Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
La Bible : le sceau caché de Dieu
[vendredi 06 mai 2011 - 18:44]
Religion, Spiritualités
Couverture ouvrage
Le Livre scellé et le Livre ouvert
Jean-Louis Ska
Éditeur : Bayard
510 pages / 32,30 € sur
Résumé : Un livre riche qui propose une approche originale de la Bible, entre analyses textuelles et interprétations générales.
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       " Et je vis dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au recto et au verso, scellé de sept sceaux. " Cette citation, extraite de l’Apocalypse (5, 1), et elle-même inspirée du livre d’Ezéchiel (2, 9), rend compte de la difficulté pour Jean de saisir le sens du livre que lui remet l’Ange. Or, de manière plus large, une telle réflexion peut s’appliquer à bon nombre de textes bibliques : comment lire aujourd’hui ces textes antiques, quelles pistes de lecture privilégier pour que le texte entre en résonance  avec nous ? L’ouvrage de Ska ( jésuite et professeur d’Ancien Testament à l’Institut biblique pontifical), intitulé : Le Livre scellé et le Livre ouvert, tente ainsi de briser certains sceaux du livre antique pour en proposer une lecture ouverte. Divisé en trois grandes parties : " Orientations ", " Lectures bibliques " et " Droit et Institutions dans la Bible ", il décline à tour de rôle une approche générale et méthodologique de la Bible (première partie), une approche plus textuelle et littéraire (seconde partie) et enfin une approche institutionnelle et juridique (troisième partie).

L’intention théologique à l’origine des textes 

    Le premier chapitre entend répondre à une question faussement simple : comment lire l’Ancien Testament ? Abordant le thème de la violence divine ou de l’amoralité de certaines figures bibliques (Abraham, Jacob, David…), l’auteur insiste sur la nécessaire souplesse d’esprit dont doit faire preuve le lecteur moderne : il ne s'agit pas en effet d’aborder les textes avec  ses  propres a  priori (religieux, modernistes ou autres) mais de " les lire selon les normes qu’eux-mêmes se donnent. C’est là la seule manière d’éviter les manipulations et réductions de tous genres, car les textes bibliques définissent leur rapport avec la réalité historique selon les  conventions littéraires de leur temps, et génèrent leur théologie particulière en suivant les voies qui leur sont propres. " Dans cette première partie, l’exégète souligne la nécessaire recherche de l’intention qui préside à l’élaboration de tout texte biblique, autrement dit  le projet théologique de l’auteur. Le livre biblique ne deviendra ainsi ouvert qu’à cette seule condition : que le lecteur se déleste de ses préjugés et qu’il sollicite toutes les ressources herméneutiques à sa disposition, ce que  Ska nomme dans son livre des fenêtres : la fenêtre littéraire, la fenêtre sociologique, la fenêtre historique, politique et théologique.     

  Mentionnons également dans cette partie un éclairant chapitre intitulé " Le canon hébraïque et le canon chrétien de l’Ancien Testament " où l’auteur décrypte le sens théologique de l’organisation des livres vétérotestamentaires. Au canon chrétien qui " oriente l’Ancien Testament vers la venue du Messie - et de son précurseur - [répond] le canon hébraïque orienté vers la montée ou le retour à Jérusalem. " Encore une fois, il s’agit de mettre à jour l’intention théologique qui préside à l’organisation d’ensemble. Que cette différence structurelle s’impose d’emblée à qui  ouvre une Bible hébraïque ou chrétienne ne doit pas toutefois masquer les lignes de continuité qui existent entre les deux types de Bible. En effet, si  l’on se propose souvent de lire l’Ancien Testament à la lumière du Nouveau, comme saisi par un effet de modernité, il faut ici savoir décrypter le Nouveau Testament à la lumière de l’Ancien. Jésus, par exemple, en mettant en avant dans son discours le thème du " royaume des cieux ", reprend la thématique de la terre promise aux patriarches tandis que les Evangiles, en choisissant de faire débuter la vie publique de Jésus près du Jourdain, donnent suite à la geste de Moïse (qui s’arrête devant le Jourdain) et de Josué, comme s’il s’agissait à présent pour les chrétiens d’" entrer dans " le royaume des cieux ". "

Titre du livre : Le Livre scellé et le Livre ouvert
Auteur : Jean-Louis Ska
Éditeur : Bayard
Nom du traducteur : Viviane Dutaut
Collection : Etudes et essai
Date de publication : 24/03/11
N° ISBN : 2227481331
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1 commentaire

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Un des noms du Livre

08/05/11 21:33
Qu'appelez-vous "peuple hébreu"? (Ce que l’auteur cherche à cerner en réalité, c’est l’identité même du peuple hébreu dont la Bible constitue la quintessence. )
Vous ou l'auteur de ce livre !

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