Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Débat pluraliste et critique sur le développement de la société technoscientifique
[mardi 01 novembre 2011 - 12:00]
Bioéthique, génétique, biologie.
Couverture ouvrage
Traité de bioéthique. I-Fondements, Principes, Repères
Emmanuel Hirsch (dir.)
Éditeur : Erès
762 pages / 18,53 € sur
Résumé : Un ouvrage collectif dont les contributeurs livrent les acquis de leur réflexion et de leur expérience afin de contribuer à la construction d’une bioéthique ambitieuse.
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Publié sous la direction du professeur Emmanuel Hirsch, cet ouvrage est le premier des trois tomes composant le Traité de bioéthique, réédition refondue, actualisée et augmentée de l’ouvrage Ethique, médecine et société, (Vuibert, 2007).

Une conception large de la bioéthique

D’une part, le domaine des activités auxquelles l’étude s’applique est des plus larges ; la bioéthique est dans cet ouvrage considérée comme une réflexion sur la protection de l’humain (et plus particulièrement de sa dignité), chaque fois qu’il se trouve dans une situation de vulnérabilité, que ce soit face aux techniques biomédicales, à la recherche scientifique, dans le cadre d’une relation de soin et plus largement face aux risques de santé publique. La réflexion dépasse même ces jalons lorsque sont étudiés, par exemple, les aspects éthiques de l’expérimentation animale (p. 370-381) ou la question de la brevetabilité du vivant (p. 343-354). D’autre part, l’approche se veut pluridisciplinaire et refuse de se limiter aux seuls discours scientifiques et techniques en ayant largement recours à l’analyse des sciences humaines. Les contributions qui composent le traité ont été portées par 170 auteurs (65 pour le premier tome) aux champs de compétences les plus divers. Ils sont notamment médecins, philosophes, historiens, juristes, sociologues, anthropologues, psychanalystes, physiciens, économistes, représentants d’associations de malades. Autant d’approches complémentaires qui permettent d’avoir une vue variée et des plus complètes sur les questions bioéthiques.

Une réflexion au cœur de l’actualité

La plupart des contributeurs n’ont pas manqué d’inscrire leur analyse au cœur des préoccupations les plus actuelles. On citera, notamment, les études dédiées à la récente et polémique vaccination contre la grippe A (H1N1), les développements fréquents relatifs au principe de précaution ou encore ceux dédiés aux nanosciences. En outre, la publication de cet ouvrage ayant coïncidé avec l’élaboration des travaux parlementaires de la seconde révision de la loi relative à la bioéthique, récemment entrée en vigueur, certains auteurs n’ont pas manqué d’en souligner les enjeux.

Une étude richement détaillée

Il est assez difficile de résumer la multitude de contributions aussi différentes et personnelles que nombreuses, dont les thèmes se recoupent parfois. A cet égard, on observera que la forme collective de cet ouvrage lui fait perdre en didactique, ce qu’il gagne quant à la profondeur des réflexions qui y sont menées. Les contributions prennent des formes et des contenus très variés ; la liberté qui semble avoir été laissée aux contributeurs du Traité de bioéthique fait de celui-ci, à notre avis, un ouvrage de grande qualité invitant à la réflexion, qui, s’il est à la hauteur du dessein affiché “de contribuer à des choix démocratiques” en mettant “à la disposition d’un large public certaines des données essentielles du questionnement bioéthique” (présentation d’E. Hirsch, p.15), n’est pas pour autant un ouvrage de vulgarisation.

Fondements, principes, repères

Le premier tome s’organise autour de ce triptyque, qui constitue une classification sommaire, parfois un peu artificielle, mais l’intérêt réside dans chacune des contributions.

La première partie, Fondements, se livre tout d’abord à l’étude du processus de construction de l’éthique médicale et biomédicale ainsi qu’à une analyse de la justification et du sens d’une telle réflexion aujourd’hui. Ainsi, est abordé le rôle fondateur des principes contenus dans le fameux serment d’Hippocrate (A. Debru, p. 59-69). C’est dans ce corpus que l’éthique médicale plonge sans nul doute ses racines les plus profondes qui en demeurent encore aujourd’hui un fondement essentiel. Néanmoins, et malgré la permanence de la validité de certains engagements hippocratiques, le questionnement éthique a dû faire face aux nouvelles possibilités d’intervention sur le vivant. L. Benaroyo (p. 95-106) revient sur le processus de renouvellement éthique, initié dès les années 1960, qui a accompagné l’essor des biotechnologies. L’auteur souligne notamment l’importance des travaux de la commission Belmont et l’impulsion de chercheurs en sciences sociales tels que Warren T. Reich (Encyclopedia of Bioethics, 1978) ainsi que de Tom Beauchamp et James Childress (Principles of biomedical ethics, 1979) dans la formulation des “valeurs phares de la bioéthique nord-américaine naissante” (p. 101).

Plusieurs contributions se livrent ensuite à une analyse des concepts (vulnérabilité, “prendre soins”), des sources (éthique, valeurs, morale, déontologie) ainsi que des principes majeurs (responsabilité, autonomie, confiance, transparence) qui sous-tendent la réflexion bioéthique.

Titre du livre : Traité de bioéthique. I-Fondements, Principes, Repères
Auteur : Emmanuel Hirsch (dir.)
Éditeur : Erès
Collection : Espace Ethique
Date de publication : 02/12/10
N° ISBN : 2749213053
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