On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Coordonné par l’association VECAM , l’ouvrage collectif Libres savoirs, les biens communs de la connaissance réunit vingt-six contributions écrites par trente auteurs vivant sur tous les continents autour de la problématique du partage des ressources et de la mise en commun des savoirs à l’aube du XXIe siècle.
Études inédites et articles de référence, pour une approche transversale
Le grand mérite de cette publication est, pour le lecteur qui souhaite s’initier à ces questions, comme pour celui qui voudrait en approfondir certaines, d’offrir un panorama d’études inédites et d’articles de référence pour la première fois traduits en français. L’approche est transversale, multipliant les coups de projecteur sur des secteurs aussi divers que l’agriculture, la santé, l’éducation, la génétique, la culture, la science, l’internet, l’industrie du logiciel... Il en ressort un ensemble d’expériences foisonnantes, articulées entre elles par les enjeux qu’elles partagent, notamment juridiques, philosophiques, pragmatiques et communicationnels. La perspective du temps long, historique, côtoie celle de l’actualité.
Dans le cadre de cette note de lecture, j’ai choisi de privilégier quelques thèmes et problèmes plutôt qu’une présentation exhaustive, par article et dans l’ordre du sommaire. J’adopte une double formule de notation des sources. Soit j’indique le(s) auteur(s) et le titre complet de l’article lorsque j’y consacre un paragraphe conséquent, soit je me limite au numéro de page, lorsque je puise une idée ou une citation ponctuelle. Pour les lecteurs intéressés par le sommaire complet de l’ouvrage, je renvoie à l’adresse suivante : http://cfeditions.com/libresSavoirs
La définition des « communs »
Les « communs » sont des ressources que les communautés humaines sont susceptibles de partager pour entreprendre une action, pour développer ou jouir d’un service, d’un produit, d’une liberté. Le mot à peser dans cette première définition est « susceptibles », car ces « communs » susceptibles de partage sont tout autant susceptibles de privatisation, d’exploitation marchande unilatérale ou de contrôle par un pouvoir centralisé. Il y a toujours une tension entre le « jardin enclos » et le « parc public » (p.163), entre « mon site » et « notre bien commun » (p.167). D’où « la double nature des communs » (p.49), entre enclosure et ouverture.
D’où, aussi, la définition que propose Charlotte Hess : « Les communs sont des ressources partagées par un groupe de personnes et qui sont vulnérables aux dégradations et aux enclosures. Cette définition présente quatre composantes : elle met l’accent sur la relation entre les ressources et un groupe, une “communauté” ; elle désigne le partage comme étant le modus operandi ; elle souligne que la vitalité des ressources communes est fragile ; et qu’il existe une compétition pour leur usage et appropriation. Elle implique également la nécessité d’intégrer la protection et la durabilité des communs dans le choix de règles et de décisions sur leur usage et leur appropriation. »
Auteur : Association Vecam (ouvrage collectif)
Éditeur : C & F Editions
Date de publication : 28/10/11
N° ISBN : 978-2-915825-06-0
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