On retombe sur des structures finalement très classiques. Quand un acteur devient trop puissant ceux qui l’environnent cherche le soutien d’une puissance extérieure pour le contrebalancer. Les relations internationales restent et seront toujours mues par l’intérêt des Etats. Le pragmatisme a donc de l’avenir et la géopolitique classique, de beaux jours devant elle 
Gérard Chaliand, entretien à nonfiction.fr

On ne compte plus, depuis quelque temps, les livres expliquant les raisons du déclin de la compétitivité française, de la dégradation de la balance commerciale et de la disparition des emplois industriels, mais celui-ci procède d’une manière originale. L’auteur, qui a eu une longue carrière comme chef d’entreprise, a en effet eu l’idée de comparer avec l’aide d’un cabinet fiscal international les comptes de résultats de deux PME, française et allemande, opérant dans le même secteur d’activité et présentant ainsi des structures de coûts comparables. Les écarts qu’il met à jour sont extrêmement importants, tous en défaveur de la France, et ils ne laissent guère de doute sur la nécessité de prendre des mesures énergiques pour redresser la situation (même si les écarts en question mériteraient d’être confirmés sur d'autres exemples qui permettraient également de se faire une idée de leurs domaines de validité, en terme de secteurs, de taille d'entreprise, etc.).
La faute à la durée du travail et aux cotisations sociales
Pour un même chiffre d’affaires, en ayant reconstruit un compte de résultat pro forma pour l’entreprise allemande, l’auteur peut ainsi comparer le poids des différentes natures de charges. Il choisit d’aligner les salaires bruts moyens annuels malgré un écart constaté de 8% pour l’entreprise française, qu’il juge peu représentatif de la situation des deux pays . Il retient toutefois une durée du travail en horaires de base à temps plein (ne supportant donc pas de majorations pour heures supplémentaires) plus élevée en Allemagne de 9% et en déduit que l’entreprise allemande économise autant de salaires .
Il n’est pas certain que ce raisonnement soit à l’abri de toute critique, d’autant que l’auteur avait pris le soin de nous indiquer préalablement que les deux entreprises avaient une productivité comparable, avec le même chiffre d’affaires annuel par salarié, cela à 2,5% près en faveur de l’entreprise française . Le montant des salaires ainsi calculé a-il été recoupé avec les comptes réels de l’entreprise allemande ? Probablement. Mais ne retrouve-t-on pas alors tout simplement l’écart des salaires moyens signalé ci-dessus en faveur de l’entreprise française ? Et comment faire la part entre les heures et la rémunération horaire ?
Quoi qu’il en soit, l’écart sur le montant des salaires bruts représente ainsi près de 2 points de chiffre d’affaires en faveur de l’entreprise allemande. Cet écart s’accroît considérablement avec la prise en compte des charges patronales, puisque celles-ci se montent à 38,1% des salaires bruts pour l’entreprise française contre 16,6% seulement pour l’entreprise allemande, pour atteindre près de 7 points de chiffre d’affaires.
Les autres achats consistent principalement dans des achats de biens intermédiaires, d’énergie (de gaz) et de sous-traitance. Ils sont également inférieurs de 5% pour l’entreprise allemande, pour des raisons de plus forte concurrence, de distance et, à nouveau, de moindres charges sociales et fiscales (comme nous allons le voir). Et c’est également le cas des investissements industriels et donc des amortissements, qui en constituent la contrepartie au compte de résultat, notamment en raison de la force de l’Allemagne dans le domaine des équipements industriels. Ensemble, ils représentent ainsi à leur tour un écart de 3 points de chiffre d’affaires, toujours en faveur de l’entreprise allemande. A ce stade, celle-ci dégage ainsi un résultat de près de 10 points supérieur à son homologue, ce qui est tout à fait considérable.
1 commentaire
Cm
Mais ne fait pas apparaitre l'innovation, mieux financée par l'expansion en allemagne de l'est, pologne, la bonne image mondiale due a image qualité auto et machine, qui beneficie a tous les secteurs, et permet de vendre plus, meme si plus cher. Pourrait s'appeler competivité par l'innovation et la qualité percue.