Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les musiciens et le numérique : je t'aime, moi non plus
[jeudi 28 avril 2011 - 17:00]
Communication, Numérique
Couverture ouvrage
Portrait des musiciens à l'heure du numérique
Maya Bacache-Beauvallet, Marc Bourreau, François Moreau
Éditeur : Rue d'Ulm
94 pages
Résumé : Afin de sortir de l'impasse d'un débat réduit au seul piratage, cet ouvrage propose d'examiner les conséquences du passage au numérique sur l'activité des musiciens professionnels en s'adressant d'abord aux premiers concernés.
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Cet ouvrage part du constat que l'analyse des conséquences du numérique sur le marché de la musique a subi une triple réduction : de la totalité des outils du numérique au seul problème du piratage ; de la production de musique dans son ensemble aux seules ventes de disques ; de l'intérêt des artistes et du public au seul chiffre d'affaires des maisons de disques. De ce lit de Procuste est sorti un débat dominé d'un côté par les grandes maisons de disques, prétendant parler au nom de l'ensemble des artistes, et de l'autre côté par les associations de défense des logiciels et contenus libres voulant représenter les intérêts des auditeurs de musique.

Les enjeux de ce débat sont loin d'être mineurs. D'une part, l'effondrement des ventes de disques, qui ont diminué de moitié depuis 2003, n'a pas été compensé par les ventes de musique en ligne, conduisant à une restriction des budgets de production des maisons de disques. Cette restriction affecte avant tout les sommes destinées au lancement de nouveaux artistes. Cela peut en conséquence faire craindre un assèchement de la création, faute de permettre à ces artistes d'accéder aux moyens de développer leur talent. D'autre part, les institutions et les législations destinées à lutter contre le phénomène du piratage ont un coût financier qui n'est pas négligeable. Surtout, elles  engagent des restrictions des libertés publiques très inquiétantes. Face à ces questions, les musiciens, pourtant les premiers concernés, sont relégués à l'arrière-plan, n'intervenant que de manière anecdotique dans un sens ou dans l'autre.

Les outils quantitatifs mobilisés dans ce débat ont avant tout procédé d'une logique d'estimation des coûts et des bénéfices du piratage en termes de ventes, la question centrale étant de savoir si le piratage réduisait les ventes de disques, le téléchargement remplaçant des achats, ou si au contraire il les augmentait, l'écoute de morceaux téléchargés incitant les auditeurs à acquérir des disques qu'ils n'auraient pas achetés sinon. Face à l'absence de conclusions claires de cette démarche, les auteurs remarquent qu'à l'aune des données disponibles, le revenu des musiciens semble avoir été peu affecté par le développement du piratage, ce qui suggère que d'autres phénomènes aussi importants sont à l’œuvre. Ils proposent donc d'adopter la perspective de l'économie politique, à savoir évaluer finement les conséquences sur les musiciens non pas du seul piratage mais des technologies numériques dans leur ensemble.

Titre du livre : Portrait des musiciens à l'heure du numérique
Auteur : Maya Bacache-Beauvallet, Marc Bourreau, François Moreau
Éditeur : Rue d'Ulm
Collection : Coll. Opuscules du CEPREMAP
Date de publication : 07/04/11
N° ISBN : 978-2-7288-0454-2
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