La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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De la politique avant toute chose, et pour cela préfère Latour
[mercredi 10 octobre 2012 - 13:00]
Ecologie
Couverture ouvrage
Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux.
Emilie Hache (dir.)
Éditeur : Amsterdam
406 pages / 20 € sur
Résumé : Une anthologie de textes d'écologie politique trop marquée par les partis pris théoriques du maître d'oeuvre de l'ouvrage.
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C’est pourquoi il nous paraît souhaitable de travailler à libérer un espace d’interlocution entre les différents discours, élaborés sur le vieux continent comme ailleurs, prenant pour objet les relations de l’homme à la nature (et examinant ces relations sous de multiples angles : métaphysique, social, politique, anthropologique, historique, etc.), en évitant autant que faire se peut de fixer trop rapidement la date exacte à partir de laquelle est censée s’inaugurer la réflexion écologique, d’arrêter de manière trop péremptoire la liste de ceux qui sont censés lui avoir apporté une contribution significative et de déterminer d’autorité les problématiques qui sont censées être les seules pertinentes. Il ne s’agit nullement par là de renoncer à défendre des options théoriques personnelles, de renoncer à discriminer, pour ainsi dire, entre le bon grain et l’ivraie de la pensée environnementale, mais de se méfier de soi-même en croyant un peu (trop) vite avoir compris ce que peut être une philosophie de l’environnement. 

Il nous semble que le défaut principal du livre publié sous la direction d’Emilie Hache, dont il va être question ci-après, tient précisément à ce qu’il témoigne d’une hâte de ce genre dans sa tentative de délimitation et de présentation de l’écologie politique contemporaine. L’essentiel des critiques que nous lui adresserons porteront directement sur les partis pris théoriques et méthodologiques qui ont présidé à l’élaboration du volume.

Ecologie politique versus éthique environnementale

L’ouvrage regroupe une quinzaine d’articles, essentiellement de langue anglaise, dont la rédaction s’étend de la fin des années 1980 à la fin des années 2000, pour la plupart inédits en français, développant selon une approche originale un questionnement relevant de l’écologie politique. Parmi cet ensemble de textes, certains sont devenus des classiques de la philosophie de l’environnement, pour avoir été maintes fois discutés, analysés, critiqués, reproduits dans d’innombrables anthologies dans les pays anglo-américains (ainsi de l’article de R. Guha, "Environnementalisme radical et préservation de la nature sauvage : une critique de la périphérie" datant de 1989) ; d’autres, moins connus, constituent depuis leur publication des textes de référence (tels que ceux de G. Di Chiro, M. Bookchin, W. Cronon, M. Davis) que l’on se réjouit de savoir enfin disponibles en français.

L’ensemble des textes réunis est divisé en quatre sections, de tailles égales, respectivement intitulées "Conflits de monde", "Reclaiming Democracy", "Expérimenter de nouvelles cohabitations" et "Milieux. Habiter un monde au bord du gouffre", dédiées à l’examen d’une problématique de l’écologie politique. Chaque section est précédée d’une introduction du maître d’œuvre de l’ouvrage, lequel signe également une Introduction générale au volume – la tâche de traduction des textes étant, quant à elle, confiée à Cyril Le Roy. L’ambition générale du livre est, à en croire la quatrième de couverture, de dresser "une première cartographie des points nodaux de l’écologie politique".

Or, dès l’Introduction générale, intitulée "Quel est l’objet de l’écologie ?", le ton est donné : cette cartographie, censée présenter "les questionnements fondamentaux de l’écologie politique comme sa très grande diversité", laissera en dehors de son tracé les questionnements élaborés par les théoriciens d’éthique environnementale comme étant sans pertinence sur le plan politique. La première (mauvaise) surprise que réserve la lecture de l’ouvrage tient donc à ce que l’on découvre que le maître d’œuvre de l’ouvrage va s’employer tout du long à jouer l’écologie politique contre l’éthique environnementale, en resserrant ainsi l’espace des possibles autour de quelques problématiques considérées comme étant les seules dignes de figurer au registre de l’écologie politique.
Hicham-Stéphane AFEISSA
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Titre du livre : Ecologie politique. Cosmos, communautés, milieux.
Auteur : Emilie Hache
Éditeur : Amsterdam
Date de publication : 10/10/12
N° ISBN : 9782354801144
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6 commentaires

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empédocle

10/10/12 20:43
Excellent compte rendu ! Merci infiniment ! Toutes vos critiques touchent juste ! Et critiquer Latour par les temps consensuels qui sont les nôtres est plus que nécessaire ! Au plaisir de continuer à vous lire...!
Un très fidèle lecteur...

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