Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Décarbonisons la société !
[jeudi 22 septembre 2011 - 11:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Changer le monde: Tout un programme !
Jean-Marc Jancovici
Éditeur : Calmann-Lévy
242 pages / 18 € sur
Résumé : Une nouvelle alerte sur les changements de comportement vis-à-vis des énergies fossiles qu’il conviendra d’opérer dans les prochaines décennies.
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Le défi de la "décarbonisation" de l’économie que J.-M. Jancovici nous présente est de taille : il ne s’agit de rien de moins, en termes clairs, que de gérer le passage de l’énergie abondante et facile d’emploi à des substituts plus difficiles à utiliser. En un mot, les contraintes sur l’approvisionnement énergétique futur conduisent à envisager une diminution drastique de notre consommation quotidienne d’énergies fossiles.

L’objectif est d’autant plus difficile à atteindre que l’énergie est l’unité de compte de la transformation du monde ; dans nos économies contemporaines, la "production" des richesses n’est pour l’essentiel qu’une transformation de ressources naturelles. De ce point de vue, le PIB ne rend qu’imparfaitement compte de ce processus, dans la mesure où l’essentiel de nos productions marchandes dépend de l’approvisionnement énergétique. Si l’on se contente de considérer que l’énergie ne pèse que 4% du PIB, alors, souligne l’auteur, on "ne peut pas rendre compte des processus qui apparaissent en cas de tension physique sur l’approvisionnement énergétique"  .

Les développements économiques permis par l’énergie à bas prix permettent d’expliquer les changements historiques survenus dans notre mode d’alimentation, notre style de vie, notre organisation territoriale, et bien d’autres choses, comme le rappelle l’auteur. "A l’échelle de quelques siècles, le "lecture énergétique" du monde rend donc logiques la fin de l’esclavage, la désertification des campagnes européennes et américaines, la mondialisation, l’étalement urbain et le pavillon pour tous, les mégapoles cosmopolites, la grande distribution, l’apparition puis la hausse de la durée des congés payés, l’informatique pour tous, les voyages de retraités à travers le monde, la baisse du temps de travail et les forfaits pour portable à 20 euros par mois"  . Jean-Marc Jancovici précise son argumentaire en prenant moult exemples pour appuyer sa démonstration, allant du bœuf au logement en passant par la question du divorce. Ainsi, il illustre son propos en faisant remarquer que "pour disposer d’un kilo de bœuf dans une assiette, il faut auparavant avoir utilisé un kilo de pétrole et de gaz ! Avoir un steak-frites tous les midis à la cantine, c’est bien le signe de la profusion pétro-gazière…"  

La finitude de ces ressources, fait souvent négligé par les économistes, permet d’expliquer le formidable développement économique vécu depuis huit générations, mais également les périodes de crise économique. Ainsi, le déroulement des crises économiques depuis le milieu des années 1970 suit toujours à peu près le même schéma : "l’économie physique ne peut pas suivre l’économie financière qui a parié sur une croissance excédant les possibilités physiques futures du monde, et le système se régule à grands coups de récession et de crises financières ou monétaires"  . L’auteur en fait la démonstration en prenant pour exemple la crise des subprimes : l’économie américaine construite sur un modèle d’abondance énergétique a produit un instrument, la titrisation, dont le développement a conduit à exagérer l’offre de crédits. Or, l’absence d’augmentation réelle de la production entre 2005 et 2008 a engendré une crise énergétique, suivie d’une crise économique et financière. L’auteur annonce même, quelques mois avant la crise boursière d’août 2011, qu’une "nouvelle récession durable est très probable entre 2012 et 2014"  .

Titre du livre : Changer le monde: Tout un programme !
Auteur : Jean-Marc Jancovici
Éditeur : Calmann-Lévy
Date de publication : 04/05/11
N° ISBN : 2702142141
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