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Critique à nonfiction.fr/ étudiant

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Pari perdu ou pari impossible ?
[mardi 14 février 2012 - 00:00]
Russie
Couverture ouvrage
Gorbatchev, le pari perdu? De la perestroïka à l'implosion de l'URSS
Andreï Gratchev
Éditeur : Armand Colin
296 pages / 22.71 € sur
Résumé : Un livre prenant qui revient sur le rôle historique de M. Gorbatchev au crépuscule de la guerre froide et de l’URSS.
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Gorbatchev – un héritage controversé 

Dans le monde contemporain, vingt années après la fin de l'Union Soviétique que Vladimir Poutine a décrit comme la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle, peu de personnalités politiques sont vues avec un tel mélange d'animosité manifeste et d'admiration retenue que celles témoignées à l'égard de Mikhaïl Gorbatchev. Jusqu'à aujourd'hui, le dernier Secrétaire général du Comité Central (CC) du Parti Communiste de l’Union Soviétique (PCUS) apparaît comme une figure atypique et ambiguë, comme le dernier dirigeant d'un empire déchu dont il a accompagné la fin tragique. 

En réalité, la portée de l’action de Gorbatchev à la tête de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), puis son rôle politique plus marginal dans la Russie postsoviétique, restent difficile à apprécier. De manière évidente, cette appréciation tend à varier en fonction de si l’on se place dans un cadre domestique russe ou si l’on commente depuis l’étranger. De fait, si l’homme garde encore une immense aura dans le monde occidental, où il est associé à la libéralisation politique du bloc de l’Est et à la fin de la guerre froide, il reste majoritairement perçu en Russie comme le dirigeant qui a raté la transition. Il est l’homme qui n’a été capable ni de conserver les acquis soviétiques, ni de refonder une société nouvelle. Encore aujourd’hui, beaucoup de russes le placent à l’origine des difficiles années 1990 où la Russie est allée d’une crise à l’autre, incapable de défendre ses intérêts internationaux et inapte à réussir son propre développement économique. Un chiffre illustre, sans doute, le mieux ce sentiment de défiance domestique envers Gorbatchev. En 1996, lorsqu’il se présente aux élections présidentielles, il ne recueille que 0,51% des suffrages. Le score est évidemment dérisoire pour un homme qui a présidé pendant plusieurs années au destin de l’URSS. 

 

Pour bien appréhender le dernier ouvrage d’Andreï Gratchev, Gorbatchev, Le pari perdu ? De la perestroïka à l'implosion de l'URSS, cette longue introduction est un pré-requis nécessaire. Elle permet dés le départ de replacer la figure de Mikhaïl Gorbatchev dans un contexte particulier. Surtout, elle montre que la publication de cet ouvrage, mêlant habilement éléments biographiques et réflexions plus générales sur la fin de l’Union Soviétique, n’est pas anodine et s’inscrit dans un débat historique très vif où aucun consensus ne se dégage. La fin de l’URSS et, par extension, le rôle de Gorbatchev dans la fin de la guerre froide sont des évènements trop récents pour pouvoir être analysés sans susciter les exclamations et les controverses émotionnelles. Cependant, en apportant une quantité non négligeable d’informations nouvelles, notamment par le biais de nombreux entretiens originaux avec différents responsables soviétiques, Andreï Gratchev nous propose un livre qui apporte certains éclairages très intéressants.

Avant d'entamer le commentaire de l’ouvrage, il est également nécessaire d'insister sur le fait qu'A. Gratchev fut lui-même un officiel soviétique. Plus encore, il fut le conseiller et le dernier porte-parole de Gorbatchev. Evidemment, cette particularité impose certaines spécificités à l'étude, aussi bien du fait de la proximité entre l'auteur et son sujet de recherche que du fait que l'auteur lui-même apparaît comme l'un des témoins privilégiés de nombre des événements qu'il analyse. Avec ce livre, A. Gratchev présente donc sa version des événements avec la volonté sous-jacente de rétablir "sa" vérité sur la fin de l'Union Soviétique et sur la politique menée par l'équipe de Gorbatchev. Dans l’introduction, l’auteur s’oppose dés lors aussi bien aux "triomphalistes" occidentaux, théoriciens d’une guerre froide "gagnée" par les États-Unis, qu’aux critiques domestiques de Gorbatchev .

Titre du livre : Gorbatchev, le pari perdu? De la perestroïka à l'implosion de l'URSS
Auteur : Andreï Gratchev
Éditeur : Armand Colin
Titre original : Gorbachev's Gamble
Nom du traducteur : Monique Poirel et Jean Poirel
Collection : Comprendre le monde
Date de publication : 16/11/11
N° ISBN : 2200275064
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3 commentaires

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Петр

19/02/12 11:16
Talking about Gorbachev's not interested. Not the scale of the individual. A small, empty man, such as getting to the authorities. Could not do anything dropped everything and ran away. Not that traitor and a fool.
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fluctuat nec mergitur

18/02/12 13:47
Article intéressant qui éclaire rétrospectivement ce qui se passe dans la Russie actelle. Cela étant, permettez moi ue petite critique par rapport aux égards dûs à la merveilleuse langue française :..."En FONCTION DE SI L'ON SE PLACE etc..." J'avoue ne pas bien comprendre cette "clause" de style -si tel est le cas- moi pour qui le français est un butin de guerre qu'il faut jalousement défendre...
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MM

16/02/12 22:04
Merci pour cet article essentiel. Chacun pourra mieux comprendre le rôle de Mikhaïl Gorbatchev dans cette "catastrophe géopolitique". Un livre clé de voûte pour l'Histoire de l'espace russe ?

;-)

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