On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Christian Felber, écrivain autrichien issu du mouvement altermondialiste, expose dans un avant-propos les fondements de son modèle : l'économie citoyenne. Les crises récentes du capitalisme démontrent pour lui la nécessité de trouver des alternatives à l’économie de marché libérale. Ces crises, explique-t-il, sont liées entre elles et ont la même origine : le cadre incitatif de notre système économique dont l’objectif suprême est de faire fructifier le capital financier et non de servir l’intérêt général. Partant de cette analyse, l'auteur plaide pour l'instauration d'un modèle de société alternatif basé sur la recherche du bien commun et la coopération.
Le modèle de l’économie citoyenne, élaboré avec une vingtaine de chefs d’entreprise d’Attac, vise à poser les "valeurs de départ" d’un large débat, poursuit-t-il. Ce modèle a également pour objectif de contribuer à constituer un cadre plus fécond pour les multiples approches mondiales de l’économie solidaire, précise-t-il encore, car face à la crise que nous connaissons, "les entreprises solidaires et orientées vers l’intérêt commun (…) ont besoin d’un ordre économique adapté à leurs objectifs" (p.15).
L’ "économie citoyenne" repose sur une inversion de la structure incitative du système économique actuel, fondée sur la quête du profit et la concurrence. L’auteur souligne la brutalité des comportements induits par l’économie capitaliste de marché dont la logique favorise l’égoïsme, et propose d’aller vers un modèle qui s'appuierait sur des valeurs sociales essentielles telles que la dignité, la solidarité ou encore la confiance.
Définir le bien commun
L’auteur décrit ensuite point par point les différentes composantes de son modèle. Celui-ci s’appuie en premier lieu sur une redéfinition de la réussite de l’entreprise, à laquelle il s’agit de donner un nouvel objectif : la recherche de l’intérêt général. Dans ce modèle, ce n’est plus lorsqu’elle aura obtenu d’importants profits financiers qu’une entreprise aura réussi, mais lorsqu’elle aura contribué, autant qu’elle le peut, au "bien commun". Le bilan financier devient secondaire et les bénéfices des entreprises contraints à certaines utilisations, notamment : investissements, redistribution aux collaborateurs et crédits sans intérêts aux partenaires.
Que recouvre exactement cette idée de bien commun que l'entreprise s'engagerait à favoriser ? Celle-ci serait préalablement définie par une convention dotée d’une légitimité démocratique et chargée notamment de déterminer de nouveaux indicateurs de réussite économique.
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