La phrase

Il me semble qu’il y a aujourd’hui une confusion entre espace public et espace privé : les gens parlent des œuvres comme si elles étaient dans leur salon, chacun se croit chez soi face aux espaces de création. Or, le terrain de l’art doit permettre aux artistes de casser les choses, les démonter, les observer et les exposer autrement. L’opposition entre liberté de parole et liberté d’expression se répète un peu trop souvent, et je ne vois pas de limite à ce type d’actions.

Diane Ducruet au sujet son oeuvre censurée au Mois de la photo, Le Monde , 4 novembre 2014  

La plus féministe des philosophes et la plus philosophe des féministes
[vendredi 07 septembre 2012 - 08:00]

L’écrivaine et philosophe Françoise Collin est morte le 1er septembre. Née en 1928 en Belgique et résidant en France depuis 1982, elle est la première à avoir écrit sur Blanchot (Maurice Blanchot et la question de l’écriture, Gallimard, 1971) et l’une de celles qui ont œuvré à la diffusion en France de l’œuvre de Hannah Arendt, découverte dans les rayons d’une libraire américaine en 1983 (Ontologie et politique, Tierce, 1989 et Hannah Arendt, L’homme est-il devenu superflu ? Odile Jacob, 1999).
La plus féministe des philosophes, et la plus philosophe des féministes, épingle vaillamment l’antiféminisme dont ne sont pas exemptes les pensées levinassienne et derridienne du féminin. Elle est l’une des premières et l’une des seules à l’oser.
Cofondatrice de la première revue féministe francophone, Les cahiers du Grif (1973-1997), attentive à sauvegarder et promouvoir l’inventivité des femmes, elle publie les écrivaines et les penseuses les plus diverses (Barbara Cassin, Geneviève Fraisse, Françoise Héritier, Nancy Huston, Luce Irigaray, Sarah Kofman, Rosi Braidotti, Joan Scott, Monique Schneider, Gertrude Stein…) et analyse les œuvres des artistes et des cinéastes les plus contemporaines. L’intégralité des Cahiers du Grif est disponible en ligne sur le site de Persée.  
En 2000, Françoise Collin constitue, avec Eleni Varikas et Evelyne Pisier l’anthologie des textes philosophiques consacrés aux femmes de Platon à Derrida (réédition Dalloz, 2011). En 2005, elle codirige avec Pénélope Deutscher Repenser le politique. L’apport du féminisme (Campagne première), qui rassemble des textes anglophones d’auteures aussi diverses et cruciales que Judith Butler, Catharine MacKinnon ou Susan Moller Okin. En 2010, elle œuvre à la fondation de la Revue des femmes-philosophes de l’Unesco.
Jusqu’à la fin Françoise est demeurée d’une vigilance critique et d’une générosité hors pair. 

Sylvie DUVERGER
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3 commentaires

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Sylvie Duverger

12/09/12 15:59
Vous avez raison, il ne faut pas les oublier, mais les rééditer. Espérons que Le Seuil nous lise...
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marc dachy

11/09/12 18:22
erratum: mentionnés
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marc dachy

11/09/12 18:20
Il m'eût été agréable de voir mentionner ses romans : Rose qui peut, Le jour fabuleux, 331W20 Lection du Président, On dirait une ville.
Bien à vous.

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