Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Les propositions du PS sur le numérique
[lundi 20 juin 2011 - 09:00]
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Nous publions ici les extraits du projet du Parti socialiste qui porte sur les questions numériques.


- Le numérique est d’abord évoqué dans le cadre de l’investissement dans la recherche et le développement  :

"Développer les nouvelles technologies et relever le défi numérique

La droite a raté le virage des nouvelles technologies et laissé se creuser la fracture numérique dans le pays : en 2011, un Français sur quatre n’a pas d’ordinateur, un sur trois n’a pas d’accès Internet. Relever le défi numérique est indispensable à l’émergence d’une nouvelle croissance. Nous réorienterons l’effort d’investissement et de R&D vers les domaines stratégiques : biotechnologies et nanotechnologies médicales, éco-technologies de la production et de la consommation énergétiques (éco-matériaux, nouveaux moteurs...). Dans ces domaines, de nouveaux champions industriels européens verront le jour. Pour qu’aucun Français ne soit mis à l’écart de la révolution numérique, nous engagerons, en lien avec les collectivités territoriales, un plan de déploiement de la fibre optique en dix ans visant un large accès au très haut débit pour tous, quel que soit le territoire."


- Le PS veut faire du numérique un des socles de l’innovation pédagogique  et protéger la neutralité du Net   :


"L’égalité numérique

L’accès aux réseaux de télécommunications et aux technologies numériques est indispensable à l’émancipation de chacun et au développement des territoires. Hélas, la fracture numérique demeure : un quart des Français ne dispose pas d’un ordinateur, une famille sur trois n’a pas de connexion Internet à son domicile. Le déploiement des réseaux de haut et de très haut débit est marqué par de profondes disparités géographiques. Une décennie de déréglementation du secteur des télécommunications s’est traduite par des prix élevés, des pratiques commerciales contestables et une couverture insuffisante du territoire.

En matière de téléphonie mobile, nous engagerons une lutte intense contre les ententes sur les prix entre opérateurs. Nous maintiendrons les obligations de service public des opérateurs, notamment la fourniture d’un abonnement au téléphone fixe à tarif réduit. Concernant Internet, l’État et les collectivités territoriales doivent définir une stratégie partagée et ambitieuse pour lancer un plan de déploiement de la fibre optique sur le territoire permettant un accès au très haut débit pour tous d’ici dix ans. Pour atteindre cet objectif, nous créerons un opérateur national public "France Très Haut Débit", responsable du déploiement des infrastructures. Son caractère public sera garanti même si des participations d’opérateurs privés à la recherche d’investissements de long terme pourra être envisagée. "France Très Haut Débit" assurera la péréquation nationale des coûts entre les zones rentables et non rentables. Les régions, partenaires naturelles de "France très haut débit", seront chef de file dans l’aménagement numérique des territoires et garantiront la péréquation au sein de leurs territoires.

Afin d’assurer l’accès de tous à Internet haut débit, un forfait de base, permettant l’accès au net seul à un coût abordable (inférieur à 10 euros par mois), et libre d’être rompu à tout instant, sera mise en place. Nous veillerons également à l’équipement en matériel des Français, en particulier des plus vulnérables, avec un dispositif d’accompagnement financier personnalisé et à usage fléché. L’existence de réseaux libres et ouverts, accessibles en lecture et en écriture sans filtrage ni bridage, et plus généralement la "neutralité du Net" sont des principes à protéger afin de garantir la liberté d’expression, la non-discrimination et le caractère de bien commun essentiel des infrastructures numériques. Il sera de notre responsabilité de soutenir les nouveaux modèles démocratiques de l’économie de la culture et de l’information qui ne passent ni par Hadopi, ni par l’ingérence du politique dans l’audiovisuel public. À rebours des politiques répressives et régressives conduites par la droite depuis dix ans, il nous faut conclure un nouveau pacte de confiance avec les internautes.

La puissance publique régulera l’Internet par l’affirmation de principes protecteurs des droits de tous, tels que la neutralité du net, le droit au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles ainsi que la non-ingérence dans l’audiovisuel public. Elle soutiendra par ailleurs le développement de pratiques autonomes des personnes et garantira le contrôle sur leurs données. Afin que chaque citoyen puisse s’approprier ces technologies et leurs usages, elles seront enseignées à l’école et en formation continue.

Aux risques induits par la centralisation des données entre les mains de quelques opérateurs de réseaux sociaux, de moteurs de recherche ou de sites de contenus, la puissance publique répondra en soutenant les projets contribuant à la décentralisation de la diffusion des contenus et services. Elle soutiendra en particulier le développement en France et dans l’Union Européenne de logiciels libres et de solution d’auto-hébergement comme les "freedom box".

La puissance publique veillera à la disponibilité de logiciels libres permettant aux citoyens de vivre pleinement leur vie numérique et soutiendra si nécessaire le développement de tels logiciels. Les services publics du XXIe siècle devront tirer parti des nouvelles technologies sans exclusive. La pratique démocratique devra également être modernisée. La diffusion des pratiques numériques facilite le dialogue entre les élus, les institutions et les citoyens.
La mise en débat en ligne des projets sera systématisée et les compétences de la Commission nationale du débat public étendues.

Les données publiques devront progressivement être mises à disposition gratuitement, dans des conditions permettant leur réutilisation très large, y compris à des fins d’innovation. Les sociétés en situation de monopole, délégataires de services publics ou dont l’activité pose des questions particulières sur l’environnement, seront encouragées à rendre également publiques, dans les mêmes conditions, les données permettant un contrôle citoyen de leur activité."

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