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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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EXCLUSIF- "L'électorat de gauche ne se trompera pas". Interview de Pierre Moscovici
[vendredi 02 décembre 2011 - 09:00]
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"Pas juste des efforts mais des efforts justes", "la cohérence", "la vérité", "la justice", "le redressement du pays"… Pierre Moscovici maîtrise les éléments de langage censés donner une stature présidentielle à François Hollande. Il durcit même le ton contre Nicolas Sarkozy et sa politique d’insécurisation : "nous ne le lâcherons pas." Alors que François Hollande a rencontré hier les auteurs du Plaidoyer pour une gauche populaire, Pierre Moscovici veut montrer la détermination du candidat à renouer avec les classes populaires et sa grande sérénité face au combat politique qui s'ouvre. Explications exclusives pour nonfiction.fr de sa stratégie de campagne.

 

 

Nonfiction.fr- Pierre Moscovici, commençons par évoquer un instant la primaire, ce moment politique particulier. Selon vous, est-ce que la victoire de François Hollande et la défaite de Martine Aubry résultent d’une bonne campagne du premier, qui a su faire preuve de charisme, ou est-ce que cela relève de structures sociologiques plus profondes, qui disent quelque chose sur la base électorale de la gauche ?

Pierre Moscovici- Sans doute les deux. Je pense que François Hollande a emporté la primaire parce qu’il a su gagner sa liberté et poser un certain nombre d’actes sur ses priorités, qui n’ont pas varié. Très tôt, il s’est emparé du thème de la jeunesse, très tôt, il s’est emparé du thème de l’éducation et de la cause de la jeunesse, très tôt, il a mis en avant la réforme fiscale, très tôt, il a expliqué que les temps étaient difficiles et qu’il faudrait faire des efforts. Pas juste des efforts mais des efforts justes. Je crois en effet que c’est cette liberté- qui n’est pas une distance, puisqu’il a été premier secrétaire du PS pendant onze ans- par rapport aux jeux et enjeux d’appareil qui lui a donné cette force et lui a permis de nouer un lien direct avec les Français. Quand Dominique Strauss-Kahn est sorti du jeu, François Hollande, qui avait su se poser en outsider et avait affirmé sa détermination à être candidat quoi qu’il arrive, est devenu le favori. Il a su rassembler autour de lui, c’est ainsi que des gens comme moi l’ont rejoint. Il a su ouvrir sincèrement ses équipes à ceux qui l’ont choisi alors et ne l’avaient pas soutenu initialement, puisque je suis aujourd’hui son directeur de campagne sans avoir été un de ses partisans de la première heure. Ensuite, il a évidemment tenu le choc. Il a nettement gagné cette primaire parce qu’il a montré qu’il avait l’esprit délié, la "présidentialité" la plus forte, et parce qu’il était davantage préparé que d’autres, alors que la première secrétaire, Martine Aubry, est partie plus tard, même si elle n’a pas fait une mauvaise campagne. Maintenant, il est le leader.

Deuxièmement, François Hollande a tenu un langage à la fois de vérité et de gauche. Il n’a pas caché aux Français la difficulté de la situation, il n’a pas cherché à les séduire par je ne sais quelle promesse. Il a tout de suite dit : "Si nous l’emportons, nous réduirons les déficits publics dans ce pays. La dette est l’ennemie de la gauche. Se désendetter, c’est un enjeu de souveraineté. Il faut retrouver des marges de manœuvre pour agir, financer les services publics etc". C’est donc la première fois qu’un discours mendésiste, un discours de vérité, l’emporte dans une compétition interne au PS, où les confrontations sont d’habitude propices à la surenchère. Cela dit effectivement beaucoup sur l’électorat de la gauche, sur sa lucidité et sa disponibilité pour affronter une période difficile. De la même façon, le débat sur le nucléaire a été structurant dans la primaire, comme il l’est dans la présidentielle. Martine Aubry avait proposé la sortie du nucléaire, François Hollande a revendiqué la fin du tout-nucléaire, ce qui est différent, mais aussi l’attachement à la pérennité de cette énergie. Je crois en effet que c’est un choix très identitaire, la sociologie du vote l’est aussi. J’observe d’ailleurs de manière paradoxale qu’on disait Martine Aubry "plus à gauche" et qu’elle a réalisé ses meilleurs scores dans les centres-villes. François Hollande était plus fort sans doute dans la ruralité et la "France profonde", comme on dit, mais aussi dans les quartiers populaires et ouvriers.

 

"L’électorat de gauche ne se trompera pas. Entre Sarkozy et Hollande, il ne manquera pas une voix, que ce soit celles de Mélenchon, Joly ou les autres."

 

Nonfiction.fr- N’y a-t-il pas un décalage entre cet électorat de la primaire sensible à ce discours mendésiste, de centre-gauche, peut-être social-démocrate, mais somme toute relativement restreint, et l’électorat de la gauche à l’élection présidentielle ?

Pierre Moscovici- "Mendésiste" ne veut pas dire "centre-gauche", mais "social-démocrate" sans doute. Trois millions de votants, c’est un échantillon très large. François Hollande a fait 56%, et même un peu plus, Martine Aubry a fait presque 44%, et le PS s’est rassemblé. Tous les électeurs de la primaire seront derrière François Hollande. J’irai même plus loin : tous les électorats de gauche seront derrière lui, la plus grande partie au premier tour, et la totalité au second tour. J’avoue que les attaques portées par les uns et les autres me laissent de ce point de vue là assez indifférent. L’électorat de gauche ne se trompera pas. Entre Sarkozy et Hollande, il ne manquera pas une voix, que ce soit celles de Mélenchon, Joly ou les autres. En revanche, ce n’est pas leur rôle de participer à discréditer le principal candidat de la gauche, celui qui sera au second tour. Qu’ils utilisent plutôt leur énergie et leur talent face à la droite ! Je n’ai donc pas d’angoisse sur le rassemblement de la gauche. François Hollande ne s’est pas déplacé sur une aile, mais il a occupé ce qui est aujourd’hui le centre de la gauche – et non le centre-gauche. Il n’est pas centriste de gauche, mais central à gauche. Ce qui est sensiblement différent.

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9 commentaires

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Kracauer

08/12/11 08:18
Adieu M. Moscovici!
Je ne voterai en aucun cas pour François Hollande:
l'homme qui osa dire à la tribune d'un congrès du PS que les socialistes devaient rester fidèles à leur valeurs à condition d'en changer le contenu. Reconnaissons-lui, il l'a dit, il le fait !
l'homme qui s'est assis sur le vote des français de 2005 et qui ne le regrette pas. Pourquoi faire confiance à quelqu’un qui a démontré son mépris du vote majoritaire, pourquoi ne recommencerait-il pas ?
l’homme qui nous annonce que nous allons devoir souffrir plus encore pour rassurer une minorité aux privilèges (inadmissibles et scandaleux) desquels il ne s'attaquera pas ;
l'homme qui se précipita (avec quelques autres) à l'ambassade américaine pour s'excuser de la politique indépendante de la France et de son refus de participer à la guerre contre l'Irak;
l'homme qui est pour la règle la plus imbécile qui soit : la règle d'or
l'homme qui est pour le contrôle préalable des budgets, la gouvernance économique au détriment de la souveraineté des Etats et de leurs parlements.
l'homme qui ne proteste pas que l'on remplace autoritairement les premiers ministres d'Etats démocratiques par des fondés de pouvoir de la banque Goldman Sachs laquelle peut aussi nommer l'un des siens à la tête de la BCE...
l'homme qui en est rendu à consulter quelques intellectuels pour savoir comment reconquérir une base populaire - pour mieux la tromper sans doute?
l'homme – royal, n’est-ce pas ? Plus royal que Ségolène !- qui annonce son élection avant même que les électeurs en aient décidé, qui refuse le débat sur les questions fondamentales d'une vraie politique de gauche et sur la stratégie de reconquête de nos pouvoirs perdus...
Non, je ne voterai pas pour François Hollande quoiqu'il arrive, les compromissions avec les "sapeurs Camembert" de la dette c'est fini!
Je vote Front de gauche non par dépit mais convaincu qu'il faut en découdre avec l'ultra libéralisme et tous ceux qui le ménagent, convaincu que se sont nos libertés, nos droits fondamentaux qui se jouent dans cette ultime bataille, convaincu de son urgence à l’heure où la puissance financière détruit la légitimité politique avec d’autant plus de facilité que des hommes comme François Hollande annonce qu’ils se soumettront et se rendront à leurs conditions.
Mettez-vous bien ça dans la tête M. Moscovici : la bataille du premier tour vous ne l’avez pas encore gagné parce que nous savons que si vous la gagnez, c’est nous qui perdrons le peu qui nous reste ;
Adieu donc !

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giloute

04/12/11 23:54
Au lieu de taper sur Sarko, défends et flatte le projet PS-Hollande, c'est plus constructif et percutant.
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Jean Marie B.

03/12/11 18:02
Ce monde est fou, la France dérape dangereusement vers le gouffre de l’incompétence irresponsable, les citoyens politiques nous considèrent comme des débiles profonds.
Les tricheurs du congrès de Reims engagent sans complexe la dynamique vers l'échec de François Hollande, sans doute avec le secret espoir de porter Aubry vers une victoire aux législatives et en faire une première ministre, il existe un problème majeur à ce calcul, le soutiens des sympathisants se porte sur François pas sur le PS et ses candidats auto-désignés. Ce type de soutient est moralement incompatible.
Le point d'orgue de cette journée est sans nul doute l'annonce sans complexe du viol de DSK par Nafissatou et en plus elle lui a volé son portable.
Ça c'est de la politique propre nette...Au secours François nettoie le temple avant que les citoyens ne décident de le faire. Mes copains socs me disaient encore hier, "la seul chance de changement viendra de l’extérieur, l’intérieur est vérolé"
Le barrage à Sarkozy doit se faire, il est sans doute trop tard pour trop réfléchir, mais il n'est pas trop tard pour demander aux Premiers fédéraux de changer les délégués.
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MG

03/12/11 15:59
Pierre Moscovici, qui apprécie la loire LRU, c'est bien le même ou c'est un autre Pierre Moscovici ?

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Anonyme

03/12/11 15:58
" François Hollande était plus fort sans doute dans la ruralité et la "France profonde", comme on dit, mais aussi dans les quartiers populaires et ouvriers."

Are you joking Pierre ? Wanna look at the maps ?

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