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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Le XXIe siècle pourra-t-il être agricole ?
[lundi 21 novembre 2011 - 16:00]
Agriculture
Couverture ouvrage
Pour des agricultures écologiquement intensives
Michel Griffon
Éditeur : L'Aube
112 pages
Résumé : Michel Griffon propose une synthèse de sa réflexion d'agronome et d'économiste sur l'avenir de l'agriculture à l'heure du nouvel âge écologique.  
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Le texte de Michel Griffon dresse un panorama des enjeux que devra relever l’agriculture pour le XXIème siècle, en esquisse les réponses et les conditions nécessaires au succès. Il reprend pour l’essentiel une leçon inaugurale à l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers et fait suite aux nombreux essais parus sur le thème "nourrir le monde" depuis 2006. Michel Griffon présente ici la synthèse d’une réflexion d’agronome et d’économiste, qui s’est prolongée dans le débat du Grenelle de l’Environnement et s’est cristallisée dans le terme d’ "agriculture écologiquement intensive" et à "haute valeur environnementale".

Le texte, facile d’accès, est construit en trois parties. La première présente "la problématique agricole du présent et du passé". La deuxième propose "une nouvelle technologie écologiquement intensive pour les territoires", et enfin, la troisième esquisse les nouvelles politiques agricoles qui se doivent d’accompagner le changement.

Michel Griffon commence par nous rappeler que la question de l’alimentation de la population a toujours été centrale dans l’histoire de l’humanité. Cependant, il déplore qu’elle fût mise de côté ces dernières années, car voici qu’elle resurgit avec plus de force, et à plus grande échelle. Ainsi, pour faire face au défi des neuf milliards de personnes à nourrir en 2050, il appelle à une nouvelle révolution technique. Il compare l’effort à effectuer, avec celui qui a bouleversé les campagnes à partir des années 1930, marquant autant la reconstruction de l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale, que la Révolution Verte en Asie et en Afrique dans les années 1970 (p.15-16). Prenant acte des crises de surproduction et des "externalités négatives" (dégradations de l’environnement), l’auteur propose de faire plus, et mieux, c’est-à-dire d’augmenter la production en consommant moins (d’intrants, de carburant…). "Partout dans le monde, les agricultures sont confrontées à une mutation de leur contexte mais avec des équations différentes en termes de contraintes et d’opportunités" (p.22).

Pour résoudre cette équation, cette nouvelle technologie doit reposer sur "l’utilisation intensive des mécanismes écologiques naturels des écosystèmes" (p.28). Elle doit répondre à quatre variables (quantitative, qualitative, répondre à des "services écologiques" et permettre l’adaptation au changement climatique). Cette technologie – qui assurera autant la gestion de la biodiversité et l’entretien des paysages que la production d’agrocarburants –, nécessitera une agriculture et un élevage "très intensifs en connaissances techniques et en gestion des interactions entre les différents utilisateurs des écosystèmes. (…). Tout cela fait, entre autres, que ce nouveau type d’agriculture ne pourra s’instaurer qu’avec des politiques publiques d’appui" (p.66).

Afin d’imaginer des politiques fortes d’accompagnement, l’auteur nous propose une réflexion prospective mondiale et à long terme, qui "s’impose sur le court terme pour la définition des politiques" (p.69). Pour l’Europe, les objectifs à suivre seraient : "dans le respect des engagements à l’OMC, [produire] des biens alimentaires, énergétiques et destinés à la chimie verte. D’abord pour la couverture des besoins européens, mais aussi pour participer aux exportations nécessitées par l’importation de la demande mondiale. (…). Le tout en convergeant autant que nécessaire vers des niveaux de compétitivité compatibles avec ceux du marché mondial, en visant autant que possible des conditions de qualité exemplaires, en protégeant les spécificités des produits, des méthodes de production et des origines européennes, en maintenant une agriculture familiale d’entreprise en particulier dans les régions fragiles, en assurant aux producteurs un revenu stable et une distribution équitable, et en demandant aux producteurs d’assurer la responsabilité de la gestion viable des écosystèmes qu’ils contrôlent" (p.98).

Titre du livre : Pour des agricultures écologiquement intensives
Auteur : Michel Griffon
Éditeur : L'Aube
Collection : Monde en cours
Date de publication : 25/02/10
N° ISBN : 9782815900294
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