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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L'autre Violette
[jeudi 25 août 2011 - 23:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Violette Morris. Histoire d’une scandaleuse
Marie-Josèphe Bonnet
Éditeur : Perrin
377 pages / 21,85 € sur
Résumé : Sportive exceptionnelle, lesbienne assumée, transsexuelle et rebelle, puis criminelle et enfin collaborationniste : la vie de Violette Morris tient du roman. Dans cette biographie inégale, Marie-Josèphe Bonnet s’efforce de discuter la légende noire qui ne voit en Violette Morris que la " hyène de la Gestapo ".
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C’est devenu un lieu commun de l’écrire : la biographie a retrouvé ces dernières années un peu de légitimité scientifique en histoire  ) . Cette reconquête, qui tient plus de l’avancée à couvert et progressive que du Blitz, touche inégalement les spécialités de la discipline. Très marquée en histoire politique, elle affecte désormais l’histoire économique et même l’histoire sociale.

Mais il demeure des poches d’ultime résistance. L’histoire du genre ressemble, à cet égard, à un village d’irréductibles Gaulois. Cela tient à ce que le genre a mis longtemps à être reconnu en France comme un critérium pertinent en sciences sociales. Dans notre pays, les historiens ont, en particulier, regardé longtemps avec scepticisme une démarche consistant pourtant à " dénaturaliser les identités et les rapports de genre ", c’est-à-dire… à faire moins d’anthropologie et plus d’histoire !

On comprend dès lors que les spécialistes du genre répugnent en France à retrouver le chemin de la biographie, c’est-à-dire d’un genre dont le " sérieux " est encore contesté, ça et là. Pourquoi remettre en cause une dignité scientifique si péniblement acquise ? D’autant que le risque n’est pas négligeable de verser dans la téléologie ou l’histoire sainte, en particulier quand on s’attache à de grandes figures de l’émancipation féminine par exemple.

Une vie très singulière

Marie-Josèphe Bonnet, dont les travaux sur l’homosexualité féminine et ses représentations sont bien connus   , ne risquait pas a priori de tomber dans l’empathie militante en écrivant une biographie de Violette Morris (1893-1944). De cette dernière, le public cultivé connaît surtout l’engagement dans la collaboration. Les rares publications contemporaines qui évoquent Violette Morris la décrivent invariablement comme une " tortionnaire ", une " fanatique " pro-nazie, et rappellent qu’elle aurait été surnommée " la hyène de la Gestapo  ".
Les deux tiers du livre de Marie-Josèphe Bonnet  sont certes consacrés au collaborationnisme de Violette Nozière et à sa mort énigmatique. Mais l’ouvrage rappelle aussi ce que le personnage avait d’exceptionnel en sa triple marginalité : athlète de haut niveau qui poussa les murs du sport au féminin et remit en cause l’idée d’une supériorité physique du corps masculin sur le corps féminin ; lesbienne affichée, dans ce Paris de l’Entre-deux-guerres où sembla un temps régner, il est vrai, une forme de " tolérance " inédite pour les amours de même sexe  ; collaborationniste enfin, alors que seule une minorité de Français souhaita réellement " la victoire de l’Allemagne .

Titre du livre : Violette Morris. Histoire d’une scandaleuse
Auteur : Marie-Josèphe Bonnet
Éditeur : Perrin
Collection : Biographies
Date de publication : 10/03/11
N° ISBN : 2262035571
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