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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Le Printemps arabe à la lumière de la révolution iranienne… et retour
[lundi 10 octobre 2011 - 06:00]
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Les formes prises par le Printemps arabe et les doutes entretenus quant à son devenir ne sont pas sans rappeler à la mémoire un événement décisif de l’histoire du monde musulman contemporain : la révolution islamique qui mit un terme au règne du Shah d’Iran en 1979. Farhad Khosrokhavar, directeur d’étude à l’EHESS, spécialiste de l’Islam en Europe et de l’Iran contemporain, est l’auteur d’un livre à paraître aux Etats-Unis sur les nouveaux mouvements démocratiques dans le monde musulman. Il revient dans cet entretien sur la grille de lecture que peut représenter la révolution iranienne pour la compréhension des révolutions arabes de 2011, mais aussi sur les jeux d’aller-retour susceptibles de marquer l’avenir plus ou moins proche des mondes arabe et perse.

Nonfiction.fr - Jusqu’à très peu de temps avant leur chute, les régimes arabes qui ont été renversés ces derniers mois ont été soutenus par l’Occident : peut-on expliquer ce soutien dans les mêmes termes que le soutien au Shah ?

Farhad Khosrokhavar - Oui, on peut en un sens faire un parallèle, puisque le Shah défendait les intérêts de l’Occident en assurant aussi bien la stabilité du régime que celle de la région.  Il a par exemple apporté un soutien décisif au sultan Qabus, le roi pro-occidental  d’Oman qui était assailli par des groupes révolutionnaires . Le Shah était un élément de stabilité pour l’exploitation et le transport du pétrole, en plus d’acheter pour des milliards de dollars d’équipement aux américains. Et n’oublions pas que c’était avant la chute du Mur et de l’Union Soviétique : le soutien au Chah faisait partie de la défense du monde occidental contre le monde soviétique. Depuis les Tsars, les Russes avaient toujours perçu l’Iran comme le dernier maillon pour accéder aux mers chaudes  ; à l’inverse, pour les Occidentaux, l’Iran était le rempart qui empêchait cet accès. Jusqu’au dernier moment, le Chah a donc été perçu comme un allié indéfectible de l’Occident, même si à la fin il commençait à avoir des exigences et à donner des leçons.

De même Moubarak, Ben Ali et un certain nombre d’autres ont été des soutiens importants de l’Occident – et surtout des Etats-Unis – dans l’alliance implicite pour préserver un certain nombre de chose. D’abord, la sécurité d’Israël : l’Egypte jouait le jeu américain contre le Hamas, l’Iran et le Hezbollah libanais, et d’une manière générale, l’ensemble des gouvernants des pays du Golfe soutenaient cette politique, sauf bien-sûr la Syrie et le Hezbollah au Liban. Le second point d’entente de ces pays-là avec l’Occident était celui du transfert du pétrole : tous étaient d’accord pour soutenir l’Occident contre d’éventuels dangers provenant d’Iran, d’Al-Qaida, etc. susceptibles de mettre en péril cet approvisionnement. Le troisième point d’entente, c’était la lutte contre le terrorisme islamiste. Sur toutes ces questions, Moubarak notamment était perçu comme un allié fidèle. C’est la raison pour laquelle, quand Obama a décidé de se détacher de lui parce que la rue bougeait et qu’il ne pouvait plus faire autrement, deux pays sont intervenus pour l’en dissuader: l’Arabie Saoudite et Israël. Tous deux voulaient garder Moubarak en raison de leur intérêt commun dans l’alliance avec l’Occident. Pour Bel Ali, les choses étaient un peu différentes, puisqu’il ne jouait pas le même rôle : il dirigeait un pays de 10 millions d’habitants en Afrique du Nord, c’est-à-dire dans un territoire qui n’est pas d’un intérêt géo-stratégique vital pour l’Occident : son importance était donc de loin inférieure à celle de Moubarak et de l’Egypte, le plus grand pays arabe avec 80 millions d’habitants, jouxtant Israël et le territoire de Gaza, qui est aussi le lieu où, par le canal de Suez, beaucoup de chosent transitent. Et on voit bien aujourd’hui que le départ de Moubarak a remis en cause beaucoup de choses.

En Iran, le départ du Shah a déclenché une tempête beaucoup plus dévastatrice que les troubles qui font suite au départ de Moubarak, parce que nous vivons dans un monde non-bipolaire en comparaison du monde bipolaire dans lequel a eu lieu la révolution de 1979. Il a rendu possible un certain nombre de choses qui auraient été beaucoup plus difficile avec sa présence, comme l’invasion par l’Union Soviétique de l’Afghanistan en 1980. L’année 1979 est une année cruciale pendant laquelle la région est profondément déstabilisée : pour prendre un autre exemple, c’est aussi l’année de l’attaque de la Grande Mosquée de La Mecque par un groupe d’islamistes opposés à la dynastie des Al-Saoud en raison de leur politique pro-occidentale, qui ont été délogés quelques jours plus tard par un escadron de la gendarmerie française.

Aujourd’hui, quoique dans une moindre mesure, on assiste aussi à une déstabilisation de la région. L’alliance entre Israël, l’Arabie Saoudite et l’Egypte, qui maintenait la région dans une forme de stabilité perçue comme extrêmement répressive par les populations, est désormais profondément remise en cause : on voit combien Israël et les Etats-Unis sont sur la défensive, car les militaires égyptiens ne peuvent plus réprimer les contestataires aussi facilement que sous Moubarak. On voit bien que la contestation contre les Israéliens et à la faveur des Palestiniens a désormais un sens qui ne se réduit plus à l’opposition entre la démocratie et la non-démocratie comme voulait le faire percevoir Israël. Géo-stratégiquement, la région n’est plus ce qu’elle était, et l’attitude de l’armée égyptienne qui remet en force l’état d’alerte en est un signe évident. On le constate aussi en regardant du côté de la Turquie : sans la révolution arabe, ses visées hégémoniques régionales n’auraient pas eu le même sort. Il y a peu,  lors d’une visite au Caire, Erdogan a été reçu par un accueil triomphal, et la fraternité palestinienne, arabe, égyptienne et turque a été l’un des slogans les plus fréquents. Symétriquement, la distanciation de la Turquie par rapport à Israël est aussi en partie liée au Printemps arabe et au changement de la donne. Mais le changement de la géostratégie de la région n’est pas seulement du côté des pays pro-occidentaux : le rôle de la Syrie est aussi remis en cause. Le régime syrien ne tombe pas parce que c’est un régime ultra-répressif et que les contestataires malheureusement n’ont pas d’armes – ils sont pour la non-violence, mais il est extrêmement difficile d’avoir gain de cause face à un régime mafieux – mais même s’il est loin de tomber, il a été fortement ébranlé par le Printemps arabe, ce qui peut isoler davantage un pays comme l’Iran.

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2 commentaires

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arthur

11/01/12 21:13
bonjour!
je ne peux m empecher de demander l avis des spécialistes des relations entre la République francaise et la Reépiublique dIran: n y a t ilpas des sièclesde connivences, comme le rappelait dès 1988 leministre iranien des Affaires étrangèeres et du pétrole:lkes choses étaient encore simples! - qui rapportait que lesrelations avec lea Grande Bretagne étaient grevés de contentieux (...)alors qu avec la France,il n y en aurait pas historiquement parlant.

le ton de mr Juppé relèverait-il plus de ses ambitions personnelles que d une véritableintelligenvce des rapports fondamentaiux entre l Iran et la France.

Merci
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20/12/11 18:11
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