On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Le 1er janvier 2000, le Journal officiel publie une annonce. Celle de la création de l’Association pour le développement de l’histoire culturelle (ADHC). Chaque année, cette association organise un colloque durant lequel, outre le point sur l’association, des interventions sont programmées sur tel ou tel point de l’histoire culturelle ou tel ou tel point en débat dans le cadre précité. Compte tenu de ce qu’était et représentait l’histoire culturelle à l’époque, chacune de ces interventions avait et a désormais encore un double rôle : alimenter les débats et prouver l’existence de l’histoire culturelle tout en l’exposant dans des conférences constamment renouvelées. Non seulement, elles font exister l’histoire culturelle, mais elles en pointent annuellement l’essor.
Une décennie a donc passé. Il était temps de faire le point et de présenter au public motivé les contributions qui ont circulé durant ce temps. Le lecteur trouve ainsi, rassemblées sous le titre générique d’histoire culturelle (Cultural History ou Culture History, chez nos voisins), les conférences et la plupart des tables rondes suivies par les participants, par ailleurs, en général publiées dans le bulletin annuel de l’association. Les thèmes vont des médias à l’histoire sociale, de la médiologie aux lieux de mémoire, de l’imaginaire du social à l’histoire du sensible. Mais surtout, au niveau problématique, l’orientation globale se distribue entre histoire du passé et histoire du contemporain, laissant entendre par là que la culture se déploie à toute époque, et d’ailleurs sous les deux formes de la médiation et de la création.
Pour élargir encore le débat, il est bon de signaler au lecteur que cette question d’une histoire culturelle, attentive aux imaginaires, aux représentations sociales et aux constructions médiatiques, a eu du mal à s’imposer au sein même de la corporation des historiens, et non moins au cœur des conceptions de l’histoire du grand public, souvent encore enfermées dans une histoire des batailles, des héros et des successions chronologiques. Il a par conséquent fallu déployer des trésors d’imagination pour imposer progressivement cette discipline, si on peut la nommer ainsi. Désormais elle a pignon sur rue, se trouve présente aux journées de l’histoire de Blois, et fait l’objet de nombreuses publications dont il est important de rappeler au moins quatre d’entre elles :
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