Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Visite guidée du monde à la loupe des énergies...
[mardi 14 février 2012 - 10:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Atlas des énergies mondiales. Un développement équitable et propre est-il possible?
Bertrand Barré, Bernadette Mérenne-Schoumaker
Éditeur : Autrement
95 pages / 18.05 € sur
Résumé :  “Atlas des énergies mondiales”, c’est un vaste programme pour un si petit ouvrage. Particulièrement dense grâce à une maquette bien agencée, il donne, en moins de cent pages, des clefs de compréhension du sujet énergie.
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 Le premier chapitre fait office de remise à niveau en reprenant les notions de base du sujet. Il aborde les définitions essentielles comme celle de l’énergie, mais aussi les différences entre énergie “primaire”, “secondaire”, “finale”, et “utile”. Ces distinctions sont fondamentales pour éviter toute confusion (volontaire ou non) sur les chiffres. On se souvient par exemple du débat sur le nucléaire durant la présidentielle de 2007, où chacun avançait des pourcentages de production d’électricité à tort et à travers, et surtout sans commune mesure, pour conforter son point de vue  .

Révisions des notions de base
Ce chapitre présente également des éléments techniques sur les énergies renouvelables ou le transport de l’énergie. Ce dernier n’est pas à négliger : l’approvisionnement est un réel enjeu géostratégique et le deviendra d’autant plus avec la raréfaction des ressources fossiles. Les cartes sont particulièrement éloquentes. Celle du réseau électrique français   illustre par exemple le manque d’infrastructures en Bretagne, et explique le vif débat autour de la construction de nouvelles centrales à gaz. C’est surtout la carte des réseaux de gaz en Europe   qui retient l’attention. Le monopole des exportations russes est bien représenté, notamment avec le projet “Nord Stream “. On aperçoit aussi la tentative des européens de s’en affranchir avec le projet “Nabucco” acheminant des gaz d’Asie Centrale.

Ces éléments démontrent surtout que chaque pays doit composer son propre mix énergétique, c’est à dire une combinaison de différentes sources d’énergie la plus efficace en fonction de ses caractéristiques géographiques, physiques et politiques.
Dernière mise au point intéressante lorsqu’on aborde le sujet énergétique (et surtout de réduction de la consommation) : les concepts d’”ACV” (ˮAnalyse du Cycle de Vie”) et d’”énergie grise”. Cette dernière est trop souvent oubliée quand il s’agit de faire le bilan carbone des nouvelles technologies. Les auteurs donnent l’exemple des voitures actuelles : si elles consomment beaucoup moins de carburant (et émettent moins de Gaz à Effet de Serre -GES-) que leurs ancêtres, leur mise au point (conception, fabrication) fait exploser leur empreinte écologique.

Le second chapitre fait un point sur les principales sources d’énergie existantes : les ressources fossiles - ou “de stock”- conventionnelles ou non (pétrole, gaz, charbon), les sources renouvelables -ou “de flux”-, et le nucléaire. Pour chacune, il présente les avantages de leur exploitation et les problèmes posés.

Fossiles vs renouvelables, le match
Si le pétrole et le gaz se transportent plutôt bien pour une consommation lointaine, le charbon est lui principalement utilisé localement. L’historique de son exploitation est particulièrement intéressant. Mieux réparti à la surface du globe que les deux autres sources fossiles, il a été la ressource phare de la révolution industrielle. Associée aux terrils et aux corons, elle semble être l’énergie du passé, du moins pour l’Europe. En effet, le charbon reste la première source mondiale d’électricité et le spectaculaire développement de la Chine est assis sur ses ressources charbonnières. Ses mines (légales ou non) tournent à plein régime et ses réseaux routier et ferroviaire peinent à absorber le flux croissant du charbon vers les centrales électriques.
Le point sur les renouvelables est très pertinent. Souvent présentés comme la panacée, leurs avantages doivent être nuancés. Pour la biomasse comme pour l'hydraulique, le potentiel est énorme. Bien moins émettrices que les énergies fossiles, les renouvelables suscitent beaucoup d’espoir, mais éveillent surtout les convoitises. Le cas des agrocarburants est éloquent. En concurrence directe avec la production agricole alimentaire, car plus rentables, ils poussent les producteurs à la déforestation et annulent par là-même les bénéfices de leur utilisation. Les biocarburants de première génération joueraient ainsi un rôle certain dans la famine actuelle en Afrique de l’Est  .
Le message principal de ce chapitre est qu’il n’existe pas de solution miracle et encore moins d’énergie propre. Ainsi, une énergie renouvelable ne peut être considérée comme telle que “si elle se régénère dans les mêmes proportions qu’elle est utilisée”  .

Titre du livre : Atlas des énergies mondiales. Un développement équitable et propre est-il possible?
Auteur : Bertrand Barré, Bernadette Mérenne-Schoumaker
Éditeur : Autrement
Collection : Atlas/Monde
Date de publication : 06/04/11
N° ISBN : 2746714868
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