Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les féministes et DSK
[samedi 31 décembre 2011 - 12:00]
Féminisme, Politique sociale
Couverture ouvrage
Un troussage de domestique
Christine Delphy dir.
Éditeur : Syllepse
182 pages / 6,65 € sur
Résumé : Les réactions de l'affaire DSK passées à la loupe dans ce collectif féministe.
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Définition

La définition de l'expression un "troussage de domestique", reprise en titre par un collectif coordonné par Christine Delphy, est on ne peut plus claire. Péjorative et archaïque, elle décrit le fait d'avoir des relations sexuelles avec le personnel de maison. On se place donc du côté du "maître". Dans le langage commun, vulgairement dit, un troussage de domestique implique que l’homme "se tape la bonne". Les clichés ont la vie dure. C’est, en tous cas, la seule constatation possible devant la réaction de Jean-François Kahn qui estimait que le comportement de son ami Dominique Strauss-Kahn- accusé de tentative de viol sur une femme de chambre dans son hôtel new-yorkais en mai 2011-, n‘était pas si grave que cela.

Les symboles ont, eux aussi, toute leur importance. De nombreux politiciens, et politiciennes, ont pris la parole en publique pour défendre M. Strauss-Kahn. "Ce n'est pas son genre", "cela ne peut être qu'un complot", a-t-on entendu. Il est vrai qu'au beau milieu d'une échéance électorale, cela ne pouvait pas plus mal tomber. Comme si la position de M. Strauss-Kahn, en tant que favori du Parti socialiste à l'élection présidentielle 2012, avait été un bouclier. Mais cela va encore plus loin. C'est comme si un homme politique, cultivé et mondialement reconnu, de surcroît blanc, ne pouvait pas être coupable de tels faits.

Devant tant d’hypocrisie, les auteures du collectif coordonné par Christine Delphy, chercheuse au CNRS, posent des questions. Dès la préface, elles annoncent la couleur, sans mauvais jeu de mots. Le but du livre n'est pas de supplanter le verdict de la justice, c'est-à-dire de désigner un coupable, mais bien de montrer du doigt le sous-texte des réactions concernant l'affaire: "Le sujet de ce livre, c'est ce que l'immense majorité des réactions de nos "élites" disent de la société française, aujourd'hui en 2011."  . "L'affaire DSK" a en effet fait remonter à la surface un cadavre qui semblait avoir été relégué dans les limbes du passé : la permanence du sexisme en France, des préjugés racistes, sexistes et de la misogynie ambiante. Mais où étaient donc cachés ces faits ? Sous le poids du déni.

La culture du soupçon

Une vingtaine d'auteures- journalistes, politiciennes, avocates, bloggeuses, historiennes, chercheuses, professeures, toutes militantes féministes- ont donc participé à cet ouvrage. Les textes ont été réunis le 7 juillet 2011, bien avant le rendu du jugement. Ils décortiquent à la loupe l’ensemble des réactions autour de l’affaire. Et ce qui saute au yeux, en premier lieu, c’est le déni collectif au sein de la classe politique, mais aussi des médias.

Sur le viol tout d'abord, Christine Delphy rappelle quelques chiffres. Sur 75 000 cas dénombrés par an (car il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas dénoncés), 10 000 donnent lieu à une plainte, et 2000 seulement aboutissent à une condamnation. Les faits sont là : déni, soupçon et impunité se portent très bien ! Merci. Doit-on parler de l'affaire DSK comme d’une illustration de cette triste réalité (Le 22 août, le procureur Cyrus Vance a demandé au juge l'abandon de la procédure) ?

La chercheuse au CNRS montre également à quel point le discours qui entoure le viol est encore, au mieux, douteux et, au pire, une raison de plus donnée aux victimes pour se taire. Le viol n'est pas une question de pulsions, ni de beauté, ni un rapport sexuel "un peu violent", le viol "c'est la volonté de rabaisser, de détruire – psychiquement sinon physiquement- les femmes"  .

Si un viol est si difficile à dénoncer, c'est, d’abord, à cause du climat d'impunité qui l'entoure mais, surtout, à cause du soupçon qui pèse de manière générale sur les victimes, ce qui serait impensable pour d'autres formes de crimes. Sabine Lambert introduit un autre niveau de lecture dans son texte : "Bienvenue chez les pas chez nous, pas chez nous" . Le viol, dans l'inconscient collectif, a une couleur et une origine. Le violeur ne peut être de chez nous, le sexisme cela existe chez les autres. C'est aussi ce que dénonce Clémentine Autain dans le sien : "Dans notre imaginaire, le violeur se recrute plutôt dans les catégories populaires. Les tournantes se passent en banlieue, avec des jeunes garçons arabo-musulmans. Pas dans les hôtels de luxe, avec des super-diplômés richissimes."  . Les médias ont bien illustré les propos de la classe politique, qui s'est, pour le coup, montrée très solidaire, y compris à droite (On retiendra, par exemple, les propos de Christine Boutin décrivant DSK comme étant "vigoureux"   ). Un déni collectif s'est donc opéré et pas que dans la classe politique ! L'affaire DSK a envahi toutes les discussions, au travail, à l'école, dans la rue avec autant de gens pour défendre l’homme que pour le mettre à terre.

Titre du livre : Un troussage de domestique
Auteur : Christine Delphy dir.
Éditeur : Syllepse
Collection : Nouvelles questions féministes
Date de publication : 01/09/11
N° ISBN : 2849503282
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9 commentaires

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Rossignol

20/01/12 19:58
Madame Fatima, que faites-vous en France avec des idées pareilles, Charia? Evoluez SVP. Comment punir un écrivain qui fait son travail de critique? C'est ridicule voyons.
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Fatma

20/01/12 19:54
Pour info le livre est interdit à Dubaï. Cet écrivain arabe est un mécréant et il devrait être traduit dans une cour de justice pratiquant la Charia.
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Bentley

20/01/12 19:51
J'ai acheté ce livre qui a eu une bonne critique. Il est drôle et très bien documenté. L'auteur a vécu aux Emirats et il connait la mentalité. En le lisant, je réalise que les droits de la femme sont totalement baffoués à Dubaï, qui est pourant la capitale la plus moderne et avant-gardiste du Golfe et qui a supplanté Beyrouth. Mais l'écrivain critique aussi le capitalisme à outrance pratiqué à Dubaï. Ce qui me plait c'est qu'il décrit Dubaï, vu de l'intérieur et non pas d'une perspective occidentale. Je recommande ce livre.
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Adriana

20/01/12 19:45
Ce que la femme de ménage du Sofitel a vécu n'est probablement rien en comparaison des sévices que subissent (chaque jour) les femmes dans le monde arabe. Un livre vient de sortir sur Dubaï qui décrit et fustige la manière dont la femme est traitée au Moyen-Orient. Dans le livre Dubaï, la rançon du succès, l'écrivain, d'origine arabe, lui-même, décrit avec brio la vie des femmes dans cet Emirat pourtant moder. Cela vous fait frissonnnner...
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JacquesBolo

07/01/12 14:16
On peut aussi dire que la preuve est faite que DSK est bien marxiste, puisqu'il se tape la bonne!

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