Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Au diapason de la Conférence environnementale -sauver la biodiversité du territoire et réguler la bio-piraterie , la rentrée est prolixe en invitations à garder, finalement, l’esprit "au vert"… Annoncés ce mois de septembre en librairie : un Plaidoyer pour Les herbes folles : Laissez faire la nature ! et une injonction renouvelée : L'exigence de la réconciliation -Biodiversité et société- .
Les leçons ne manquent pas. Gare au Pensum. Où donner de la tête alors, pour sauvegarder en soi malgré tout un air vivifiant de vacances, synonymes parfois de "grandes migrations" ? Du côté des explorateurs du temps jadis, bouffée d’aventures au long cours garantie ! Merci au Sénat pour les fleurs et les livres de l’Orangerie : l’exposition d’automne dédiée aux explorateurs des Lumières dans le sillage de Bougainville , lancée la veille de la Conférence environnementale, célèbre d'honorables ... biopirates !
Autre temps, autres moeurs ? Voire…
Un copieux ouvrage édité par Omnibus en mars-avril 2012, d'ailleurs sur l'étal des livres placé dans l’Orangerie du Sénat le temps de cette exposition d'automne, est dédié à l’expédition de Lapérouse, missionné en 1785 par le roi Louis XVI, pour "un voyage de découverte". En l’occurrence, un aller sans retour et presque sans fin. L’énigme a fait long feu et cet ouvrage exhaustif entend la résoudre définitivement. "La Pérouse, nouveau Cook dont la mort est le secret des tempêtes" est parti de Brest le 1er août 1785 avec deux flûtes , nommées La Boussole et L'Astrolabe, hissant pavillon scientifique, pour repérer des territoires ayant échappé aux cartes de navigation connues, répertorier la faune et la flore mondiales, évidemment. Sa dernière lettre datée de mars 1788, parvenue à destination en plein "boom" révolutionnaire, figure in extenso dans cet ouvrage érudit qui ne se termine pas là pour autant. Dans le but de faire enfin la lumière sur la mythique expédition de Lapérouse, il rassemble pléthore de témoignages et de documents, tant posthumes que d’époque. Parmi lesquels, la lettre de mission "véritable" de l'Amiral Jean-François Galaup, comte de La Pérouse, à savoir : faire - "de conserve" comme disent les marins-, des recherches relatives aux sciences et au commerce .
Pour servir aux sciences… et au commerce !
"Des nouvelles de Lapérouse ?" se serait enquis Louis XVI au moment de poser sa tête sur le billot de la guillotine (1793). Rien d’étonnant, selon Dominique Le Brun présentant cette anthologie . Et pour cause : "L’aspect scientifique et humaniste de l’entreprise n’empêche pas les objectifs commerciaux et politiques, ceux-là plus secrets. Il s’agit d’établir l’inventaire des richesses naturelles exploitées : cultures vivrières et ressources forestières ; animaux domestiques intéressant pour leur chair, leur peau ou leur fourrure ; zones de pêche ou de chasse à la baleine". Partout où sa royale feuille de route l’enjoint d’aller, "Lapérouse doit avoir en tête quels échanges commerciaux et quelles associations seraient possibles, avec quels pays, en vue d’établir des comptoirs" . En attestent le Mémoire du roi pour servir d’instruction particulière au sieur Lapérouse versé au dossier que ce livre constitue, ainsi que le texte du Décret de l’Assemblée Constituante soucieuse, en 1791, de dépêcher à la rescousse des disparus deux autres vaisseaux du roi, baptisés Espérance et Recherche . Premiers d’une longue liste d’aventuriers galvanisés par cette fin mystérieuse…
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