On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Ainsi ce que l’on nommerait sous d’autres cieux le « racket » que le PCI(M) cautionnait aurait-il eu une vocation sociale dans un pays où la sécurité de l’emploi, l’assurance maladie ou le versement régulier d’une retraite ne toucheraient qu’une minorité. L’on peut noter à titre d’exemple les contributions que des corps de métiers tels les conducteurs de rickshaws (5 roupies par jour) et de taxis (10 roupies par jour), ou les porteurs de bagages dans les gares (2 roupies par jour) se devaient de verser quotidiennement au Parti dans les zones de Kolkata qui relevaient de sa « juridiction ». Mais le Trinamool Congress (et d’autres partis dans le reste de l’Inde) appliquait cette « recette » dans « ses » zones . Alors que seule 8% de la population active indienne relevait du secteur dit organisé, ce système avait l’avantage de financer une aide pour ceux qui, malades, étaient dans l’incapacité – tout au moins temporaire – de travailler. De même les « organisations de masse », d’après l’expression en vigueur, que le Parti marxiste avait progressivement mises en place offraient aux travailleurs des villes et des campagnes un encadrement utile qui les autorisait, dans un Etat peuplé et où il était – de toute évidence – difficile d’avoir accès aux personnes influentes, à envoyer leurs doléances et revendications en haut lieu.
Serait-ce la volonté de donner aussi naissance à un parti de masse qui serait dès lors moins exigeant quant à la loyauté de ses membres et le dévouement à la « cause » assignée ? Le PCI(M) bengali, répondant en premier lieu aux contingences politiques liées à la nécessaire victoire lors des consultations électorales successives, avait-il en quelque sorte perdu son âme ?
En tout état de cause, les citadins et plus encore les villageois étaient désormais las de la mainmise du Parti . Celui-ci, relayé par des capacités organisationnelles peu communes en Inde qui touchaient jusqu’à l’échelon local, avait pénétré la structure sociale grâce aux organisations de masse évoquées plus haut.
L’enthousiasme des dix premières années de gouvernement s’était tari ; et l’on en oubliait presque que le Front des gauches, usant avec talent d’une législation nationale, avait permis une réforme agraire appréciable : 84% de la terre bengalie appartenait à des petits agriculteurs . Nombre de ceux que le Parti qualifiait après une récente prise de conscience d’« opportunistes » l’avaient pénétré, s’exprimant en son nom, alors qu’ils étaient préoccupés d’intérêts particuliers qui n’excluaient pas l’usage de la violence. Cependant les formations politiques indiennes ne s’appuyaient-elles pas toutes sur des goondas (hommes de main) « chargés » d’assurer leur pérennité dans telle ou telle zone, en particulier rurale ? Et ne jugeaient-elles pas délicat de les sanctionner ? Car elles risquaient ainsi de perdre l’influence dont leur appui dépendait.
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