Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Qu'est-ce qu'une société créative ?
[lundi 20 juin 2011 - 10:00]
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* Nonfiction.fr publie ici la note du groupe Civilisations Numériques du Laboratoire des idées, publiée pour la première fois en avril 2010.

 

La société que nous voulons, la société créative, est une société qui donne à chacun la chance et la capacité, non seulement de construire son propre destin, mais aussi d'agir pour le bien commun. C'est une société qui invente sans cesse des idées neuves pour répondre aux aspirations de ceux qui la composent, et aux défis auxquels elle fait face. Dans ce but, elle s'appuie sur toutes les énergies, sur toutes les imaginations : celles des entrepreneurs, des militants associatifs, des chercheurs, des salariés du privé comme du public, des artistes, des retraités… bref, de tous les citoyens. Surtout, elle ne les laisse pas seuls. Une société créative facilite l'expression et l'échange des idées, les collaborations de tous types, les expérimentations et leur analyse. Elle soutient les initiatives les plus fécondes, elle étend les expériences qui marchent. La puissance publique a un rôle essentiel à jouer pour susciter et marier ces énergies. Elle doit s'appuyer sur le désir et la capacité d'un nombre croissant de citoyens de devenir acteurs de leur présent et de leur avenir : de produire localement la réponse à des besoins locaux ; de coproduire des services et des biens publics ; de mettre en œuvre des solidarités locales ou globales ; d'oser formuler et expérimenter des idées neuves… La puissance publique doit à la fois impulser le mouvement et reconnaître ce que la société invente de riche. Elle doit à la fois inciter et faciliter, consolider et étendre les expériences réussies, mutualiser les énergies, évaluer, réguler là où c'est nécessaire. Elle devra pour cela inventer de nouveaux instruments et définir de nouvelles formes de collaboration avec les acteurs économiques et sociaux.

Partout, en France et dans le monde, des groupes de citoyens, des nouveaux types d'entrepreneurs, des réseaux d'échange, expérimentent de nouvelles manières de produire, de vivre ensemble, de partager des ressources communes… Ce foisonnement d’expériences résulte d'un triple mouvement : la prise de conscience de l'impératif écologique, qui exige une approche systémique et globale ; l'autonomisation croissante de la société vis-à-vis de ses institutions ; et la mise en réseau des individus, des organisations et des entreprises. Il présente en revanche l'aspect contradictoire d'une extension continue de l'emprise du marché, et d'une vitalité sociale qui lui invente sans cesse des alternatives, à petite ou grande échelle.
Nous, progressistes, devons reconnaître, encourager, mais aussi orienter ces dynamiques dans un sens solidaire et écologique. L'action publique y sera indispensable, mais elle devra s'inventer de nouveaux instruments et définir de nouvelles formes de collaboration avec les acteurs économiques et sociaux.
Un nouveau modèle de développement n'émergera pas sans la participation, l'implication de tous, acteurs publics, entreprises, tiers secteurs et citoyens. Dans ce but, notre objectif doit être d'augmenter la capacité de toute la société à prendre en mains ses besoins, à y inventer et en coproduire des réponses – bref, à innover. D'inventer une "société créative pour tous".

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