On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

L’éthique environnementale a longtemps eu mauvaise presse en France. L’histoire de la réception critique de ce champ de recherche philosophique qui s’est formé en Amérique du Nord dans le courant des années 1970 pourrait se raconter sous la forme d'une chronique des partis pris polémiques et des imprécations tonitruantes à quoi elle s'est malheureusement limitée dans une large mesure au cours des deux dernières décennies. Nous sommes aujourd’hui incontestablement passés à une autre étape de la réception de ce courant philosophique. C’est ainsi que se sont multipliées ces dernières années les publications de qualité portant directement sur l’élucidation des différentes thèses défendues par les théoriciens d’éthique environnementale, ou intégrant des considérations issues de l’éthique environnementale pour l’élaboration d’une problématique originale .
L’essai de Raphaël Mathevet (écologue et géographe, chercheur au CNRS) vise à s’inscrire dans cette lignée de travaux, en proposant à la discussion un nouveau concept – celui de solidarité écologique – autour duquel toute la réflexion s’organise. Disons-le d’emblée : la tentative ne nous paraît pas constituer une réussite, à la fois sous le rapport de l’usage qui est fait des thèses issues du courant d’éthique environnementale (et de celles qui ont été élaborées par d’autres penseurs, auxquelles il est également fait référence dans l’ouvrage) dans la logique desquelles l’auteur n’entre pas assez pour leur restituer leur intelligibilité ; et sous le rapport de la thèse originale qui est défendue, laquelle nous paraît manquer de cohérence interne.
Qui trop embrasse mal étreint
Un regard rapide sur la bibliographie des travaux cités au cours de l’ouvrage inquiète déjà le lecteur , non pas tant en raison de son abondance qu’en raison du caractère très hétéroclite des références. Lorsque les noms de Bruno Latour, d’Arne Naess, de Hans Jonas, d’Aldo Leopold, de Bryan Norton, de Philippe Descola, d’Augustin Berque, de Gaston Bachelard, d’Isabelle Stengers, d’Ulrich Beck, de Léon Bourgeois, de John Dewey, de Michel Serres, d’Elisée Reclus, de Jean-Pierre Dupuy et de Kinji Imanishi se côtoient, force est de s’interroger sur la nature du projet qui est conduit. Soit l’objectif est de présenter pour elles-mêmes les idées avancées par ces différents auteurs, en travaillant à en dégager la signification du point de vue de la philosophie de l’environnement, et dans ce cas il est manifeste que les 206 pages que compte au total l’ouvrage n’y suffiront pas ; soit l’objectif est de réaliser une improbable synthèse entre ces différentes sources, et dans ce cas il faut s’attendre à ce que l’ouvrage n’ait pas de cohérence théorique.
1 commentaire
Sale homme !
Salam, Shalom, sale homme!
Voilà de quoi faire sauter le train-train du discours quotidien...
Sale homme, ce n'est pas, forcément un homme sale
Monsieur Propre peut être un sale homme
http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/sale-homme/
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