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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Elections au Bengale (5) : Epilogue
[vendredi 08 juillet 2011 - 13:00]
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S’agirait-il désormais de nier l’exception communiste indienne et son attachement aux valeurs démocratiques, célébrant la chute définitive de la dictature "rouge" dont le Bengale occidental aurait été le théâtre ? L’Inde, en tout état de cause, a été bien prompte à associer l’idéologie communiste aux "errements" de son Etat du Bengale occidental : elle nie des réalisations importantes auquel le Front des gauches présida, tandis qu’elle n’accorde guère de publicité au modèle socio-économique auquel le PCI(M) kéralais se flatte avec raison d’avoir contribué. Il est vrai que le Parti marxiste bengali a su attirer une ire à la mesure des éloges qu’il recueillit jadis. Pour preuve, les défaites électorales de l’ancien Chief Minister Buddhadeb Bhattacharjee et de 25 de ses ministres (notamment les ministres des finances Asim Dasgupta, de l’industrie Nirupam Sen ou du logement Gautam Deb, lequel semblait pourtant jouir d’une popularité et d’une verve qui redonnèrent de l’élan à la campagne communiste).

Serait-ce que l’AITC serait en mesure d’offrir à l’Etat un gouvernement au-dessus de tout soupçon ? On note que 69 représentants du Trinamool Congress à l’Assemblée législative de l’Etat font l’objet de poursuites judiciaires.  

Le PCI(M), contrairement aux autres formations politiques indiennes, envisage avec sérieux des données importantes, notamment les quelques cas d’enrichissement suspect ou le comportement de ses cadres qui, tous, se doivent de revenir à une vie sobre. C’est là une donnée importante qui fait écho aux scandales de corruption qui frappent l’Inde de façon récurrente. D’autres signalent que le Bengale fut, durant trente-quatre années, l’objet d’un verrouillage tel que l’information eût bien du mal à filtrer. Ils soulignent l’énorme spéculation immobilière – dans la New Town ou Rajarhat Gopalpur située dans la banlieue de Kolkata (district des North 24 Parganas)   –, des paysans bien avant les événements de Singur et Nandigram ayant été privés de leur terre, tandis qu’ils ne percevaient qu’une maigre compensation.

Il est de bonne guerre d’user de stratagèmes ou de quolibets durant une campagne électorale. Et la victoire de celle qui fut intronisée Chief Minister un jour que les astrologues jugèrent auspicieux (le 20 mai 2011) est sans doute arrivée à point nommé dans un Bengale occidental à bout de souffle. A n’en pas douter le pouvoir use, tandis que ceux qui en jouissent ont tendance à se ménager des privilèges de plus en plus importants, succombant aussi à l’arrogance qui découle de leurs "prérogatives".  Il revient donc à l’historien et au politologue de s’opposer à ce que l’on peut qualifier de réécriture de l’histoire. D’anciens "compagnons de route" du Parti marxiste, qui refusaient à l’instar de tant d’autres de rejoindre les rangs des sympathisants du Trinamool Congress, nous indiquaient qu’ils estimaient qu’une cuisante défaite autoriserait la réelle prise de conscience d’une formation politique (le PCI(M)) qui continuerait, avec davantage de persévérance, ce qu’elle nommait une "campagne de rectification", laquelle avait été entamée en 2008  . Quant aux trop nombreux "opportunistes" qui avaient infiltré le Parti (en retirant des dividendes dont il reste difficile d’évaluer l’ampleur), ils seraient prompts à rallier l’AITC, libérant les rangs marxistes de cette hypothèque. Ils œuvraient ainsi à la chute du nouveau gouvernement lequel paraissait, du reste, dépourvu de réel programme.

L’évolution de l’All India Trinamool Congress sur une scène politique qu’il domine désormais laisse songeur, car il est face à d’impossibles gageures. Il se doit de satisfaire deux électorats aux ambitions contradictoires : la base agraire souhaite la pérennité du statu quo ante que le Front des gauches chercha à lui garantir à nouveau au lendemain de l’épisode de Nandigram ; les classes privilégiées attendent du Bengale occidental qu’il se hisse à la hauteur d’Etats tels que le Gujerat qui, en dépit d’épisodes sombres  , est considéré comme l’un des fleurons de l’économie indienne.

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