquer Latour par les temps consensuels qui sont les nôtres est plus que nécessaire ! Au plaisir de continuer à vous lire...!
Un très fidèle lecteur...

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