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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Où est le tsunami ? par Vincenç Navarro
[samedi 03 décembre 2011 - 19:00]
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Nous reproduisons ici, avec l'aimable autorisation de Publico.es, l'article de Vincenç Navarro, politologue et économiste, professeur à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, paru dans la section "Dominio Publico", daté du 24 novembre 2011,  traduit par Maxime Jacquet.
 

Les grandes instances de l’establishment politico-médiatique espagnol n’ont pas pleinement conscience du degré de mécontentent de la majorité de la population à l’égard de la classe politique. L’une des expressions utilisées par le mouvement du 15-M   pour exprimer son désaccord avec les politiques publiques hautement impopulaires votées à la majorité pendant les années de crise aux Cortes de notre pays (et dans plusieurs parlements régionaux), est que lesdits politiques « ne nous représentent pas », leitmotiv qui jouit d’une immense sympathie au sein de la population. Les enquêtes d’opinion montrent que la classe politique est devenue l’un des problèmes majeurs en Espagne.

Cette désaffection des institutions politiques naît, en partie, de la nature peu représentative du Parlement, résultat d’un système électoral peu représentatif lui aussi, fait que les élections du 20-N ont parfaitement illustré.

L’interprétation la plus répandue dans les principaux médias espagnols est que la population a basculé vers la droite, accordant massivement ses faveurs au parti conservateur. Cela permet à ces mêmes médias d’affirmer qu’il existe un vaste soutien aux propositions électorales du PP, lesquelles visent en priorité à raboter largement les dépenses publiques. Pendant sa campagne, Rajoy a annoncé que, mises à part les retraites, aucun autre poste du budget n’échapperait aux réductions des dépenses publiques.

La victoire du PP est donc présentée comme une victoire écrasante, très souvent qualifiée de tsunami. Pour prouver l’existence de ce tsunami, on présente la carte électorale de l’Espagne recouverte de bleu, couleur du PP, à l’exception de la Catalogne et du Pays Basque. Ce tsunami est également présenté comme un mandat pour mener des politiques d’austérité.  D’ailleurs, en Catalogne, la victoire de CiU a aussi été présentée comme une adhésion massive de la part du peuple catalan aux politiques de coupe budgétaire qu’a réalisées ce parti au sein du gouvernement autonome.

Toutes ces interprétations ignorent la faible qualité démocratique du système électoral espagnol. Regardons les chiffres de plus près. Le PP n’a obtenu que 30 % des votes du corps électoral, c’est-à-dire, de tous les espagnols adultes en droit de voter. Cela signifie que 70 % des électeurs n’a pas voté pour le PP. Il est donc faux d’affirmer que le peuple espagnol, qui inclut, en plus des électeurs du PP, les abstentionnistes et les partisans d’autres sensibilités politiques, a donné son aval au PP et à ses politiques d’austérité. La grande majorité du peuple espagnol n’a pas voté pour le PP et n’appuie pas ses politiques.

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