La phrase

Il y a d'excellentes raisons de combattre l'Occident, il y a d'excellentes raisons de vouloir la fin de cette société, et qui ne se réduisent en rien au fait de vouloir y répandre la terreur. Cazeneuve et les spin doctors de l'antiterrorisme n'y peuvent rien : ce n'est pas en enfermant toujours plus leurs ennemis dans la figure du monstre, ni en multipliant contre eux les procédures judiciaires les plus démentes, que les démocraties occidentales retrouveront leur honneur perdu.

Collectif de Tarnac, Le Monde, 18 juillet

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Rêver en analyse
[dimanche 30 septembre 2012 - 19:00]
Psychanalyse
Couverture ouvrage
Cet art qu'est la psychanalyse : Rêver des rêves inrêvés et des cris interrompus
Éditeur : Editions d'Ithaque
192 pages / 26,60 € sur
Résumé : Dans un livre assez dépaysant, le psychiatre et psychanalyste américain Thomas H. Ogden présente et théorise sa pratique, qui est appuyée sur ses propres rêveries en séances. 
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Dans ce livre, Thomas Ogden présente Bion comme son auteur de référence. Bion déplore le caractère calcifié de la terminologie psychanalytique. Rejetant cette terminologie, il utilise à sa place des termes "dépourvus de signification" tels que les éléments alpha et bêta, parce qu’ils sont "non saturés par des emplois antérieurs"  . Rappelons que Bion invente une "fonction alpha" qui transforme les éléments bêta (qui sont des éléments bruts, par exemple des "impressions sensorielles brutes") en éléments alpha  , ceux-ci étant "rêvables "

Le livre d’Ogden illustre cette théorie bionienne selon laquelle il s’agit de transformer des éléments bruts en rêve ; du bêta en alpha, voire même du brutal en supportable, par exemple dans le cas des terreurs nocturnes des patients traumatisés, terreurs sans mots qu’il différencie avec acuité du cauchemar : bien qu’effrayant, le cauchemar relève encore du domaine du rêve.
Au cours des séances d’analyse, Ogden laisse émerger ses rêveries inconscientes, qui répondent aux élaborations du patient. "Les rêveries ne sont pas le produit du psychosoma de l’analyste seul, mais proviennent des inconscients combinés du patient et de l’analyste"  . Dans le récit de cas présenté à la page 36, la rêverie éveillée de l’analyste se mélange au fantasme de l’analysant. Créant néanmoins un peu de distance entre les deux partenaires du duo analytique, Ogden évoque le ""tiers analytique" intersubjectif" ou "sujet tiers inconscient"  . Mais issu des deux inconscients et des deux rêveries, il relève des deux partenaires, laissant quelque peu en peine le lecteur qui cherche en quoi, dans ce cas, il représente une tiercéïté…  Quoi qu’il en soit, il y a là une tentative de ne plus considérer que l’inconscient est individuel et "déjà là" pour plutôt le placer dans un "toujours à venir" et à créer, à l’instar du rêve et de la réalité psychique. Cette tentative s’inscrit dans une manière de penser assez contemporaine qui dépasse le cadre des frontières américaines. Cependant, d’autres points sont moins consensuels…

Dans le premier chapitre, Ogden présente quelques rappels de la méthodologie qu’il applique, et certains d’entre eux marquent des différences notables entre cette psychanalyse outre-Atlantique et les courants majoritaires de la psychanalyse française : "D’après mon expérience, si le patient ne sent pas (à des degrés de conscience plus ou moins importants) qu’il apprend à connaître son analyste, quelque chose manque au cœur de l’analyse : la relation analytique est devenue impersonnelle." Un analyste qui participe à la rêverie de son patient, et réciproquement, un analysant qui doit connaître son analyste ? Voilà qui résonne d'une manière inattendue aux oreilles du lecteur de psychanalyse française parfois surpris par des considérations nettement plus dures... . Souhaitant manifestement nous laisser espérer autre chose, Ogden poursuit plus loin (et nous émeut) en notant   que "L’invention d’une nouvelle forme de relation humaine est peut-être la contribution la plus remarquable de Freud à l’humanité."

Dans le second chapitre, Ogden répertorie les "valeurs qui soutiennent son travail"   et doivent selon lui fonder toute analyse. Au premier rang de celles-ci se trouve justement l’humanité.  Dans le sens de cette humanité à préserver, il mentionne qu’il est possible de faire quelques pas de côté par rapport à la cure-type : "un analyste reste toujours un analyste même lorsqu’il s’engage dans des formes de relation avec le patient qui ne relèvent pas de la "cure-type" -lorsque, par exemple, il rend visite à un patient gravement malade à l’hôpital (…) de telles interventions (…) ont constitué quelques-uns des événements les plus marquants d’une analyse (…) c’est parce qu’elles sont à la fois humaines et propices à un important travail psychologique (…)" .

Elen LE MéE
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Titre du livre : Cet art qu'est la psychanalyse : Rêver des rêves inrêvés et des cris interrompus
Auteur : Thomas H Ogden
Éditeur : Editions d'Ithaque
Nom du traducteur : Ana de Staal
Date de publication : 26/03/12
N° ISBN : 2916120289
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