La phrase

L'univers de mes livres s'est forgé à partir d'une réflexion sur l'apocalypse traversée par les humains durant le XXe siècle, dont ils ne se sont pas sortis et dont je crois à présent qu'ils ne se sortiront jamais. L'échec de la révolution, les génocides, la Shoah, les guerres permanentes, le péril nucléaire, les camps, sont une donnée fondamentale de l'histoire contemporaine. Les écrivains post-exotiques mettent en scène des personnages qui vivent à l'intérieur de la catastrophe et n'ont aucune raison d'imaginer qu'un extérieur existe.

Antoine Volodine, prix Médicis 2014, Entretien au Magazine littéraire, septembre 2010

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En France, le "vrai livre" résiste encore et toujours à l’envahisseur numérique
[vendredi 06 juillet 2012 - 16:00]

Non, le livre n’est pas mort ! Selon une étude du baromètre numérique REC+ (référence E-Content)  de l’institut Gfk (Gesellschaft für Konsimforschung, institut d'audit marketing et d'études de marché) parue mardi, 80% des Français ont acheté au moins un livre au cours des douze derniers mois. D’autre part, le "vrai livre", le livre en papier, est le bien culturel qui s’en sort le mieux face à la numérisation. Quitte à mettre la main à la poche, la majorité écrasante (98%) des acheteurs de livres préfèrent acquérir le support papier plutôt que le livre numérisé. Dans ce domaine, les Français font figure d’exception. Chez nos voisins anglo-saxons, les ventes d’e-book ont décollé depuis plusieurs années déjà ; en juin, aux Etats-Unis, les revenus générés par la vente d’e-books étaient pour la première fois supérieurs à ceux générés par les ventes papier.

A Paris, dans le métro, le train, le bus, les gens pianotent sur leurs smartphones, déplient des journaux gratuits ou des livres, mais il est encore difficile d’apercevoir les oiseaux rares qui lisent sur des tablettes numériques. Pour essayer de mieux comprendre cette réticence et les habitudes des lecteurs français, le MOTif, l’observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France, lance, en association avec le Medialab de Sciences Po, une enquête pour déterminer quels sont "les usages de lecture et d’achat de livres numériques en France". Accessible à tous, le questionnaire en 55 questions, assez fastidieux, prend le parti d’étudier tous les types de lecture numérique : quel support et quelle utilisation des liseuses ou ordinateurs, quel mode d’accès au contenu, quelle fréquence etc.

Cependant, l’étude Gfk précise tout de même qu’"en termes de volume [des ventes], les biens dématérialisés dépassent de loin les biens physiques", à 62% contre 38%, selon la répartition publiée par l'institut. Le même institut publiait en avril une étude selon laquelle les ventes de tablette devraient doubler cette année en France. Affaire à suivre.

Hélène VAVEAU
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1 commentaire

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Eve Nyle

09/11/12 15:11
Nantes-9.11.2012
L'article est un en soi qui souligne le fait que les gros éditeurs (80% concentrés en Ile de France pour les plus importants en C.A.- dont les groupes familiaux -Gallimard/rachat Flammarion, Hachette, Editis) comme les petits (environ un millier en France), se rassurent sur l'évolution de leur chiffre d'affaires y compris leurs réseaux de distribution/diffusion. Tant que la culture de l'écrit et du livre imprimé-quel que soit son format- sera prégnante dans les cultures latines ou les ex-pays coloniaux et colonisés, reposant sur le précepte "Verba Volent, Scripta manent", aucune réflexion d'ordre sociétale et économique dans le double sens du terme "économie" ne sera entamée: a) économie du livre : qu'est ce que le Livre? Format : codex? codec -multi-écrans- audio-livre, audio-visuel? Réponse: ce n'est qu'un support papier ou un affichage sur écran avec des sorties audio éventuelles. Nous sommes à l'heure des convergences de contenus. Voir édition Story Lab ou Volumiques, ou les oeuvredio n'est pas réservé aux seuls handicapés visuels!! Il fait une marge bénéficiaire de 6 à 12% aux Etats-Unis où la librairie en ligne Barnes et Nobles vend des livres audio depuis une dizaine d'années. La jetée oeuvre audio-visuelle de Chris Marker est elle un livre ou un film? La vraie question est: quel mode d'accès aux contenus du LIVRE au 21ème siècle.- b) l'industrie du livre : quel marché? Quelles techniques de marketing en dehors des Prix littéraires et autres, des Salons, des émissions radiodiffusées, télévisées ? QUel mode de promotion? Depuis l'invention des technologies diffusion /reproduction de masse, la culture n'est pas enclose dans un pré carré de distribution livres, disques, ou de représentation : théâtres, concerts. C'est l'économie des supports physiques de contenus qui est en train de s'éteindre depuis une trentaine d'années. Période de "crise du livre imprimé" qui a été marquée par la concentration éditioriale en Ile de France (80% des groupes), la naissance des digital native et l'explosion de l'usage et de l'appropriation de l'internet depuis 1995, année du Protocole IP. Durant la même période, d'autres supports de distribution de contenus -"culturels"- comme l'audio-cassette étaient produits par des éditeurs comme la Librairie des Femmes ou distribuaient par Radio France. Durant la même période, dans les années 1990, Gallimard et Flammarion créaient un Département multimédia et que la première édition en ligne (Cylibris) ouvrait son site. Pas ou peu de succès car la population visée était celle enclose dans le cercle "lecteur"et frais énormes pour des produits multimédia comme ceux de Gallimard qui figurent toujours dans son catalogue en ligne à Littérature générale. L'économie du livre du 21ème siècle est-elle une industrie culturelle de masse ou un marché restreint réservé à une élite ou à l'enseignement dans une économie basée sur la financiarisation.? Face à l'offre mondiale de produits culturels en ou hors ligne, aux politiques industrielles "verticales" des fournisseurs d'accès aux contenus comme les équipementiers classiques (Apple, Microsoft, Sony, Samsumg) ou en ligne comme les fournisseurs d'accès internet et telecoms ou des moteurs de recherche comme Google, qui lient supports de diffusion et accès aux contenus en créant des "librairies ou magasins en lignes", à des prix cassant le marché par des offres promotionnelles ou des abonnements liés aux supports de lectures pour les livres "numérisés et donc numériques", quel modèle économique de rayonnement culturel populaire et savant dans une économie où le pouvoir d'achat de la classe moyenne a été laminé depuis plus de 25 ans, où on note la montée de l'illetrisme dans les pays industrialisés? EN d'autres termes que pèse le contenu livresque face à la concurrence des autres produits culturels réellement conçus pour une diffusion en ligne interactive des produits audio au produits audio-visuels interactifs et multi-supports écrans, c'est à dire des produits conçus pour un format codec et non plus seulement au format codex? Que pèse le contenu livresque quand le produit "livre" est un objet discret sauf opération de marketing mondiale d'un succès comme Harry Potter, lié à un film et aux produits dérivés et aux réseaux sociaux d'amis d'amis? Que pèse l'influence des contenus livresques, quant on détruit des symbles de tolérance et de civilisation éclairée comme les manuscrits de Tombouctou? Eve Nyle, créatrice de littérature vocale multilmédia.?

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