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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La Ville en morceaux
[mardi 31 mai 2011 - 10:00]
Urbanisme
Couverture ouvrage
La ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine
Éric Charmes
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
304 pages / 13,30 € sur
Résumé : A travers une analyse rigoureuse du fonctionnement de plusieurs communes, l’auteur offre une vision claire et pertinente des mécanismes d’exclusivisme et de "clubbisation" à l’œuvre dans le périurbain.
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Comment appréhender la mosaïque de bourgs et de champs, de petites villes et de forêts qui compose le paysage entre les métropoles et les villages ruraux ? Urbanisation de la campagne, ruralisation de l’urbain ou tiers espace, le périurbain interroge les chercheurs depuis plusieurs années sans pour autant faire consensus. À l’heure où les enjeux écologiques de l’étalement urbain masquent les spécificités socio-politiques du périurbain, cet ouvrage offre une vue générale sur le phénomène. À travers les résultats d’une enquête de terrain portant sur deux groupes de communes périurbaines à proximité de Lyon et dans la Seine-et-Marne, Éric Charmes s’emploie dans cet ouvrage à déconstruire, analyser et expliquer les logiques du périurbain. Mais il tente surtout de révéler les dimensions sociologiques qui l’animent et les enjeux du "vivre ensemble" qui s’y jouent

 

L’émiettement du périurbain

Dans une perspective diachronique, l’auteur rappelle dans un premier temps les étapes de la transformation périurbaine des communes rurales. Le premier mouvement se dessine dans la combinaison de la volonté de citadins à quitter les nuisances urbaines et du besoin de logements exprimé par l’accroissement des villes-centres. Ayant souvent subi l’exode, les communes rurales favorisent alors l’urbanisation et l’arrivée de nouveaux résidents pour assurer la préservation de leurs services, et les nouveaux arrivants poursuivent cette démarche dans le but d’assurer la viabilité de certains équipements. Mais c’est dans un deuxième temps, lorsque la sociologie de la commune s’est modifiée et que les services sont assurés, que se met en œuvre le ralentissement de l’urbanisation. Prenant activement part à la gestion politique de la municipalité, les nouveaux arrivés, les néoruraux, tendent alors à bloquer l’urbanisation pour préserver la dimension rurale ou villageoise qui les a attirés. En effet, "la viabilité de l’école assurée, la volonté de préservation du cadre de vie devient dominante, au détriment du développement urbain et de la valorisation foncière. Les propriétaires de maisons individuelles nouvellement arrivés ont plus à perdre qu’à gagner dans la construction de nouveaux ensembles pavillonnaires"  . Ainsi, découlent de cette prise en main politique, des limitations réglementaires à l’urbanisation et la protection de nombreux espaces naturels. Le processus variant selon les municipalités et leur centralité, l’auteur distingue 3 formes de communes périurbaines ; les communes centres, les communes résidentielles à proximité au sein desquels le processus est abouti et les communes rurales éloignées dont la périurbanisation est en cours.

La périurbanisation aboutie, illustrée principalement par les communes résidentielles, se matérialise alors par un triple émiettement ; politique, paysager et social. Politique d’une part, puisqu’avec la décentralisation, les maires de petites communes possèdent autant de prérogatives que les maires de communes urbaines, d’où une relative division territoriale des pouvoirs métropolitains, notamment dans le domaine de l’urbanisme. Émiettement paysager d’autre part, car ces prérogatives leur permettent justement de préserver l’"autonomie paysagère de leurs villages" et la fameuse ceinture verte idéalisée par les périurbains, donnant l’image d’une mosaïque de communes éparpillées. Enfin, l’émiettement social découle des propres caractéristiques (services, qualité de vie, etc.) de chaque commune, attirant certaines populations spécifiques, et développant alors une fragmentation sociale périurbaine. Et c’est selon l’auteur dans l’articulation de ces trois formes d’émiettement qu’émergerait une logique de club au niveau de la gestion résidentielle des communes.

Titre du livre : La ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine
Auteur : Éric Charmes
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
Collection : La Ville en Débat
Date de publication : 11/01/11
N° ISBN : 2130587763
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