On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

L’Occupation que la France a connue entre 1940 et 1944/1945 demeure un épisode douloureux de l’histoire nationale. Ses résonances, tant par le prisme de sa mémoire, que par le biais de son histoire, nourrissent, encore aujourd’hui, de très nombreux débats passionnés dans la vie publique du pays.
Ce Dictionnaire de la France sous l’Occupation est destiné à un large public. Il présente les principaux éléments de cette période troublée que furent les " années noires ". Son objet est cependant plus large qu’une simple succession de notices, dans la mesure où ses deux premières parties ((" L’Occupation en questions " et " Temps forts ".) retracent le contexte général de la période et répondent à une série de questions toujours d’actualité sur l’Occupation.
Cet ouvrage est l’œuvre de deux spécialistes de l’histoire de l’Occupation. Éric Alary est agrégé et docteur en histoire, professeur de khâgne et chercheur associé au centre d’histoire de Sciences-Po. Il est notamment l’auteur de L’Exode oublié paru en 2010. Bénédicte Vergez-Chaignon est également docteur en histoire. Elle a récemment publié une Histoire de l’épuration chez Larousse.
Un outil de travail pratique…
Cet ouvrage se présente en trois parties. La principale est le dictionnaire qui décline ses notices en un peu plus de 300 pages. Y sont présentés par ordre alphabétique les principaux faits (10 juillet 1940, l’exode, débarquement de Normandie, …), lieux (le Mont Valérien, Montoire, Sigmaringen, …), les acteurs, tant individuels (Pierre Laval, les époux Aubrac, Fernand Brinon, …) que collectifs (la France libre, les catholiques, les collaborationnistes, …). Une attention toute particulière est apportée à la vie quotidienne des Français sous l’Occupation (manifestations de ménagères, hiver, queue, rutabaga, …) et à leur vie culturelle, avec des entrées dédiées aux intellectuels, aux chansons telles le Chant des partisans ou Maréchal, nous voilà, à la radio ou encore à la presse. Enfin, la mémoire de cette période n’est pas négligée. Le lecteur appréciera la présence de notices consacrées au Chagrin et la Pitié, à l’ouvrage de Robert O. Paxton La France de Vichy ou encore aux " Vichysto-résistants ".
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