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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La démocratie écologique, un jeu de construction ?
[vendredi 20 mai 2011 - 10:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Vers une démocratie écologique. Le citoyen, le savant et le politique
Dominique Bourg, Kerry Whiteside
Éditeur : Seuil
106 pages / 11,50 € sur
Résumé : Quelles solutions politiques et institutionnelles pour faire face aux défis sans précédents posés par la crise écologique, aux dimensions multi-scalaires ? Les auteurs de ce livre, spécialistes d’écologie politique, proposent un remaniement des institutions qui laisse un peu rêveur…
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La Terre est confrontée à une crise multiforme, sans précédent. Elle s’accompagne d’une urgence écologique et d’une difficulté à mettre en place des organes de gouvernement à la mesure des enjeux environnementaux. Ces derniers se sont révélés nombreux depuis les années 1950 et couvrent maintenant toute une série d’évènements et de processus : du nucléaire au déclin de la biodiversité, tant d’événements affectent l’environnement quotidien. En outre, l’épuisement des ressources et la surconsommation ont des conséquences considérables sur la vie des espèces animales et végétales, y compris la survie d’une espèce dite comme les autres, l’espèce humaine. Leurs milieux de vie - villes et paysages - sont peu ou prou anthropisés et donc, leur état forcément tributaire des activités humaines.

 

Face aux urgences écologiques...

De tels développements, dans le contexte d’un échec relatif du développement durable qui s’énonçait comme un projet répondant à ces enjeux, compromettent véritablement la stabilité d’un certain nombre de systèmes politiques dont la démocratie. Kerry Whiteside, spécialiste de l’écologie politique et maître d’œuvre, par ailleurs, d’un ouvrage où sont croisés les regards de l'Amérique du Nord et de la France  , s’associe ici à Dominique Bourg. Ce dernier, professeur à l’Université de Lausanne (Institut des politiques territoriales et de l’environnement humain/ Faculté des géosciences et de l’environnement), a déjà développé une réflexion conséquente sur l'éthique du développement durable, la construction sociale des risques environnementaux et le principe de précaution  .

 

... la démocratie représentative est elle adaptée ?


Pour les deux auteurs, le point central de la démocratie, à savoir la manière dont la souveraineté du peuple prend forme institutionnellement, par le biais de la représentation est compromis. Les représentants des citoyens sont chargés de garantir l’intérêt général de la société tout entière ; les élus appelés à exercer le pouvoir législatif le traduisent, en principe, dans les lois qu'ils déposent, dont ils débattent et qu'en tant que parlementaires (députéset sénateurs), ils votent.


Cependant, outre les difficultés liées à la notion de représentation elle-même (à savoir les choix partisans, le risque fréquent d’une confusion entre l’intérêt privé et l’intérêt commun, la passivité institutionnelle des citoyens d’une élection à l’autre), ce système politique n’a été mis en place qu’en considération de l’intérêt présent des citoyens présents, c’est-à-dire sans considération du temps long et des générations futures, et dans l’abstraction des territoires et de leurs singularités, ainsi que de la nature.

 

Un système à réformer, au nom du "temps long"

En quatre chapitres, les auteurs montrent tout d’abord comment ce système pourrait être réformé afin d’engager la prise en considération du temps long et de la nature. Ils prennent le parti de trouver des solutions tant institutionnelles que délibératives au problème posé. Ils envisagent un autre enracinement de la démocratie qui prendrait en compte un territoire réel, caractérisé par des processus biologiques, physiques, chimiques, sociaux et culturels, et non l’évocation d’un territoire abstrait. Ce territoire réel est aussi un territoire global, et non seulement local. Il s’agit, selon les auteurs, d’intégrer dans toute réflexion un nouveau jeu d’échelles et la Terre, comme ultime défi posé à la Nature humaine.

Titre du livre : Vers une démocratie écologique. Le citoyen, le savant et le politique
Auteur : Dominique Bourg, Kerry Whiteside
Éditeur : Seuil
Collection : La République des idées
Date de publication : 07/10/10
N° ISBN : 2021022986
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1 commentaire

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Bernard

21/05/11 14:37
D'autres réflexions montrent d'ailleurs que les rapports entre démocratie et développement durable ne sont pas sans ambiguïtés. Voir par exemple Y. Rumpala, « Le “développement durable” appelle-t-il davantage de démocratie ? », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement, vol. 8, n° 2, http://vertigo.revues.org/index4996.html

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