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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Notre langue, notre identité, par Ferran Mascarell
[samedi 19 novembre 2011 - 13:01]
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Nous reproduisons ici, avec l'aimable autorisation de Publico.es, l'article de Ferran Mascarell , conseiller chargé de la culture auprès de la Generalitat de Catalogne, paru dans la section "Dominio Publico", daté du 20 septembre 2011,  traduit par Maxime Jacquet.

Público m’invite à livrer mes réflexions sur le débat linguistique suscité par la décision d’imposer par voie de justice des modifications dans le système éducatif catalan  . Je le fais tout en sachant qu’il sera difficile de vous faire comprendre notre réalité. Les préjugés ancrés chez beaucoup d’Espagnols sont si nombreux que l’on peut douter qu’il soit utile d’exposer une fois de plus les raisons qui nous poussent, d’une part, à vouloir que la catalan continue d’être une langue vivante et une langue d’avenir, et d’autre part, à défendre, malgré les réticences du gouvernement espagnol, le droit des  Aranais de maintenir en vie leur séculaire langue occitane  , que nous considérons comme telle. Face à cela, je dois avouer que nous sommes nombreux, nous, Catalans, à ne pas comprendre les raisons pour lesquelles dans le reste de l’Espagne, certains refusent d’accepter pour la Catalogne   ce qui, dans leur cas particulier, leur semblerait être un droit qui ne peut, en aucun cas, être remis en cause. Imaginez-vous leur réaction si l’on voulait décider à leur place de l’organisation de leur système linguistique ? C’est proprement impensable. Ils auraient raison de ne pas accepter qu’on leur dise comment organiser ce système nerveux fondamental dans la construction de leur identité personnelle et collective. Dans notre cas, les choses sont très claires depuis que nous avons pu décider comment protéger notre langue historique – le catalan – et comment garantir l’apprentissage  du castillan – la langue de beaucoup de ceux qui ont construit leur vie en Catalogne. C’est dans l’enceinte de notre Parlament   que nous sommes parvenus à un accord, en nous appuyant sur un très large consensus social. C’est ce que l’on a appelé l’immersion linguistique, grâce à laquelle nous avons pu garantir l’apprentissage du catalan et du castillan, la cohésion de tous au sein d’une mêle communauté, indépendamment des origines, et la liberté de chacun dans l’usage quotidien de la langue.

Croyez-moi : nous sommes une majorité de Catalans à ne pas comprendre l’intérêt qu’un tiers pourrait avoir à vouloir rompre un modèle construit de manière aussi démocratique et pédagogique. Nous, Catalans, aimons notre langue de la même façon que vous chérissez la vôtre. Mais nous aimons également le castillan, que nous apprenons et utilisons parfois autant, ou plus, que notre propre langue. Peut-être devrais-je rappeler que le catalan est, lui aussi, une langue millénaire, transmise de génération en génération, malgré les divers outrages qu’il a pu subir au cours de l’histoire, jusqu’à aujourd’hui. C’est une langue connue, à travers ses différentes modalités  , par plus de 25 % de la population espagnole, et qui constitue la neuvième langue la plus parlée au sein de l’Union Européenne. Le catalan est la langue des Catalans, et personne ne devrait souhaiter qu’elle cesse de l’être, à l’image de la langue de tous les Espagnols, si l’on interprète la Constitution stricto sensu.

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