On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

La généralisation d’une étiquette environnementale multicritères, sur l’ensemble du cycle de vie des produits de grande consommation, alimentaires notamment, est encore en suspens. Là est le nœud du débat dont ce livre, publié à point nommé énumère les multiples aspects.
Sous le boisseau
Opportune lecture donc, que celle du premier titre de la collection "Débats du développement durable" des éditions T&O, dirigée par Anne-Marie Ducroux, présidente des conseillers environnement du CESE , pour qui souhaite embrasser les tenants et aboutissants d’une disposition réglementaire ambitieuse reportée sine die en France. Sa vocation : moins donner à savoir qu’à comprendre. S’il se garde de fustiger le report impromptu de la proposition d’étiquetage environnemental "actée" toutefois par les parties prenantes réunies en Grenelle de l’environnement , au moins, il ne manque pas de relayer leur étonnement de n’avoir pas été exaucées en la matière lors de la loi Grenelle2 .
Un poignard dans le dos d’une initiative célébrée par ailleurs comme exemplaire ! Et qui plus est, une entorse à la loi Grenelle1, votée le 3 août 2009, introduisant l'obligation, dès 2011, d'informer le consommateur sur les ''caractéristiques environnementales et sociales du couple produit/emballage, pour lui permettre de disposer d'une information complète et objective''. But originel : que l'impact environnemental et social d'un produit devienne un critère de choix pour le consommateur, au même titre que la qualité technique, ou gustative... Déjà, laissé à la libre appréciation des entreprises de le briguer ou pas, il y a trente ans, l’écolabel européen poursuivait exactement ce but : attirer les consommateurs massivement pour qu’ipso facto, les producteurs se convertissent tout aussi massivement à l’éco-conception et aux process verts. En réalité, l’évolution aujourd’hui encore en est à "l’arbre qui cache la forêt". "Le débat ne fait que commencer, note la préfacière, et c’est dans le double contexte de défiance et de sensibilité croissantes que prend place la perspective d’une nouvelle information environnementale sur les produits et services", avant d’inviter chacun à se faire sa propre opinion.
Sophie Fabregat compile dans cet ouvrage intitulé sobrement L’Etiquette environnementale en débat des données factuelles (poids de la consommation, de la distribution ; prémices de l’étiquetage écologique en France, et ailleurs ; état des lieux réglementaire, des méthodologies et des problèmes de vérification…). Elle y interviewe trois experts : Eric Labouze, concepteur d’un étiquetage environnemental pour l’enseigne Casino ; Philippe Joguet, porte-parole mitigé, presque réticent, de la FCD (fédération des entreprises du commerce et de la distribution) ; Christine Cros, de l’Afnor qui conjecture, avec l’Ademe, sur un Graal standard.
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