La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L'Europe en butte à la finance
[mercredi 30 mai 2012 - 13:00]
Economie
Couverture ouvrage
Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire
Éditeur : Les Petits Matins
128 pages / 4,75 € sur
Résumé : Pour en finir avec le discours déresponsabilisant martelé par les lobbys financiers, répliques d’un élu écologiste devenu ministre, Pascal Canfin, dans un livre qui fourmille de contre-arguments.
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Depuis la crise financière des subprimes en 2008, puis celle des dettes souveraines européennes, commence à naître un consensus sur la nécessité de réguler la finance. En effet, depuis une vingtaine d'années celle-ci s'est largement détournée de son but premier : celui de financer l'économie réelle. Un certain nombre d'activités purement spéculatives se sont démultipliées, et se sont finalement avérées mortelles. C'est dans ce contexte de crise et cette optique de régulation que le député écologiste européen Pascal Canfin a écrit  ce livre intitulé Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire, paru début 2012.

Critique de la finance pure

Depuis le 17 mai 2012, Pascal Canfin est ministre délégué au développement, au ministère des affaires étrangères. Auparavant, l’auteur de ce livre a puisé ses contre-arguments aux lobbies financiers dans son expérience de député vert au parlement européen, où il siège depuis juin 2009. Quotidiennement, il a participé aux négociations des nouvelles lois visant à réglementer la finance à l’échelon communautaire. Malheureusement, a-t-il pu constater, leur mise en place est un combat de tous les jours. Non seulement une grande partie des politiques ne sont pas prêts à avancer sur ces questions, mais surtout, les acteurs financiers disposent de lobbies puissants dont le but est de contrer toute forme de régulation.

Dans ce livre, Pascal Canfin reprend un à un les principaux arguments de ces lobbies afin d'y apporter une contre-expertise. Ces arguments, on les entend tous les jours, "les banques n'ont rien coûté au contribuable", "si vous réglementez trop, on partira s'installer ailleurs". C'est avec habileté, simplicité et rigueur que Pascal Canfin répond à chacun de leurs arguments. Loin d'une critique unilatérale agressive, il dévoile derrière chaque argument, la part de vérité, ainsi que les omissions et détournements. Bien souvent, les arguments simplistes des lobbyistes ne résistent pas à une analyse approfondie. Pour ne citer qu'un exemple, lorsque la Société générale prétend qu'elle n'a rien coûté au contribuable français, c'est vrai. C'est en effet le contribuable américain qui a renfloué les caisses de cette banque après le choc de 2008, relève Pascal Canfin. Car la Société Générale s'était munie de nombreux titres d'assurance, auprès d'assureurs américains, contre ses actifs risqués. Lorsque ces actifs se sont avérés toxiques, ces mêmes assurances furent sauvées par l'Etat américain, et l'argent est parti des poches du contribuable vers celles de la Société Générale, que les compagnies d'assurance ont eu à dédommager  .

En matière de finance, de telles analyses font souvent défaut, laissant le champ libre aux décisions partiales des législateurs nationaux ou européens. Ce n'est pas le rôle des lobbies que d’en apporter. Ils n’ont d’autres missions que d’exposer leur point de vue –en fait, celui de leurs mandataires. Car rappelons-le, un lobby n'est pas l'incarnation de financiers requins, prêts à corrompre tout politique sur son passage par nature. Il s'agit de porte-parole. Ces derniers instillent la vision des banquiers sur la situation, dont les législateurs se saisissent. En pratique, les millions déployés pour qu’ils se fassent entendre confèrent à leurs arguments une visibilité difficilement égalable par tout autre acteur de l'économie ou de la société civile. Pascal Canfin lutte donc pour une reprise en main de la finance par le politique, mais aussi par le citoyen. "Sans démocratisation de la finance, nous assisterons à la financiarisation de la démocratie"  .

Mais cette reprise en main implique le débat, la controverse démocratique. En effet, si les banques ont leur part de responsabilité, certains choix politiques ont également favorisé l'explosion de la crise financière. Comme bien souvent, il s'agit donc d'une responsabilité partagée. La résolution des difficultés rencontrées doit également passer par le collectif, et donc le dialogue. Mais pour cela, il faut non seulement éclairer la responsabilité de la finance, mais il faut également que politiques et citoyens s'emparent des termes du débat.

Antonin COUTANT
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Titre du livre : Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire
Auteur : Pascal Canfin
Éditeur : Les Petits Matins
Date de publication : 20/04/12
N° ISBN : 2363830008
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